20 mai 2015
Des rencontres qui ont souligné l’apport des patriotes
Par: Louise Grégoire-Racicot
Martin Lajeunesse (à gauche), Louis Plamondon (deuxième à droite) et Sylvain Rochon (à droite) ont rendu hommage à Paulette Cardin Éthier (deuxième à gauche) pour son dévouement hors du commun de 25 ans à la cause de l’indépendance du Québec. | TC Média - Pascal Cournoyer

Martin Lajeunesse (à gauche), Louis Plamondon (deuxième à droite) et Sylvain Rochon (à droite) ont rendu hommage à Paulette Cardin Éthier (deuxième à gauche) pour son dévouement hors du commun de 25 ans à la cause de l’indépendance du Québec. | TC Média - Pascal Cournoyer

> Digne descendant d’un patriote exilé en Australie après avoir été emprisonné à la prison du Pied du courant, Sylvain Rochon a participé, le 18 mai dernier, aux diverses cérémonies dédiées à la mémoire des patriotes, à Sorel-Tracy, à Saint-Ours et à Saint-Roch.

Du plus loin qu’il se rappelle, ses parents l’amenaient à ces rencontres commémoratives au cours desquelles il a retenu comment les patriotes se sont battus pour la reconnaissance de la nation, pour la liberté politique et pour l’établissement d’un gouvernement démocratique. Des éléments, souligne M. Rochon, qui sont toujours d’actualité.

Il se réjouit que la Ville de Sorel-Tracy ait accepté que flotte au parc Regard-sur-le-fleuve le drapeau aux couleurs des patriotes, et ce à demeure.

« Il flotte désormais en bordure de ce fleuve majestueux et riche d’histoire dont le contrôle hélas nous échappe. Il faut, en nous inspirant de la lutte des patriotes, mettre fin à ces situations incongrues où les décisions qui nous concernent se prennent dans une capitale qui n’est pas la nôtre. L’indépendance n’est que normal. Ce qui ne l’est pas, pour un individu comme pour un peuple, c’est l’assujettissement et l’aliénation. »

Enfin, il a profité de sa présence à Saint-Ours, patrie des 92 résolutions, village terreau du mouvement patriote, pour saluer la mémoire de Gilles Rhéaume, un militant nationaliste et ancien président de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB).

C’est d’ailleurs à l’initiative du Comité Pierre-De Saurel français et du Mouvement national des Québécois que cette cérémonie a rendu hommage à M. Rhéaume reconnu comme un des plus éloquents et ardents militants indépendantistes des 50 dernières années.

« Il m’avait expliqué que si, parfois, il allait un peu loin dans ses propos, c’était pour compenser pour ceux qui n’allaient nulle part », rappelle-t-il avec affection pour l’homme décédé en février dernier.

Un classique

Quant à Martin Lajeunesse, de la SSJB, il se réjouit que le drapeau des patriotes flotte désormais dans le parc sorelois. C’est à Claude Rochon, le père de Sylvain et premier candidat péquiste du comté de Richelieu, qu’il a demandé de le hisser, en présence de quelque 150 personnes.

M. Lajeunesse avait de nombreuses fois demandé à la Ville de le faire flotter à demeure.

« Chaque fois, on le hissait pour souligner la journée des patriotes, puis on le retirait. J’ai réitéré notre demande cette année à la suite du décès de M. Rhéaume qui habitait ici depuis un moment. Si on parle toujours français au Québec, c’est à cause des patriotes. La présence du drapeau ne peut que nous le rappeler. »

Après le traditionnel défilé des patriotes qui a suivi, la SSJB a rendu hommage à Paulette Cardin Éthier pour son dévouement hors du commun pendant près de 25 ans à la cause de l’indépendance du Québec.

« Si le comté est péquiste depuis 20 ans, c’est certes à cause de sa présence assidue dans l’organisation », a conclu M. Lajeunesse.

Vers la mise en valeur du patrimoine

L’histoire soreloise est très riche et la Ville de Sorel-Tracy doit désormais la mettre en valeur, en tirer parti et ainsi cultiver la fibre d’appartenance et de fierté de ses résidents, explique le conseiller municipal et historien Patrick Péloquin.

Hisser le drapeau des patriotes à demeure au parc Regard-sur-le-fleuve est un premier pas pour y arriver, décrit-il.

« C’est vrai que l’image des patriotes a pu être un peu folklorique, mais depuis que cette journée est devenue une fête nationale, de plus en plus d’événements dans un nombre grandissant de villes mettent en lumière ce qu’ils ont contribué. »

La Ville veut également devenir la porte d’entrée de la route des patriotes, le long du Richelieu. « Une rivière historique dont on doit profiter. Un lieu de mémoire pour tous les amateurs de tourisme historique. Cette route pourrait fort bien mener jusqu’à Napierville en passant par Saint-Jean », évoque-t-il.

Les bâtiments Sincennes-McNaughton que la Ville compte réanimer avec le Centre des arts contemporains du Québec, le retour du destroyer Iroquois, la présence des monuments Louis Marcoux – « un homme qui a donné sa vie pour la démocratie », dit-il – la présence des frères Nelson au cimetière anglican sont tous des éléments de notre patrimoine qui réapparaissent à l’ordre du jour de la Ville, note M. Péloquin.

Voilà une des raisons pour laquelle il s’est présenté en politique municipale, lui qui enseigne l’histoire dans une école secondaire.

« Dans les cours d’histoire, on traite des patriotes et de leurs faits d’armes en 3e secondaire. Puis l’année suivante, on traite des idées qui les ont guidés. Les mêmes qui circulaient en France lors de la révolution, aux États-Unis lors de l’indépendance, en Amérique du Sud au temps de Bolivar. »

Des idées de liberté, de démocratie et l’expression d’une libre-pensée qui doit continuer à s’affirmer, pense-t-il.

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