1 octobre 2019
Des réponses SVP
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Que tait le plan triennal d’immobilisation que doit voter chaque année un conseil municipal? Celui de Sorel-Tracy a déposé le sien la semaine dernière. On y trouve les projets qu’il prévoit réaliser au cours des trois prochaines années. Mais on n’y sent pas vraiment la philosophie qui le gouverne ni le plan de développement qui l’anime.

Bien sûr, il dit que, si tout va comme prévu, il réalisera quelque 82 projets de diverses tailles nécessitant près de 70 M$.

Il y a de tout là-dedans, depuis l’entretien ou le remplacement de réseaux d’eau et d’égouts à la réfection de rue; de l’entretien de bâtiments à l’achat de véhicules et d’équipements et à l’aménagement de parcs. Des choses qui vont de soi pour un bon propriétaire pour maintenir ses actifs. Ici 37,6 M$ pour la mise à niveau des infrastructures et 27,8 M$ pour celle des édifices lui appartenant.

Mais on y repère un projet inhabituel : la construction possible d’un nouveau complexe sportif et aquatique estimée à 28 M$, si subventions importantes il y a.

Rappelons que ce projet, que je vois spontanément d’un bon œil, est sur la table depuis 2009 après qu’une étude ait constaté le piteux état de ses infrastructures sportives.

En 2015, le conseil retenait l’option d’un gymnase compétitif double avec soccer intérieur à 11 joueurs, d’une piste de course à pied et de deux salles polyvalentes. Des éléments qui correspondaient mieux aux besoins de ses gens et de ses moyens qu’un aréna, un terrain de tennis intérieur ou une palestre de gymnastique.

Les coûts étaient alors estimés à 23,8 M$. Aujourd’hui, on parle de 28 M$. Est-ce le même projet exactement ou a-t-il évolué depuis? À quel autre projet majeur l’a-t-on préféré?

Et si ses coûts augmentaient encore, Sorel-Tracy laisserait-elle tomber? Ferait-elle cavalier seul? Ou envisagerait-elle de développer un partenariat régional avec la MRC de Pierre-De Saurel comme elle l’a fait en matière de loisirs? Ou encore le développerait-elle en partenariat privé-public tout en l’élargissant?

Certes plusieurs éléments ont guidé les conseillers dans leur choix d’y consacrer autant d’argent. Peut-on les connaitre? Comment s’est opéré le partage des sommes investies dans ce plan? Ont-ils été guidés par un souci d’économie ou pour plaire aux commettants? Par l’urgence d’améliorations à apporter? À quoi d’autre ont-ils renoncé pour privilégier ce projet?

Autant de questions légitimes auxquelles ils doivent répondre. Il en est encore temps puisque la première pelletée de terre semble loin!

RIP Denis Rajotte

Le cancer a eu raison la semaine dernière de M. Denis Rajotte, élu à la Commission scolaire de Sorel-Tracy depuis 40 ans et son président depuis presque 30 ans.

Ardent défenseur du système public d’éducation, sa quête était avant tout celle de la réussite scolaire des étudiants, peu importe le temps qu’il devait y consacrer.

Homme affable, ouvert, diplomate, Denis savait écouter ses interlocuteurs. Sans jamais dénigrer qui que ce soit, il osait toutefois affirmer ses options qu’il appuyait sur des valeurs fermes d’équité et de solidarité qu’étaient les siennes.

Oui, ses décisions et celles de son conseil ne pouvaient plaire à tous tout le temps, mais il savait toujours regagner la confiance et la proximité des gens et organisations qui travaillent au mieux-être de la région.

Quant aux journalistes, ils perdent un interlocuteur qui ne se dérobait jamais, franc et soucieux de bien faire comprendre les enjeux au service desquels il s’était consacré.

Indéfectible Sainte-Annois, il était de ceux qui ont consacré leur temps libre à faire de la région un milieu propice au développement des siens. Et ce, à travers plusieurs organisations dont la SADC dont il occupait la présidence par intérim. C’est décidément toute la région qui est en deuil.

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