31 août 2021
Leur action collective contre le gouvernement pour protéger les berges ira de l’avant
Des riverains de Contrecœur nourris d’espoir
Par: Jean-Philippe Morin

Le député bloquiste de Pierre-Boucher–Les Patriotes–Verchères qui supporte le comité depuis les débuts, Xavier Barsalou-Duval, accompagné de la présidente du Comité pour la protection des berges du Saint-Laurent, Micheline Lagarde et de l’avocat responsable de l’action collective, Me Olivier Laurendeau. Photo archives/Geneviève Michaud | Le Courrier du Sud ©

La Cour supérieure du Québec a autorisé, le 19 août dernier, la demande d’action collective de 50 M$ déposée un an plus tôt par un groupe de riverains concernés par l’érosion des berges causée par le transport maritime. L’affaire sera finalement entendue en justice, ce qui est une petite victoire pour des citoyens de Varennes, Verchères et Contrecœur.

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Plusieurs citoyens avaient déjà essayé de sensibiliser le gouvernement fédéral, mais les multiples tentatives pour qu’il intervienne sont restées vaines, à ce jour.

Le Comité pour la protection des berges du Saint-Laurent (CPBSL) s’attend à ce que cette action collective mette en lumière l’injustice que vivent plusieurs riverains. Selon les informations recueillies par le CPBSL, plus de 50 % des terrains riverains des trois municipalités subissent présentement des dommages liés à l’érosion qui ne feront qu’augmenter dans les prochaines années. Un ouvrage de protection des berges peut coûter plusieurs milliers de dollars pour chaque mètre linéaire, sans l’assurance de la durabilité de travaux complexes et au prix d’un dédale de procédures d’autorisations requises pour effectuer des travaux sur les berges du Saint-Laurent.

Selon le Procureur général du Canada, le lit du fleuve appartient à l’État du Québec, si bien qu’il n’est pas un « voisin » et n’a pas à débourser pour l’érosion des berges. De leur côté, les citoyens clament que le gouvernement fédéral est un « occupant » du fleuve puisqu’il le transforme. Le juge devra donc trancher si le fédéral est un voisin ou un occupant et s’il est responsable des inconvénients subis par les propriétaires en raison du batillage des bateaux.

Une « attaque contre la propriété »

L’action collective demandant 50 M$ pour les citoyens est menée par Me Olivier Laurendeau du cabinet Laurendeau Rasic S.E.N.C. Selon l’avocat, « les dommages subis par les propriétaires riverains ne sont pas que de simples inconvénients subis par les occupants de ces propriétés riveraines. Il s’agit d’une véritable attaque contre leur propriété. En l’absence d’ouvrage de protection adéquat, les vagues grugent du terrain tous les ans et peuvent même aller jusqu’à menacer d’effondrement les constructions, parfois des habitations, qui se trouvent à proximité. Ces terrains doivent être protégés par des ouvrages solides capables de résister, année après année, à l’action des vagues causées par la navigation commerciale ».

Selon Carine Durocher, membre du collectif de citoyens qui a intenté le recours, ce recours légal s’inscrit après des années d’inaction du gouvernement fédéral qui a, selon elle, négligé d’entretenir les ouvrages qu’il avait pourtant érigés dans les années 60 pour protéger les berges contiguës aux propriétés riveraines sur une partie du littoral.

« C’est un jour important, car nous espérons que cette action collective exposera la grande injustice que vivent les propriétaires et les municipalités riveraines et qui doit cesser! L’effet des vagues des immenses navires commerciaux sur les berges se mesure en mètres de terrain perdu à certains endroits, alors que des compagnies s’enrichissent avec ce mode de transport et qu’il génère des revenus pour nos gouvernements. Pour un riverain qui veut protéger son terrain et solidifier les berges dans le respect de l’environnement, ça demande des ouvrages de protection d’une ampleur et d’une complexité tellement importante que ça va souvent au-delà des moyens que possède un simple citoyen; est-il logique qu’il soit le seul à en assumer les coûts? », demande-t-elle.

« Il n’est jamais trop tard pour être proactif et créer un programme afin d’apporter les mesures nécessaires pour réparer les dommages causés par les navires et d’assurer une protection pérenne puisque le transport maritime, lui, ne cessera pas. Il y va du respect de l’environnement et incontestablement d’un legs pour les générations futures », conclut la présidente du Comité pour la Protection des berges du Saint-Laurent, Micheline Lagarde.

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