18 juillet 2017
Des citoyens s’impatientent après un autre accident
Par: Jean-Philippe Morin
L’intersection des routes 122 et 132, plus communément appelée le « flasheur », est considérée dangereuse par les citoyens du secteur. |  © Pascal Cournoyer

L’intersection des routes 122 et 132, plus communément appelée le « flasheur », est considérée dangereuse par les citoyens du secteur. | © Pascal Cournoyer

L’intersection des routes 122 et 132, plus communément appelée le « flasheur », est considérée dangereuse par les citoyens du secteur. | Pascal Cournoyer

L’intersection des routes 122 et 132, plus communément appelée le « flasheur », est considérée dangereuse par les citoyens du secteur. | Pascal Cournoyer

DCIM\\121GOPRO | Pascal Cournoyer

DCIM\\121GOPRO | Pascal Cournoyer

Un violent accident survenu le 27 juin à l’intersection des routes 122 et 132 à Yamaska a relancé le débat entourant la dangerosité du secteur. Malgré des actions répétées par Québec afin d’améliorer la visibilité, trois citoyens jugent que la solution doit être un changement de signalisation.

Un des premiers à être intervenus à cet accident est le gérant de service chez Agritex, Serge Léveillée. L’entreprise, située à cette intersection, accueille dans son stationnement plusieurs voitures accidentées par année. Le 27 juin n’a pas fait exception : une van et une voiture sont entrées en contact, faisant deux blessés.

« C’est moi qui a appelé le 911, témoigne M. Léveillée. Le scénario est toujours le même : la van arrive de Sorel et vient prendre la 122. Quand tu arrives de la 122 et qu’il y a deux voies, tu te pointes le bout du nez pour voir si tu as le temps de passer, mais parfois, tu ne sais pas si tu as le temps. Alors des personnes s’engagent et ça frôle des accidents tous les jours. Même moi, qui suis habitué, je me fais pogner des fois. »

Selon M. Léveillée, le ministère des Transports du Québec (MTQ) ne peut pas garder le statu quo. « Il va falloir que ça change. Les vacances s’en viennent, ça va être pire. Déjà que ça brake souvent brusquement », conclut-il.

Quelques changements insuffisants

En mars 2015, le MTQ a coupé des arbres sur le terrain d’Hélène Laramée-Mondou, situé sur la route 132, afin d’améliorer la visibilité des automobilistes qui attendent sur la 122. Selon la propriétaire de la maison, la situation n’a pas changé depuis.

« Après avoir coupé les arbres, ils sont venus enlever les souches l’an dernier. Maintenant, je ne peux plus planter d’arbres sur mon terrain. Je ne sais pas ce que ça change, il y a encore eu un accident le 27 juin. Il y en a eu aussi dans le bout de Noël. Ça arrive tout le temps », se désole Mme Laramée-Mondou.

De plus, le MTQ a déplacé quatre panneaux sur la route 132 afin d’améliorer la visibilité des automobilistes. « Ça ne change rien non plus, ajoute-t-elle. Il faut avertir les gens sur la 122 qu’un stop s’en vient. Et il faut ralentir le trafic sur la 132. Sinon il va y avoir d’autres accidents. »

De son côté, Michel Jacques milite en faveur de l’installation d’un feu de circulation depuis plus de 25 ans. Celui qui réside sur la route 122 près du coin depuis plus de 40 ans applaudit le changement de place des panneaux et la coupe des arbres afin d’améliorer la visibilité, qu’il juge bonne. Mais il déplore que le MTQ s’entête à ne pas installer de feu de circulation.

« La solution est une lumière. Les gens sont impatients et téméraires. Ils ont beau couper des arbres ou déplacer des panneaux… Tant qu’ils ne disent pas aux gens d’arrêter ou de ralentir, ça va continuer », dénonce-t-il.

Serge Léveillée d’Agritex abonde dans le même sens. « C’est bien beau de couper les arbres et de changer les panneaux de place, mais tant qu’il n’y a pas de stop ou de lumière, on va continuer d’avoir des accidents dans notre cour », conclut-il.

Québec continue son analyse de l’intersection 122/132

Après avoir coupé des arbres en mars 2015, puis déplacé des panneaux de signalisation en janvier 2017, le ministère des Transports du Québec (MTQ) poursuit son analyse de l’intersection des routes 132 et 122.

« Le volet sécurité est très important au ministère. Une analyse de l’intersection est présentement en cours. L’échéancier n’est pas connu pour l’instant », commente la porte-parole du MTQ, Josée Séguin.

Mme Séguin estime que le débit journalier moyen annuel entrant de l’intersection, c’est-à-dire le nombre de véhicules croisant cette intersection chaque jour, est d’environ 7000.

Le MTQ analyse plusieurs facteurs avant de prendre une décision sur la dangerosité d’une intersection. « Nous ne sommes pas en attente de plaintes, nous sommes proactifs et nous colligeons des données en amont. Nous recevons aussi des demandes de citoyens ou de municipalités ainsi que des recommandations de coroner, ce qui nous pousse à analyser une intersection également », conclut Mme Séguin.

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