6 août 2018
Des résidents de maisons mobiles expulsés
Par: Sarah-Eve Charland

Joyce Pinkerton, Rob Barbin et Jean Bibeau ont reçu un avis d'éviction la semaine dernière. (Photo : Sarah-Eve Charland)

Les propriétaires de neuf maisons mobiles au Camping du Marquis de Tracy se retrouvent devant peu d’options alors qu’ils ont reçu un avis d’expulsion .Ils devront s’y soumettre d’ici le 1er février 2019.

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« On va tout perdre. Je n’ai pas les moyens de déménager ma maison mobile. Je n’ai pas les moyens d’actionner le propriétaire du terrain. On n’a pas de place où aller. Qu’est-ce qui va arriver? Ils vont arriver avec des bulldozers le 1er février? », s’inquiète Joyce Pinkerton, une des neuf propriétaires.

Les résidents sont propriétaires des maisons mobiles, mais le terrain est loué à un autre propriétaire. Ce dernier a reçu une mise en demeure de la Ville de Sorel-Tracy, le 30 mai, visant à faire enlever ou démolir les bâtiments non conformes au zonage. De plus, les installations septiques ne respectent pas la réglementation.

« Ce sont des travaux simples à faire. Le propriétaire nous a mentionné être prêt à payer le déménagement de nos maisons, mais il dit que la mise aux normes de fosses septiques coûte trop cher. Ça n’a pas de sens. On paie nos taxes et on a des maisons selon nos moyens », ajoute Jean Bibeau.

Selon les résidents, il n’y a aucun autre terrain disponible dans les municipalités avoisinantes. À certains endroits, il serait possible d’y localiser les maisons mobiles, mais les résidents devront payer les frais à la municipalisation de la rue. Les coûts s’élèveraient au-delà de leurs moyens financiers, soutiennent-ils.

Des démarches sensées selon la Ville

Le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, avait mentionné lors du dernier conseil de ville vouloir aider les propriétaires de maisons mobiles à se relocaliser sur le territoire. Toutefois, les démarches se sont révélées négatives par la suite, selon les résidents du secteur.

« Sur le territoire, il y a deux parcs de maisons mobiles et ils sont complets. On ne peut pas donner de terrains ou d’infrastructures à ces citoyens. On n’a pas d’obligation d’offrir un autre terrain. Actuellement, il n’y a pas de rues vacantes susceptibles d’accueillir des maisons mobiles », explique le greffier de la Ville de Sorel-Tracy, René Chevalier.

Les citoyens possèdent une lettre, datée de 1989, de la Ville de Tracy qui laisse croire que les autorités de l’époque avaient permis la présence de maisons mobiles à cet endroit.

« On tolérait les maisons mobiles. L’entente consistait à ne pas remplacer les maisons mobiles lorsqu’elles partiraient. On s’attendait à une extinction naturelle de la situation. Le propriétaire a changé. Les lieux ne sont plus conformes. On se retrouve devant un dilemme important », mentionne M. Chevalier.

La Ville de Sorel-Tracy attend une date afin d’entendre le dossier devant la Cour Supérieure. À l’heure actuelle, elle n’a pas reçu de réponse du propriétaire visé par les démarches juridiques.

« Ce que les gens ne comprennent pas, c’est que les eaux usées sont déversées dans la nature à cet endroit. La Ville ne peut pas ne pas agir », conclut-il.

L’avocat représentant le propriétaire du terrain, Bernard Alix, n’a pas retourné notre appel avant de mettre sous presse.

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