16 janvier 2018
Vingt ans après la crise du verglas
Des citoyens se souviennent d’une mobilisation historique
Par: Jean-Philippe Morin

La page frontispice du journal Les 2 Rives du mardi 13 janvier 1998 relate la mobilisation il y a 20 ans. (Photo : Jean-Philippe Morin)

La grande région de Sorel-Tracy a été épargnée durant la crise du verglas survenue du 5 au 9 janvier 1998, il y a exactement 20 ans. Cela n’a pas empêché plusieurs personnes de venir en aide aux villes avoisinantes dans ce que les principaux instigateurs de la démarche qualifient de mobilisation historique jamais égalée à ce jour.

Le maire actuel de Sainte-Anne-de-Sorel, Michel Péloquin, était déjà impliqué en politique au sein du Parti québécois à cette époque. Il a appelé le député en place en 1998, Sylvain Simard, le soir du 8 janvier tout comme ses attachés politiques, Nicole Plante et Yves-Étienne Banville.

« On s’est réunis au bureau de circonscription, relate M. Péloquin. Il y avait aussi le chef des pompiers Alain Rouleau, le maire de Sorel à l’époque Marcel Gauthier, des gens de Marine Industries… On ne pouvait pas rester les bras croisés. On était les mieux placés pour aider les villes de Saint-Hyacinthe, Saint-Pie, Saint-Jean-sur-Richelieu, etc. Des bénévoles des Chevaliers de Colomb ont aussi mis la main à la pâte. »

Dès le lendemain matin, le vendredi 9 janvier, la mobilisation a commencé. Un appel à l’aide sur les ondes de CJSO a tout déclenché.

« Ç’a eu un effet boule de neige. Des bénévoles se sont regroupés à la salle Desranleau jour et nuit. C’était impressionnant, ça rentrait de partout. Des épiceries fournissaient de la nourriture, des compagnies envoyaient du linge, des citoyens apportaient des cordes de bois; c’était un effort collectif sans précédent », raconte Michel Péloquin.

Des bénévoles étaient ensuite chargés de conduire des camions de Sorel à Saint-Hyacinthe ou dans d’autres villes afin de livrer tout le matériel. « C’était dangereux pour eux sur les routes, mais ils le faisaient sans broncher. Ils revenaient avec une liste de demandes et on se mettait à la tâche », ajoute le maire de Sainte-Anne-de-Sorel.

Alain Rouleau, qui était le chef des pompiers, avait quant à lui un rôle de coordination des bénévoles. Il se souvient que deux rencontres par jour étaient organisées afin de bien orchestrer toutes les actions.

« Au début, ça allait un peu n’importe comment. Il y avait beaucoup d’improvisation. Tout le monde voulait aider, les bénévoles voulaient bien faire, mais parfois, ils en faisaient plus que le client en demande. C’était un heureux problème. Il a donc fallu remettre de l’ordre dans tout ça pour que tout arrive à bon port. »

Deux semaines sans arrêt

Le tout a duré environ deux semaines, se souvient Nicole Plante, l’ancienne adjointe de Sylvain Simard .

« Je n’en revenais pas de voir les gens travailler jour et nuit, sans compter les heures. On partait à 1h du matin et on revenait à 7h le lendemain. C’était beau de voir qu’il n’y avait pas de politique en jeu. Même si Marcel Gauthier n’avait pas la même couleur politique que Sylvain Simard, on était tous une grande famille à ce moment. De la solidarité, je n’en ai jamais revu comme ça », se remémore Mme Plante.

Un soir, Nicole Plante a effectué un voyage à Saint-Hyacinthe afin d’aller porter du matériel avec les journalistes de CJSO à l’époque, Sylvain Rochon et Yanick Lévesque.

« C’était impressionnant de voir les fils à terre et à quel point il faisait noir partout. C’était comme une zone de guerre. À la fin des deux semaines, on a reçu plus de matériel des gens qu’on en a donné! Ce qu’on avait en surplus, on l’a donné au Centre d’action bénévole. C’est la preuve que les Sorelois ont été vraiment généreux », relate Mme Plante.

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