28 mai 2019
Des préoccupations essentielles
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Bras de fer entre les maires de la région et les administrateurs du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Est (CISSSME) dont sa directrice générale, Louise Potvin.

Un des objets du litige : doter le plus tôt possible l’Hôtel-Dieu de Sorel d’un appareil d’imagerie par résonance magnétique (IRM) pour éviter aux Sorelois de se rendre à Saint-Hyacinthe ou à Boucherville pour des examens. Ce qui devrait aussi faciliter le recrutement de nouveaux médecins et spécialistes.

L’avenir de la qualité des soins en dépend. À cette demande s’ajoutent la qualité et la quantité des personnels qui les dispensent et l’état et l’entretien des équipements dont ils disposent.

Forts d’avoir pu, grâce à la mobilisation citoyenne (marche, pétition, etc.) faire installer un bronchoscope Ebus en septembre 2017, et ce, malgré la volonté apparente du ministère de ne pas le faire, les élus réclament cette fois cet IRM. Ils ne sont certes pas sans savoir qu’il devait être installé avant la formation du CISSSME, mais que le projet est disparu de la table depuis.

Tous, dont 88 médecins et pharmaciens qui ont adressé une lettre au ministre à cet égard, craignent ainsi que l’administration refuse cette installation qui permet diagnostic et traitements de façon peu invasive puisque les hôpitaux de Boucherville et de Saint Hyacinthe – aussi partie du CISSSME – en ont déjà un et plusieurs patients sorelois y sont envoyés. Souvent âgés, moins mobiles ou sans permis de conduire, ils doivent compter sur leurs enfants pour les accompagner. Ces derniers s’absentent du travail pour le faire, Ces rendez vous peuvent être donnés à toute heure du jour ou de la nuit.

Voilà un débat où se confrontent émotions et attentes versus approche rationnelle sur papier et chiffres à l’appui que la dispense des soins à l’hôpital s’est améliorée. Elle n’aurait ni stagné ni diminué depuis la fusion, comme les élus le perçoivent.

Les seuls chiffres des élus sont ceux d’un sondage non scientifique mené sur la page Facebook de CJSO 101,7 FM qui recense que 60 % des répondants sont insatisfaits des services du réseau. Des données étoffées de nombreux commentaires émanant d’usagers et d’employés du réseau décrivant les limites du système, disent les maires.

Cela se comprend. Qui ne connait pas quelqu’un en attente de soins, d’un médecin de famille ou de traitements? Des attentes parsemées d’inquiétude, de souffrances qui amplifient, de perte progressive de mobilité dans plusieurs cas?

En recevant depuis trois mois des soins dans ce réseau, parler avec les usagers et employés m’a permis de constater que les inquiétudes des maires sont fort bien fondées. Elles traduisent celles de leurs concitoyens. Ses employés et usagers ne sentent pas qu’ils ont une place de choix dans cette organisation du CISSSME. Il devra être plus proactif dans ses relations avec le milieu. Ne pas y être présent que pour défendre ses positions.

Aux maires et à leurs alliés, il faut demander de rester attentifs et revendicateurs tout en étayant mieux encore leurs constats et leurs demandes. Porter les attentes, besoins et réactions de leurs citoyens, c’est leur rôle premier.

Visiter le ministre pour vider son sac est de bonne guerre; rallier le député à leurs préoccupations, un must. Maintenir un comité permanent de liaison en santé serait plus profitable encore pour rester à jour.

Décidément, même si la santé ne relève pas de leur autorité, celle des leurs ne doit cesser de les préoccuper.

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