12 mai 2021
Rareté des matériaux de construction
Des entreprises de la région doivent augmenter leurs prix
Par: Stéphane Martin

Le propriétaire de Boiseries Letendre, Charles Letendre, demande à la population d’être compréhensive à la suite des hausses de prix que son entreprise a dû imposer à ses clients en raison de la rareté des matériaux. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Plusieurs le savent, la pandémie de COVID-19 a créé une rareté de certains produits entrainant une difficulté à s’approvisionner, et, du même coup, une hausse des prix. Cette réalité est vécue, entre autres, dans le monde de la construction et a des répercussions dans toutes les entreprises qui s’y rattachent.

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« Dernièrement, nous avons dû aviser notre clientèle que nous étions contraints de suivre l’inflation et d’augmenter les prix de nos matériaux. Il a fallu revalider certaines approbations de commande avec les prix majorés. En plus, nous devons les informer qu’il est difficile de garantir nos délais de production et de confirmer avec exactitude nos dates de livraison », explique le propriétaire de Boiseries Letendre, Charles Letendre.

L’entreprise spécialisée en finition intérieure souffre des difficultés d’approvisionnement en bois. « Nous, on touche à tout ce qui est boiseries, les escaliers, les rampes, les planchers de bois franc, etc. L’essence la plus populaire est le merisier et il y a actuellement une pénurie. Alors on se dirige vers d’autres essences, cela crée une demande encore plus forte et cela fait monter les prix. Selon les matériaux, j’observe de 30 à 40 % d’augmentation depuis juillet 2020. Les prix varient continuellement, il m’arrive de recevoir du même fournisseur de nouvelles listes de prix deux fois par semaine. »

D’autres entreprises touchées

Même son de cloche chez Portes et fenêtres Boulet. « La pénurie affecte notre production. On manque de bois pour les cadrages, l’acier se fait rare pour la fabrication des portes et on ne sait jamais avec exactitude quand nous allons recevoir notre matériel. C’est évident qu’il y a un impact sur les prix avec une augmentation de 10 à 20 % selon les matériaux », de renchérir la directrice générale, Mélodie Boulet.

Si la majorité de la clientèle se montre compréhensive, il reste toujours un travail de sensibilisation à faire auprès de certains.

« On se fait dire trop souvent que la COVID a le dos large. Je ne suis plus capable d’entendre cette phrase. On n’a pas inventé la pandémie et nous ne sommes pas là pour profiter de la situation. […] On préférerait un retour à la normale. Avez-vous idée à quel point il est difficile de gérer une entreprise dans ces conditions? C’est impossible de penser à long terme, on sait toujours à la dernière minute les quantités de matériaux que l’on reçoit et la liste de prix change sur une base presque quotidienne. On ne fait rien de gaieté de cœur, on subit comme tout le monde », de conclure Mme Boulet.

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