4 mai 2021
Des travaux évalués à 3 M$
Des réparations d’urgence nécessaires à l’église de Saint-Ours
Par: Alexandre Brouillard

Le vicaire-général Claude Lamoureux, le curé Éric Coulibaly, le vice-président de la Fabrique Serge Hébert et le président de la Fabrique Pierre Brindamour. Photo Alexandre Brouillard | Les 2 Rives ©

Le prêtre Jean-François Hébert, décédé en 1831, est toujours enterré au sous-sol de l’église. Photo Alexandre Brouillard | Les 2 Rives ©

En tout, 48 pierres tombales sont toujours présentes au sous-sol de l’église. Photo Alexandre Brouillard | Les 2 Rives ©

L’intérieur de l’église Saint-Ours ne nécessite pas de travaux urgents. Photo Alexandre Brouillard | Les 2 Rives ©

Le parvis de l’église devra être réparé rapidement. Photo Alexandre Brouillard | Les 2 Rives ©

Le carnet de santé de l’église de Saint-Ours réalisé par une firme d’architectes démontre des problématiques majeures et inquiétantes qui nécessiteront des travaux d’environ 3 M$. La municipalité et la Fabrique de Saint-Ours, tout comme le Diocèse de Saint-Hyacinthe, cherchent désespérément une solution pour sauver l’église et son patrimoine.

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« À l’automne 2019, une pierre s’est détachée du clocher de l’église et est tombée sur le parvis. Après ce dangereux incident, un carnet de santé de l’église a été commandé afin de connaître les réels problèmes. […] Dans l’immédiat, des investissements de 1,2 M$ sont nécessaires pour la mettre aux normes. En tout, 3 M$ seront nécessaires sur une période de dix ans pour l’entretien général », confie Pierre Brindamour, président de la Fabrique de Saint-Ours.

Selon le carnet de santé réalisé par la firme d’architectes Nadeau Nadeau Blondin, le bâtiment est généralement en bonne condition à l’exception des problématiques majeures d’infiltration qui surviennent depuis le clocher et les saillies de pierre qui sont fortement détériorées. Les autres interventions importantes concernent la toiture de la nef, la peinture du clocher, la correction des pentes de drainages, les travaux de maçonnerie et la réfection du parvis.

« Dans l’attente des travaux plus urgents, un grillage a été installé sur le clocher, qui fait un ventre-de-bœuf, pour éviter d’autres incidents. […] On ne fait même plus sonner les cloches pour éviter toutes vibrations. Sans oublier que l’église est collée sur la route provinciale 133, où plusieurs camions circulent et créent de la vibration. Nous devons alors trouver une solution le plus rapidement possible pour la sécurité des citoyens, surtout qu’une école primaire se trouve tout juste devant », spécifie M. Brindamour.

En mode solutions

Alors que plusieurs personnes craignent pour l’avenir de l’église, une rencontre a eu lieu, le 12 avril dernier, pour trouver une façon de la sauver. Sylvain Dupuis, maire de Saint-Ours, Claude Lamoureux, vicaire-général du Diocèse de Saint-Hyacinthe, Éric Coulibaly, curé de la paroisse, un représentant du gouvernement provincial ainsi que M. Brindamour étaient réunis pour identifier des pistes de solutions et trouver des subventions qui aideront à payer les travaux.

« Le diocèse et la paroisse n’ont pas les moyens de prendre en charge le montant des travaux. Idéalement, nous aimerions que la municipalité achète l’église pour qu’ensuite nous puissions la louer. Après l’achat, la Ville de Saint-Ours pourrait avoir accès à des subventions qui sont susceptibles d’atteindre jusqu’à 75 % des dépenses. C’est un modèle qui peut fonctionner. Par exemple, la Ville de Farnham avait procédé de cette façon », soutient M. Lamoureux.

Sylvain Dupuis prétend toutefois que la Ville de Saint-Ours ne possède pas les moyens financiers pour acquérir l’église. « Si la municipalité devient propriétaire du bâtiment, nous devrons immédiatement débourser au moins 1 M$ pour les travaux urgents. Le problème est que nous ne serons pas certains d’obtenir des subventions adéquates. Nous sommes une petite municipalité, on ne peut pas dépenser autant de millions pour l’église, alors que nous devons penser aux égouts et à nos routes », explique-t-il, tout en spécifiant que la municipalité doit déjà s’occuper de deux salles paroissiales, d’une bibliothèque et d’une maison de la culture patrimoniale.

Une histoire à protéger

Même si l’église de Saint-Ours n’est pas classée patrimoniale selon le ministère de la Culture, des Communications, le curé de la paroisse soutient qu’elle est tout de même très importante pour les citoyens.

« Depuis sa construction en 1882, elle témoigne de la riche histoire de la municipalité. De plus, il y a environ 48 personnes enterrées au sous-sol, dont plusieurs seigneurs et curés. […] George-Étienne Cartier serait venu dans l’ancienne église, bâtie en 1675, qui était au même endroit. Il faut donc absolument acheminer cette sensibilité historique aux paliers gouvernementaux et agir avant qu’il ne soit trop tard », indique M. Coulibaly.

« Je suis également sensible à l’historique de l’église et j’ai un fort sentiment d’appartenance à son égard, mais ce sont des choix déchirants. Nous essayons de trouver une solution, mais nous ne sommes pas la seule municipalité aux prises avec ces problèmes. Une chose est sûre, la municipalité va aider et collaborer avec la Fabrique », confie M. Dupuis, qui n’exclut pas que le privé puisse être une possibilité comme l’église Saint-Aimé, à Massueville, qui a été vendue à Maxime Robitaille il y a quelques jours.

« Il est primordial de faire connaître le riche patrimoine historique rattaché à l’église de Saint-Ours afin de sensibiliser la population. Toutefois, le diocèse a environ 80 églises sur son territoire, on ne peut donc pas toutes les prendre en charge. Il est impératif que tous les paliers gouvernementaux nous aident », conclut Claude Lamoureux.

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