20 mars 2018
Des élèves se glissent dans un procès fictif
Par: Sarah-Eve Charland

Les élèves ont participé à un procès en jouant tous les rôles du tribunal. (Photo : Sarah-Eve Charland)

Les élèves ont participé à un procès en jouant tous les rôles du tribunal. (Photo : Sarah-Eve Charland)

Les élèves ont participé à un procès en jouant tous les rôles du tribunal. (Photo : Sarah-Eve Charland)

La classe de 5e année de l'école Saint-Gabriel-Lalemant et les avocates Geneviève Beaudin et Marieke Sabeh ont participé à l'activité. (Photo : Sarah-Eve Charland)

Une vingtaine d’élèves de l’école Saint-Gabriel-Lalemant ont réalisé que tout n’est pas noir ou blanc dans le système judiciaire. Ils ont été plongés, le 15 mars, dans une simulation de procès grâce à la collaboration d’avocates de la région.

Le projet a été proposé par l’avocate de la Couronne, Marieke Sabeh, en début d’année. L’avocate Geneviève Beaudin et l’enseignante Jeanne Beaudreault ont sauté sur l’occasion. Elles se sont inspirées d’un projet lancé tout d’abord en Californie aux États-Unis.

« C’est une expérience rare. La 5e année est visée parce qu’ils ont l’âge où ils n’ont pas encore pris le bon ou le mauvais chemin. C’est l’âge idéal pour leur montrer les conséquences des mauvais gestes. Déjà en 6e année, on peut voir une tendance », mentionne l’enseignante.

Les avocates ont donné des ateliers tout au long de l’année dans la classe de 5e année du primaire sur différents aspects de la justice. La préparation les a amenées à la simulation d’un procès intégral le 15 mars au palais de justice de Sorel-Tracy. Les élèves ont joué les rôles de juge, de jurés, de témoins, d’avocats, d’huissier et de greffier. Ils ont même pu rencontrer des constables spéciaux et un juge de la cour civile.

Un procès pas simple

L’accusé, joué par un élève, devait se défendre d’avoir eu en sa possession une arme, dans ce cas-ci un pistolet à plomb, dans son sac scolaire à l’école. L’histoire simulée se déroulait dans une école secondaire fictive.

Au moment où le jury délibérait en huit clos, Me Sabeh a questionné les autres élèves sur ce qui venait de se dérouler. Même si de prime abord les élèves condamnaient rapidement l’accusé, ils se sont rendu compte que l’histoire était plus complexe qu’elle en avait l’air.

«  Avez-vous trouvé étrange qu’un témoin n’ait pas voulu témoigner? Que pensez-vous du témoignage de l’élève qui ne voulait pas répondre aux questions? Est-ce qu’il est accusé d’avoir utilisé son arme ou de l’avoir eu en sa possession? », a-t-elle questionné.

La majorité des élèves ont questionné la décision du jury lorsque ce dernier a déclaré l’accusé coupable. Un élève s’est même permis d’argumenter avec Me Beaudin qui a participé à l’activité en tant que membre du jury.

«On ne peut pas tirer de conclusion d’une preuve qui n’est pas devant nous. […] La perfection d’un procès n’existe pas. On s’est aussi posé toutes ces questions. On s’est demandé s’il y avait un doute. Ces arguments que tu me présentes auraient pu être ajoutés à tes plaidoiries. Cela aurait peut-être changé la position du jury », a conclu Me Beaudin.

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