13 juin 2017
Des citoyens se plaignent de l’odeur de décomposition
Par: Deux Rives
Une dizaine de tas de fumier de volaille dégoûtent la locataire Céline Desjardins et ses enfants depuis quelques semaines. | Photo: TC Média - Jonathan Tremblay

Une dizaine de tas de fumier de volaille dégoûtent la locataire Céline Desjardins et ses enfants depuis quelques semaines. | Photo: TC Média - Jonathan Tremblay

Des résidents de Yamaska doivent composer avec une odeur immonde depuis un mois. Cette odeur est causée par des montagnes de fumier de volaille à l’arrière de leur résidence.

Ces buttes, regorgeant de carcasses de bestioles, sont situées à une centaine de mètres de la maison de Charles Cyr. Elles s’accumulent depuis le 12 mai. La terre avoisinante appartient au maire de la municipalité, Louis R. Joyal.

Lors d’une visite vers la fin mai, le journal a constaté l’odeur nauséabonde perceptible aux abords de la maison. De plus près, des bêtes en décomposition recouvertes de mouches étaient observables.

« Ç’a commencé plus loin, et là ça se rapproche, rapporte la locataire de la maison, Céline Desjardins. On n’est plus capable d’aller dans le spa ou encore d’étendre du linge. On ne peut même pas ouvrir les fenêtres. Quand il y a du vent, c’est encore pire. »

Selon elle, des animaux sauvages sortent de la forêt et rodent autour de ces déversements. Elle dit avoir aussi observé un gros oiseau semblable à un vautour s’en approcher.

Céline Desjardins craint pour sa santé et celle des enfants du voisinage qui s’amusent fréquemment derrière la maison. Elle habite cet endroit depuis 30 ans, mais jamais, selon elle, une telle situation n’est arrivée.

« Quelqu’un va s’empoisonner à respirer ça, mentionne-t-elle. […] Ça n’a pas de bon sens. »

La résidente a étalé la situation sur les réseaux sociaux le 30 mai. Depuis, les carcasses les plus apparentes ont été retirées. Lors d’une autre visite de notre journaliste le 8 juin, il a été permis de constater que l’odeur était un peu moins forte près de la maison.

Réactions du maire

La terre voisine est la propriété du maire de Yamaska, Louis R. Joyal, aussi agriculteur. Il confirme que les amas sont bel et bien sur son terrain et qu’ils lui appartiennent. Il dit s’être présenté sur les lieux pour constater la situation.

« Des carcasses, il n’y en avait pas tant que ça, juste quelques-unes, précise le maire. Normalement, c’est enfoui dans le fumier. C’est du fumier de poulets et de dindes. C’est du compost. On a retiré les carcasses qui n’étaient pas enfouies. »

Le fumier provient d’une ferme agricole. Il fonctionne de cette façon depuis des années, assure-t-il.

Selon lui, les odeurs ne sont pas aussi intenses que la plaignante le laisse croire, malgré ce que le journal a pu constater sur place. Il affirme que les tas se trouvent à un minimum de 250 mètres de la résidence.

« J’y suis allé et ce n’est pas si pire. De mon point de vue, ils ont dramatisé un peu. Chacun a droit à son opinion », conclut-il.

Encadrement et règlementation du MAPAQ

  • Le ministère de l’Agriculture, Pêcheries et Alimentation du Québec (MAPAQ) stipule que cette méthode peut être utilisée uniquement par un producteur avicole ou porcin, et ce, pour ses propres animaux seulement.
  • Le producteur doit détenir un permis pour exploiter un atelier d’équarrissage où il effectue le compostage de volaille, d’œufs ou de porc provenant exclusivement de son exploitation.
  • Il doit posséder une installation de compostage comportant une plate-forme bétonnée étanche, un toit avec corniches, des sections de compostage primaire et secondaire, une structure empêchant les animaux vivants d’y avoir accès.
  • Il doit tenir un registre indiquant des informations très précises.
  • L’utilisation ou l’élimination du compost produit dans l’installation doivent être conformes à la Loi sur la qualité de l’environnement et à ses règlements.
  • Le compostage de volaille ou de porc à la ferme est régi par le Règlement sur les aliments et par la Loi sur la qualité de l’environnement et ses règlements.
  • Peu importe le nombre d’années d’exploitation de la terre, les agriculteurs ne peuvent bénéficier d’une clause grand-père.
  • Selon le porte-parole du MAPAQ, Johan Dallaire-Boily, le fumier doit être étalé dans les jours qui suivent l’empilement.
  • Comme recours, un citoyen témoin d’une situation semblable peut déposer une plainte au MAPAQ.
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