3 septembre 2020
Des superficies retirées du territoire agricole
Par: Sébastien Lacroix
En rouge (sur la carte), les superficies visées à Saint-François-du-Lac et Yamaska.
Photo tirée du jugement

En rouge (sur la carte), les superficies visées à Saint-François-du-Lac et Yamaska. Photo tirée du jugement

La Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) a autorisé Canards illimités Canada (CIC) à faire l’acquisition de cinq blocs de terres répartis dans les municipalités de Yamaska et de Saint-François-du-Lac.

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C’est ainsi qu’un total de 168,3 hectares s’ajouteront au projet de conservation de la baie Saint-François et de la baie Lavallière pour lesquelles Canards Illimités Canada collabore avec le gouvernement du Québec depuis des années.

CIC désir maintenir les superficies visées à l’état naturel. L’organisme souhaite les intégrer dans les projets de conservation, de protection et de sensibilisation aux milieux humides et de leurs habitats associés de la baie Lavallière et de la baie Saint-François.

L’organisme, qui veille à l’abondance des milieux humides et de la sauvagine, n’a toutefois pas répondu à nos demandes d’entrevues pour avoir plus de précisions sur l’usage projeté et connaître le nombre d’hectares qui ont pu être protégés au fil des ans dans la région.

Des propriétés non propices à l’agriculture

Bien que le potentiel de la majorité des terres visées est considéré comme « excellent » par les données de l’Inventaire des terres du Canada, elles avaient des limitations liées à l’excès d’humidité et la basse fertilité. Si bien que selon les données de la Financière agricole du Québec, seulement 2000 mètres carrés (0,2 hectare) ont été cultivés en foin, l’an dernier.

Les superficies sont d’ailleurs laissées à leur état naturel par les propriétaires qui ne les exploitent pas, étant donné qu’ils sont majoritairement composés de marais, de marécages et de prairies humides.

« Ils possèdent beaucoup de terrain et veulent se départir de ceux qu’ils ne peuvent exploiter pour ainsi diminuer leurs charges foncières et consacrer argent et énergie dans d’autres activités de leurs entreprises agricoles », peut-on lire dans le jugement rendu le 19 août dernier.

La CPTAQ a en effet admis que les propriétés agricoles ne sont pas propices à la culture du sol ou à l’élevage d’animaux. Puisque selon la cartographie du lac Saint-Pierre, les superficies visées sont toutes situées à l’intérieur de la zone inondable de récurrences 0-2 ans du fleuve Saint-Laurent. Si bien qu’il n’est pas possible d’y construire de bâtiments agricoles.

Les 126 hectares qui sont visés dans la municipalité de Saint-François-du-Lac sont situés dans la réserve de la biosphère du Lac Saint-Pierre et sont considérés comme un « territoire d’intérêt naturel » par le Schéma d’aménagement et de développement révisé de la MRC de Nicolet-Yamaska.

Pour ce qui est des 42,3 hectares qui se trouvent dans la municipalité de Yamaska, ce sont des superficies qui sont situées dans un secteur d’agriculture viable. « Le dynamisme et le potentiel des sols sont globalement moindres que dans des secteurs dynamiques », indique toutefois le Plan de développement de la zone agricole (PDZA) de la MRC de Pierre-De Saurel.

Un bloc de 22,46 hectares se situe d’ailleurs dans la baie Lavallière où des servitudes d’inondation ont été acquises par le gouvernement et « limitent fortement les activités qui peuvent s’y faire ».

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