1 décembre 2016
Des citoyens réclament d’être desservis par Sorel-Tracy
Par: Louise Grégoire-Racicot
Les pompiers sorelois ont mis six minutes seulement, décrit M. Woods, à se rendre, montée Sainte-Victoire, le 22 novembre dernier, pour éteindre le feu qui ravageait un véhicule. | Photo: TC-Média - Pascal Cournoyer

Les pompiers sorelois ont mis six minutes seulement, décrit M. Woods, à se rendre, montée Sainte-Victoire, le 22 novembre dernier, pour éteindre le feu qui ravageait un véhicule. | Photo: TC-Média - Pascal Cournoyer

Des citoyens de Sainte-Victoire-de-Sorel font circuler une pétition exigeant que le Service de sécurité incendie de Sorel-Tracy les desserve au lieu de celui de Saint-Ours, comme le conseil municipal l’entend.

Jean-Charles Éthier, est formel: « J’ai subi en 2012 un infarctus. Je sais combien une minute est importante dans la survie de quelqu’un. Le temps de réponse entre le Service d’incendie de Sorel-Tracy est de quelques minutes plus court que celui de Saint-Ours. »

La sécurité des gens serait ainsi mieux garantie, fera-t-il valoir au conseil, en assemblée régulière, le lundi 5 décembre.

« C’est vrai qu’il y a une économie financière à faire. Mais s’ajouteront d’autres coûts : prix du camion, certification des pompiers, ententes pour pinces de désincarcération, etc. », évoque-t-il.

« Je ne comprends pas que les citoyens n’aient pas été consultés avant que la décision soit prise. Il importe d’avoir un excellent service et nous l’avions. »

Ils sont quatre – dont son fils Hugo, pompier de Sorel-Tracy – à faire signer la pétition.

Le 5 décembre, des citoyens manifesteront, dès 18h devant le bureau municipal pour réclamer que le conseil renonce à ce changement.

Des visions s’affrontent

Cette décision en est une financière, insiste le maire Jean-François Villiard qui s’engage à répondre à toutes les interrogations des citoyens. Elle aussi en être une de valeur, réplique le directeur du Service de Sécurité incendie de Sorel-Tracy, Carl Woods.

« Nous avons choisi Saint-Ours en pensant à la sécurité des gens et au prix à payer pour l’assurer », explique M. Villiard.

Sainte-Victoire répond toujours aux exigences des assureurs, dit-il, avec ses bornes-fontaines à moins de 500 pieds des résidences. « La nouvelle caserne sera à 8 km du centre du village, face à l’ancienne. Les pompiers de Saint-Ours ont reçu la même formation que ceux de Sorel-Tracy. »

Sorel-Tracy a toujours offert un bon service : ses temps de réponse en témoignent, dit-il, et le service compte plus de pompiers à temps plein qu’avant. « Mais le coût à payer me dérange. »

En 2016, la facture s’est élevée à 376 000$ pour 16 sorties, dont des fausses alarmes. Plus de 28 000$ d’ajustements en sus. En 2017, elle s’élève déjà à 410 000$, décrit-il.

« Les municipalités consacrent 5% à 7% de leur budget à la sécurité incendie, il m’en coûte 13%. Ce n’est pas normal. Même Saint-Ours et Saint-Roch, qui ont leur propre service, y consacrent 6,5% à 7,5% de leur budget. Nous n’avons pas pris cette décision à la légère», conclut-il.

Un service efficient

De son côté, M. Woods est catégorique : son service est efficient. « Une municipalité desservie est assurée de la rapidité d’intervention, du nombre suffisant de pompiers disponibles en tout temps et de leur efficacité. »

Le service répond aux critères prescrits par le ministère et à ceux du schéma de couverture de risque: 10 pompiers autonomes sont sur les lieux en 15 minutes. Une valeur pour laquelle les municipalités payent, insiste-t-il.

Ses temps de réponse sont plus rapides que ceux de Saint-Ours, glisse-t-il.

« Je comprends que cela coûte cher. Mais le service le justifie. »

Cette décision chamboule bien des choses, dit-il. « Nous avons des mandats et des objectifs clairs donnés par le ministère et les municipalités. Nous avons pris les moyens d’y arriver. J’ai même demandé au ministère de valider que les frais chargés étaient exacts. La facture est équitable pour tous. »

Il se dit fâché que Sainte-Victoire n’ait pas cherché à discuter avec lui. « J’ai appris la nouvelle par le journal! »

À la MRC de Pierre-De Saurel, en révision de son schéma de couverture de risques, on refuse de commenter cette situation.

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