7 avril 2021
Fabienne Perrin-Blizzard devient entraîneuse adjointe des BlackJacks d’Ottawa
Des Polypus jusqu’à une équipe professionnelle de basketball
Par: Jean-Philippe Morin

Fabienne Perrin-Blizzard est une passionnée du basketball et elle veut transmettre cette passion comme entraîneuse adjointe des BlackJacks d’Ottawa. Photo gracieuseté/BlackJacks

Fabienne Perrin-Blizzard est une passionnée du basketball et elle veut transmettre cette passion comme entraîneuse adjointe des BlackJacks d’Ottawa. Photo gracieuseté/BlackJacks

Fabienne Perrin-Blizzard a passé sa jeunesse, de 5 ans jusqu’au cégep, dans la région de Sorel-Tracy. L’ex-porte-couleurs des Polypus de l’École secondaire Fernand-Lefebvre (ESFL), maintenant âgée de 52 ans, réalise un rêve en ayant été nommée entraîneuse adjointe des BlackJacks d’Ottawa, dans la Ligue canadienne élite de basketball (CEBL).

Publicité
Activer le son

La native de Brooklyn, dans l’état de New York, a gravi les échelons un à un dans le basketball. Elle se dit fière d’être la première femme à occuper un poste d’entraîneur dans une équipe professionnelle, tout sport confondu, dans la capitale fédérale.

« J’aimerais beaucoup voir plus de femmes dans des rôles importants, dans des sports professionnels au Canada. J’espère que ma nomination va paver la voie à d’autres femmes comme moi qui ont le rêve d’être entraîneuse au plus haut niveau. Une femme ou un homme, ça ne devrait pas faire la différence au bout du compte. Ce qui est important, ce sont les connaissances », lance avec conviction Fabienne Perrin-Blizzard, au bout du fil.

D’ailleurs, plusieurs femmes ont fait leur place dans le basketball récemment. On n’a qu’à penser à Becky Hammon, qui a dirigé un match des Spurs de San Antonio lorsque l’entraîneur Gregg Popovic s’est fait expulser en cours de rencontre.

« La NBA ou la WNBA, c’est mon rêve. Pour l’instant, je suis ici à Ottawa et très heureuse de travailler avec l’équipe en place », ajoute Mme Perrin-Blizzard.

Patinage artistique ou basketball

Le chemin vers le basketball aurait très bien pu être différent. Dès sa rentrée au secondaire, l’entraîneur Rodrigue Dufault l’a aperçue faire de la course à pied sur la piste d’athlétisme de l’ESFL. À ce moment, il a approché Fabienne et sa sœur afin qu’elles essaient le basketball. Puis une étudiante du cégep venue donner une conférence sur son expérience au basketball collégial l’a vraiment convaincue de se lancer dans ce sport.

« Je faisais du patinage artistique depuis cinq ans et il a fallu que je fasse un choix. Le basket, c’était à 6 h le soir et le patinage artistique, à 6 h le matin (rires). Le choix a été facile! », souligne-t-elle.

Et le choix a été le bon. Rodrigue Dufault l’a prise sous son aile afin de lui transmettre sa passion pour le sport. « Je restais une ou deux heures après les pratiques pour lancer au panier. Je jouais aussi sur les heures de dîner. J’ai vraiment attrapé la piqûre. La passion que j’ai réussi à transmettre aux autres avec le coaching, c’est grâce à Rodrigue [Dufault] au secondaire », louange-t-elle.

Temple de la renommée

Après son parcours rempli de succès avec les Polypus, le Collège Champlain-Lennoxville l’a recrutée au cégep. Une fois son parcours collégial terminé avec brio, c’est à l’Université d’Ottawa, avec les Gee-Gees, qu’elle s’est vraiment fait un nom comme joueuse. Mais au départ, c’est à l’Université McGill qu’elle devait évoluer.

« J’ai changé d’idée à la dernière minute. À l’époque, il n’y avait que quatre équipes universitaires au Québec, alors on allait affronter toujours les mêmes trois équipes. Je voulais sortir du Québec et devenir bilingue. En Ontario, le basket est vraiment différent au niveau de la culture, du style de jeu et des adaptations, alors je voulais vivre ça », souligne la cinquantenaire.

Et elle ne s’était pas trompée, puisque grâce à ses performances sur le terrain, Fabienne Perrin-Blizzard fait partie du Temple de la renommée des Gee-Gees de l’Université d’Ottawa. Elle a été nommée Most Outstanding Female Athlete of the Year pendant deux années consécutives.

Vaste expérience d’entraîneuse

Sa passion pour le basketball l’a tout de suite menée vers un poste d’entraîneuse adjointe avec les Gee-Gees de 1994 à 1998, puis comme entraîneuse en chef pour la saison 1998-1999. Mais avant, elle devait se faire les dents. « L’entraîneur-chef m’a recommandé que je commence à coacher dans la communauté parce que c’est trop facile de commencer à coacher à l’université tout de suite. Il faut dealer avec des jeunes de tous les âges pour vraiment apprendre comment bien entraîner. C’est complètement vrai, puisque la communication est différente avec les jeunes. Je n’ai pas vraiment aimé ça (rires), parce que ce n’est pas évident, mais c’était formateur et je suis devenue une meilleure entraîneuse », évoque-t-elle.

Fabienne Perrin-Blizzard est aussi l’entraîneuse adjointe de l’équipe nationale féminine cadette et a été entraîneuse d’équipes provinciales de l’Ontario pendant six ans. Elle est cofondatrice de Capital Courts Academy, un environnement d’entraînement centralisé offrant aux athlètes la possibilité de participer à un programme complet de haut niveau qui soutient à la fois les objectifs académiques et de basketball. Elle est responsable de la gestion et de la direction de l’académie et est l’entraîneuse du programme féminin.

En 2018, elle s’est jointe au personnel de l’équipe nationale féminine cadette U-15 / U-16 en tant qu’adjointe et a remporté l’argent au tournoi FIBA, zone des Amériques. En tant qu’entraîneuse-chef des formations provinciales U-15 et U-17 de l’Ontario, elle a mené ses équipes à la conquête de trois titres nationaux, en 2015, 2017 et 2018. En mai 2019, elle s’est aussi rendue au Sénégal, où elle a été entraîneuse invitée lors du coup d’envoi du Girls’ NBA Academy Africa.

En attendant le début de saison

Ce sont finalement ses contacts dans le milieu qui l’ont menée vers les BlackJacks d’Ottawa, en février 2021. Elle s’entend déjà bien avec les autres entraîneurs, dont l’entraîneur-chef Charles Dubé-Brais.

« Toutes les semaines, on se parle. Charles sait que mon expertise, c’est en défensive, mais il veut qu’on touche un peu à tout, comme le développement, le recrutement, les stratégies, etc. J’ai vraiment hâte de commencer », souligne-t-elle.

Sauf que présentement, en raison de la pandémie, bien malin celui qui sait quand s’amorcera la saison de la CEBL. Les BlackJacks préparent donc leur troisième saison comme si les activités pouvaient débuter sous peu.

« On a une belle équipe. Graduellement, on annonce des signatures de joueurs. J’aime l’énergie du training staff et j’ai hâte de commencer dans des situations de matchs », conclut Mme Perrin-Blizzard.

Qui est Fabienne Perrin-Blizzard?

Elle et son mari Carlos ont deux enfants : Tyra, 23 ans, qui a joué son basketball universitaire avec Windsor et Ottawa et qui s’apprête à jouer de façon professionnelle au Maroc ainsi que Dante, 21 ans, qui a joué au football à l’école secondaire et qui est inscrit à l’Université de Guelph.

image