11 septembre 2018
Des réponses s.v.p.
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

À l’instar de plusieurs observateurs de la scène politique québécoise, je déplore le silence des partis sur leur vision plus large de ce que peut devenir le Québec au cours de la prochaine décennie. Une vision qui ne semble pas non plus encore colorer le discours des candidats dans Richelieu.

Pourtant, elle m’apparait essentielle. Il faut qu’au-delà des petits remboursements de frais de dentiste ou de lunetterie ou du réaménagement de nos agendas, tous ceux qui aspirent diriger le Québec – et leurs porte-couleur dans Richelieu – disent comment ils élargiront les perspectives d’avenir de leur milieu.

Car les engagements pris jusqu’à maintenant peuvent paraitre attrayants, mais sont insuffisants pour satisfaire ceux qui souhaitent savoir – et nous sommes nombreux – comment ils façonneront un Québec moderne. Solidaire. Soucieux d’où il vient mais rêvant où il va. Visionnaire, voire ambitieux, d’une richesse mieux partagée, de services plus adéquats, d’une démographie améliorée, d’une démocratie plus vivante, d’un présent revampé. D’un avenir stimulant.

Les candidats richelois doivent donc aussi partager leur vision des prochaines décennies et des projets envisagés pour relever ici les défis qu’ils perçoivent.

Non, le Québec ne peut pas être administré qu’à la petite semaine. Une société ne peut évoluer sans définir ce qui rendra ses gens meilleurs, mieux et solidaires dans tous les aspects de la vie – éducation, environnement, santé publique, culture, développement socioéconomique, travail et qualité de vie.

Voilà une approche qui saurait rallier plus que les baby boomers dont je suis, mais tous ceux qui aspirent à mieux être. Non pas en consommant plus, mais en travaillant à la réalisation de projets structurants permettant l’émergence d’une société plus mature.

Après tout, on fait tous partie de cette chaine de vie dont la survivance dépend de la solidité de chaque maillon. Et dont la faiblesse de certains ne peut que menacer la condition des autres et les entrainer dans une détérioration incontournable. Une chaine dont l’avenir découle des liens étroits, riches, créatifs et solidaires de chacun.

Ainsi il est urgent que les candidats qui sollicitent l’appui des voteurs richelois affirment haut et fort ce qu’est Richelieu pour eux. Les défis à relever et les moyens concrets qu’ils préconisent pour lui permettre de se développer harmonieusement et adéquatement. De renouer avec un certain état de grâce.

Oui, il y a plus que les seuls problèmes actuels de pénurie de main-d’œuvre partout – y compris en santé et éducation – ou des temps d’attente à l’urgence ou de la poussière qui flotte dans l’air. Comment entrevoient-ils que le milieu puisse atténuer dans son quotidien des problèmes liés à la formation, au décrochage et à la réussite à l’école? Mieux accéder à la culture ici? Mieux protéger son environnement et réhabiliter certains de ses secteurs? Participer à un marché du travail plus sain et conciliable avec la vie familiale? Définir une croissance souhaitable et son prix? Accéder à l’équité des conditions de vie pour tous?

Comment vraiment choisir sans connaitre leurs réponses à chacune de ces questions?

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