13 mai 2020
Des commerces de la région se tournent vers la vente en ligne
Par: Katy Desrosiers

Jocelyne Gaudette et Laura-Kim Houle, propriétaires de Dentelle et Denim, offrent maintenant un site transactionnel à leurs clients. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Bien que plusieurs commerçants de la région travaillaient depuis des mois ou des années sur une plateforme de vente en ligne, peu l’avaient officiellement mise en place. Avec la pandémie, certains ont redoublé d’ardeur pour offrir à la population leurs produits sur le Web et éviter une fermeture complète.

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C’est le cas entre autres de Botanix Comptoir Richelieu, Dentelle et Denim et la boutique LATTAKZ qui offrent dorénavant une plateforme en ligne transactionnelle. À la Librairie Wilkie, on a bonifié le site existant pour permettre aux gens de consulter les produits en inventaire et faire des réservations.

Jocelyne Gaudette, copropriétaire de la boutique Dentelle et Denim, explique que l’idée de mettre en place un site transactionnel planait depuis un moment. « On en parle depuis l’association entre Laura-Kim et moi. Quand t’es dans le train, des fois, tu reportes. Tu sens moins l’urgence de le faire. Mais je pense que maintenant, surtout quand il arrive des situations comme ça, c’est nécessaire d’être sur le Web », souligne-t-elle.

Dans le futur, le site sera amélioré pour le rendre plus professionnel afin qu’il soit relié avec l’inventaire en direct. « Il y a un programme d’aide offert par le gouvernement pour la formation. Laura-Kim irait chercher de la formation pour le site et sur l’utilisation des réseaux sociaux », ajoute Mme Gaudette.

Avec la plateforme, les propriétaires espèrent attirer une nouvelle clientèle, peut-être de l’extérieur. Cependant, elles sont convaincues qu’une part des consommatrices continuera de venir en boutique pour le service-conseil.

Chez Botanix Comptoir Richelieu, une des propriétaires, Éloïse Paquin, avoue aussi que l’idée du site transactionnel germait depuis des années. « C’était beaucoup de frais et ça prenait le temps de le faire. Avec la pandémie, on voyait bien qu’on finirait par être fermés. J’en parlais à la maison et mon plus vieux m’a dit :« On peut en faire un éphémère« . Il m’a montré sur un logiciel comment faire. Ç’a pris quatre ou cinq jours le mettre en place. Mes autres enfants ont participé, pris les photos des articles, inscrit les codes pour les prix, etc. », raconte-t-elle.

Le résultat est là. La semaine dernière, elles étaient rendues à plus de 300 commandes. Les deux sœurs propriétaires songent à rendre le site permanent parce qu’elles savent que plusieurs aiment magasiner en ligne avant de passer en magasin. Aussi, avec cette plateforme, elles ont attiré une nouvelle clientèle, peut-être plus jeune.

À la Librairie Wilkie, le propriétaire Daniel Lemoine a adapté son site pour présenter plus de 12 000 produits. « La pandémie, ç’a été le coup de pied pour le faire, confesse-t-il. Je suis là-dessus pas mal tous les soirs. Je couche les enfants, j’ouvre l’ordi et ma blonde m’aide. »

Au départ, il prenait les commandes par Messenger et envoyait des photos aux clients pour qu’ils puissent faire un choix. Il a même lu des quatrièmes de couverture au téléphone. Maintenant, les clients peuvent trouver directement les items qu’ils cherchent sur le site. M. Lemoine compte le conserver et peut-être, éventuellement, le transformer en site transactionnel. Aussi, ce qui a aidé au niveau de la vente est le service Taxi Coop, qui a effectué plus d’une cinquantaine de livraisons.

Un changement nécessaire

Le directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie de Sorel-Tracy, Sylvain Dupuis, constate que la crise a accéléré la mise sur pied de sites Web et de boutiques en ligne chez plusieurs petits commerçants de la région. « Ça fait des années que les intervenants économiques en parlent, qu’on organise des formations, mais c’est de l’ouvrage à s’occuper, c’est difficile à faire et ça coûte cher », indique-t-il.

« S’il y a un côté positif, c’est bien celui-là, continue M. Dupuis. Les entrepreneurs ont donné de l’amour à leur page Web et à leur Facebook pour accélérer la vente en ligne de leurs produits. C’est le dernier coup que ça prenait. »

Avec la collaboration de Sébastien Lacroix

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