11 février 2019
Lors d'une soirée mettant en vedette la relève et l'innovation en agriculture
Deux entreprises agricoles de la région récompensées pour leur côté innovant
Par: Katy Desrosiers
Les propriétaires de l'entreprise Les légumes du père, ainsi que ceux de La ferme du barbu, ont été récompensés lors de la soirée. 
Photo Katy Desrosiers | Les 2 Rives ©

Les propriétaires de l'entreprise Les légumes du père, ainsi que ceux de La ferme du barbu, ont été récompensés lors de la soirée. Photo Katy Desrosiers | Les 2 Rives ©

La MRC d’Acton et la Chambre de développement agricole de Pierre-De Saurel se sont unies pour organiser, le 7 février au Complexe 180 de Sorel-Tracy, une soirée lors de laquelle étaient remises trois bourses de 5000 $ pour récompenser des entreprises du domaine agricole des deux territoires pour leurs méthodes innovantes.

Pour la région de Sorel-Tracy, les entreprises méritantes sont La ferme du barbu et Les légumes du père (voir textes en pages 22 et 23). D’autres entreprises étaient en nomination, soit la Ferme Emyar inc., la Ferme Kemo, Les petits Marchand de sucre s.e.n.c. et Les Jardins de Mathis et Adam.

Deux jurys ont été formés, soit un par région, pour sélectionner les gagnants.

Alain Beaudin, commissaire agricole pour la Société d’agriculture de Richelieu, affirme que depuis des années, les communautés agricoles travaillent en silo et qu’il est temps de rassembler les agriculteurs de différentes régions et d’apprendre de nos différences.

De son côté, René Pedneault, directeur du développement et conseiller économique et stratégique pour la MRC d’Acton, croit qu’il faut arrêter de penser que tous les agriculteurs se connaissent. « Il faut les mailler ensemble pour discuter d’innovation et que les nouveaux modèles d’affaires se partagent. Ils ne seront pas en compétition. Ils peuvent donc ramener chez eux des idées et ainsi, on aura deux victoires » ajoute-t-il.

Les autres candidatures qui n’ont pas remporté de bourse pourraient être aidées autrement.

La soirée devrait être de retour sous cette forme l’an prochain afin de pouvoir venir en aide à davantage d’entreprises agricoles.

La ferme du barbu

Il y a trois ans, Élène Pépin a abandonné sa carrière en hôtellerie afin de se lancer dans la production d’ail avec son conjoint François Lecours, à la ferme du barbu sur le chemin du Chenal-du-Moine, à Sorel-Tracy. Depuis, la jeune entreprise s’efforce à faire découvrir l’ail et développer de nouveaux produits. Ils ont reçu la bourse pour l’innovation agricole d’une valeur de 5000 $ qui leur donnera un coup de pouce pour les années futures.

« Je ressens de la fierté pour ma femme d’avoir tout lâché pour rester à la maison et partir ce projet-là! », s’exclame M. Lecours.

« Avec les trois enfants, c’est plus facile ainsi de concilier travail et famille. J’aime passer du temps dehors à jardiner, alors pourquoi ne pas jumeler travail et passion dans la vie de tous les jours », explique la productrice.

Lorsqu’elle a effectué la transition, la famille ne possédait qu’un terrain zoné agricole, où se trouvait déjà un garage. Elle a donc dû louer une parcelle de terre.

Élène Pépin prend la récompense comme une bonne tape dans le dos et avoue qu’elle facilite la tâche pour entamer différents projets. L’argent reçu servira à acheter de la machinerie, soit un rotoculteur, une planteuse et une butteuse, qui serviront à préparer le sol pour la plantation à l’automne.

L’ail est la vedette de l’entreprise, mais les propriétaires cultivent également du maïs sucré. « On attire les gens à la ferme avec le maïs et ensuite, on peut leur faire découvrir nos différents produits », explique François Lecours. Dans les prochaines années, le couple souhaiterait faire découvrir aux gens la fleur d’ail et l’ail noir.

Les légumes du père

Alexandre R. Allard et Sandryne Pellerin, de l’entreprise Les légumes du père située sur le chemin des Patriotes à Sorel-Tracy, ont remporté une bourse de 5000 $ qui leur servira à acheter une chambre froide pour prolonger la durée de vie de leurs légumes et autres produits. Le couple, qui a lancé l’entreprise en 2018, n’exploite que 1000 mètres carrés, mais avec une culture intensive.

« C’est très agréable de se sentir soutenu malgré le fait qu’on pratique une agriculture différente », explique le propriétaire.

Sa conjointe et lui, parents de quatre enfants, cultivent majoritairement des légumes sur des planches de bois d’une certaine superficie, recouvertes de terre et d’engrais. Ainsi, il est possible de calculer le nombre exact de semences à utiliser pour maximiser la production. Une rotation serrée des variétés cultivées est effectuée afin d’utiliser le plein potentiel de la parcelle de terre. Le sol n’est pas appauvri puisque chaque variété utilise des nutriments différents.

Le projet a débuté il y a plusieurs années avec l’aménagement d’un petit potager. « Plus on avait d’enfants, plus le potager grandissait, jusqu’au jour où Alexandre s’est demandé ce qu’il voulait léguer à ses enfants. La réponse a été la terre », affirme Sandryne Pellerin. Son conjoint est ainsi retourné à l’école afin de terminer son secondaire et entreprendre des études à l’Institut de technologie agroalimentaire.

Avec d’autres partenaires, le couple a acheté un lot afin de lancer le projet Les jardins de Massueville. Ainsi, ils y reproduiront le même type de culture, mais à une plus grande échelle.

Le couple souhaite que l’agriculture biologique devienne la norme afin que son développement soit plus facile que l’agriculture régulière, qui utilise des pesticides nocifs pour l’environnement et l’humain.

 

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