3 mai 2017
Des pétitions contre l’interdiction des menés déposées à l’Assemblée nationale
Par: Sarah-Eve Charland

Malgré l’interdiction d’utiliser des menés vivants pour la pêche blanche, les pêcheurs de Contrecœur n’abandonnent pas leur combat. Le trésorier de l’Association de chasse et pêche de Contrecœur, David Joly, a déposé deux pétitions à l’Assemblée nationale le 2 mai.

Cela survient près d’un mois après la décision du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec (MFFP). M. Joly, également président du mouvement Menés Québec, a déposé les pétitions, accompagné par le député de Verchères, Stéphane Bergeron.

« Le ministre impose, sans la moindre consultation digne de ce nom auprès du milieu, une réglementation mur à mur dans le dossier des poissons-appâts, mettant ainsi en péril une tradition québécoise séculaire, ainsi qu’une industrie très importante pour bon nombre de familles et de localités au Québec », dénonce M. Bergeron.

À ce jour, 7227 personnes de partout au Québec ont signé l’une des deux pétitions, que ce soit en ligne ou par papier. Une pétition concernant les menés vivants a été parrainée par l’Association de chasse et pêche de Contrecœur. La deuxième concernant les menés morts a été lancée par l’Aire faunique communautaire du lac Saint-Pierre.

Au moment de lancer la pétition, l’interdiction n’était pas officielle. Maintenant qu’elle s’est concrétisée, les pêcheurs ont changé leur position.

« Avant, on demandait un recul, Maintenant, on veut proposer une solution alternative au ministère. On ne veut pas la dévoiler publiquement avant de rencontrer le ministre », affirme M. Joly.

L’attachée de presse du ministre du MFFP, Gabrielle Fallu, a confirmé qu’une rencontre aura lieu entre le ministre, Luc Blanchette, et les représentants de Menés Québec.

« On s’y est engagé. La rencontre se déroulera sous peu, soit d’ici la fin de la session parlementaire. Les discussions suivront par la suite », commente Mme Fallu.

Cette rencontre réjouit le trésorier de l’Association de chasse et pêche. « Il y a enfin une porte ouverte. Il était temps. Ils ont finalement avoué que l’industrie n’avait jamais été consultée », mentionne M. Joly.

Une industrie en péril

Le ministère a pris la décision d’interdire l’utilisation de menés afin de limiter la propagation d’espèces envahissantes, comme la carpe de roseau détectée dans le fleuve Saint-Laurent à la hauteur de Contrecœur en mai 2016.

Selon M. Joly, l’industrie de la pêche blanche, plus particulièrement la pêche sur la glace, serait en péril.

« Non seulement cela n’empêchera pas la propagation des espèces envahissantes, mais la pêche deviendra inintéressante à Contrecœur. Les menés morts ne fonctionnent pas par ici. En plus, cela incitera les gens à se diriger vers d’autres marchés, comme l’Ontario et les États-Unis, où c’est permis », croit-il.

Les menés vivants sont utilisés pour la pêche à la brimbale, soit la principale activité préconisée par les membres de l’Association de chasse et pêche de Contrecœur.

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