17 octobre 2016
Des tenanciers souhaitent opérer plus d’appareils de loterie vidéo
Par: Louise Grégoire-Racicot
Les joueurs se présentent à toute heure pour tenter leur chance. | Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

Les joueurs se présentent à toute heure pour tenter leur chance. | Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

Trois tenanciers de Sorel-Tracy qui disposent ensemble de 34 appareils loterie vidéo (ALV) souhaitent en opérer plus.

La demande est là, disent-ils tous les trois. Claude Bibeau, de la Brasserie du Colisée, est fort loquace en la matière, lui qui opère 14 ALV.

« Les gens aiment s’amuser, même si certains perdent. D’autres gagnent. Ils en demandent plus. Plus d’ALV satisfera les joueurs, le gouvernement et les tenanciers. Si la loi change, il se peut que nous puissions avoir plus de machines, mais il est possible qu’ils en enlèvent. »

Chaque appareil prend un espace de 4 pieds par 8 pieds pour que les joueurs puissent circuler, décrit-il.

Quant au tenancier, il gère le quotidien. « Loto-Québec entretient la machine. Tout l’argent qu’il faut pour la faire fonctionner, le tenancier s’en occupe. Il avance l’argent gagné aux clients. Il y a des journées où il faut entre 8,10 ou 12 000 dollars. Une fois par semaine, Loto-Québec le rembourse. Il tire pour cela 22% des profits réalisés ».

Il doit cependant débourser le salaire d’un employé additionnel par permis ainsi que défrayer le coût du permis.

« Ce projet de loi est intéressant. Pour ajouter des appareils, cela ne nous coûtera pas de frais additionnels sinon trouver l’installation pour le faire. »

En perte de vitesse

Nicolas Deguise abonde dans le même sens. « Les gens aiment ces machines. Mais ils jouent moins qu’avant », dit-il, lui qui est dans ce secteur depuis 20 ans et a 10 ALV au Bar 525.

« Les affaires ont diminué de moitié. Au lieu de 100 000$, il rentre dans ces machines 55 à 60 000$ par semaine. Les jeux changent. Les clients changent. Les gens ont peut-être moins d’argent qu’avant. Ou il y a trop de machines à Sorel-Tracy. Mais la roue tourne. Le gouvernement s’en occupe. »

Quant à Guy Angers, qui opère 10 appareils au Dooly’s, il maintient que la demande est stable. « Ajouter des machines ne peut être qu’intéressant pour l’entreprise. »

Trop tôt pour s’inquiéter

La porte-parole du Centre intégré de Santé et de Services sociaux (CISSS) Montérégie-Ouest, avec qui le Centre de réadaptation en dépendance Le Virage de Sorel-Tracy est fusionné, considère qu’il est trop tôt pour se prononcer sur ce propos.

« On ne connait pas les changements qui seront apportés aux mesures actuellement en force », commente Jade St-Jean.

Elle rappelle toutefois que plusieurs études révèlent que, malgré l’augmentation du nombre d’appareils de jeu, le nombre des joueurs pathologiques demeure stable. Entre 0,7% à 1% souffrent d’une dépendance au jeu.

« De plus, Loto-Québec démontre un comportement responsable en cette matière », conclut-elle.

Des réticences

Même s’il admet n’avoir jamais reçu de demandes pour que disparaissent ces ALV dans le comté ou qu’il s’en ajoute, le député Sylvain Rochon a emboité le pas de son parti en la matière.

« Tout ce qui est de nature à augmenter le jeu pathologique est de nature à m’inquiéter », dit-il.

Toutes les études démontrent que l’on assiste à de la contagion sociale en présence de ces jeux, rappelle-t-il. « Plus de gens jouent, plus on enregistre de mises. Et plus rapidement dans les milieux défavorisés. Ce qui est inquiétant. »

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