8 décembre 2020
Des enseignants du Cégep de Sorel-Tracy dénoncent leurs conditions de travail
Par: Alexandre Brouillard

L’exécutif syndical des enseignants du Cégep de Sorel-Tracy a notamment dénoncé la précarité des emplois dans une longue lettre signée par la plupart de ses membres. Photothèque | Les 2 Rives ©

Plusieurs enseignants du Cégep de Sorel-Tracy, appuyés par l’exécutif syndical, ont signé une lettre afin de dénoncer les conditions de travail déplorables, la précarité de leur profession, l’alourdissement de la tâche enseignante ainsi que l’absence de reconnaissance de l’État.

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La lettre en question a été rédigée par l’exécutif syndical à la suite d’un sondage mené auprès de ses membres. Plus de la moitié des enseignants l’ont signée en l’espace d’un après-midi. À travers cette lettre, l’exécutif syndical et les signataires souhaitent donner un portrait général de la situation des enseignants au Cégep de Sorel-Tracy.

« Les enseignants et les enseignantes sont littéralement en surplus de travail, tout comme dans le secteur de la santé, à la différence près que cet emploi dit essentiel n’est pas reconnu à sa juste valeur. […] La précarité d’emploi est déplorable et le gouvernement doit s’empresser de valoriser la profession afin d’encourager la rétention du personnel enseignant et d’attirer la relève », souligne l’exécutif syndical.

Depuis le 13 mars 2020, les enseignants du Cégep de Sorel-Tracy sont à pied d’œuvre pour favoriser la persévérance et la réussite scolaire des jeunes. Ils mentionnent avoir répondu à l’appel du gouvernement Legault lorsqu’il avait demandé d’inventer une nouvelle pédagogie numérique bouleversant complètement leurs méthodes de travail. Malgré cela, « plusieurs ont acheté du matériel informatique à même leur budget familial et personnel, alors que d’autres ont multiplié les heures supplémentaires, sans compter, pour soutenir et accompagner les étudiants », peut-on lire dans la lettre.

Selon eux, le gouvernement provincial n’a pas reconnu les efforts déployés par les enseignants du réseau collégial. « Dans ce contexte particulier [de pandémie], l’objectif pour le corps enseignant était, et est toujours, de maintenir les standards de qualité de l’enseignement en présence », indique l’exécutif syndical par rapport aux difficultés reliées à l’enseignement à distance.

Précarité d’emploi

Basant sa renommée sur un accompagnement particulier et personnalisé aux étudiants présentant des difficultés d’apprentissage, les enseignants du Cégep de Sorel-Tracy doivent s’ajuster à l’accentuation de ces besoins lors de l’enseignement à distance. « Les profs ont peu ou pas de libération additionnelle pour adapter leur matériel pédagogique et pour effectuer cet encadrement essentiel auprès de cette clientèle vulnérable », souligne l’exécutif syndical.

Face à ces nouveaux besoins grandissants, une nouvelle génération d’enseignants tente tant bien que mal d’établir des pratiques pédagogiques innovantes et rigoureuses qui répondent à la réalité d’aujourd’hui, clament les professeurs. « Malheureusement, et malgré leur dévouement à la réussite et à la diplomation de leurs élèves, beaucoup parmi nous ont de la difficulté à trouver des emplois stables au sein des institutions collégiales, notamment à Sorel-Tracy », explique l’exécutif syndical dans la lettre.

Il indique qu’en réalité, beaucoup vivent dans l’incertitude et la précarité. Le manque d’attractivité de la profession amène plusieurs précaires à abandonner lors des premières années d’enseignement, si bien que le collège peine à trouver des candidats dans toutes les disciplines.

« Cette précarité, l’alourdissement de la tâche enseignante et l’absence de reconnaissance de l’État sont bien antérieurs à la pandémie », peut-on lire en conclusion.

Une lettre qui fait écho

Connaissant très bien la profession d’enseignant, le député de Richelieu, Jean-Bernard Émond, se dit sensible au cri du cœur des enseignants du Cégep de Sorel-Tracy. « Nous traversons actuellement une crise sans précédent et, tout comme de nombreux Québécois, nos enseignants, de tous les niveaux, ont dû s’adapter à cette nouvelle réalité. C’est pourquoi, dès le début de la crise, nous avons agi rapidement. Nous avons consenti 75 millions de dollars aux établissements pour soutenir les étudiants au plan matériel, pédagogique et psychosocial. Ce sont 75 millions de dollars qui ont été injectés dans le réseau en quelques mois et nous allons continuer à soutenir nos étudiants, nos professeurs et tout le personnel qui participent à la réussite éducative de nos jeunes. Notre Cégep est l’une de nos grandes richesses locales et je serai toujours présent pour soutenir sa mission », explique Jean-Bernard Émond.

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