18 juillet 2016
Des citoyens critiquent l’achat de deux bâtiments par la municipalité
Par: Julie Lambert
L’ancienne caisse a été achetée par la municipalité de Saint-Roch-de-Richelieu dans l’espoir d’y ouvrir un bureau médical. | PG PhotoGraphePascal Gagnon

L’ancienne caisse a été achetée par la municipalité de Saint-Roch-de-Richelieu dans l’espoir d’y ouvrir un bureau médical. | PG PhotoGraphePascal Gagnon

Plusieurs citoyens de Saint-Roch-de-Richelieu ont critiqué la décision du conseil municipal d’acheter deux bâtiments dans les derniers mois. Il s’agit de dépenses inutiles, selon ces contribuables, alors que la municipalité affirme que le besoin est criant.

Le conseil municipal acquerra l’ancienne caisse Desjardins pour 171 587$, située au 386, rue Principale. Cette somme sera prise dans le budget général de la municipalité. Un montant de 42 500$ sera déboursé à la signature de l’acte de vente et par la suite des versements consécutifs et égaux de 25 817,40$ seront effectués chaque année pendant cinq ans.

La municipalité a également autorisé, en juillet, l’achat d’un autre immeuble, situé au 665 rue Principale, au prix de 250 000$. Le montant sera pigé dans le surplus accumulé d’environ 444 420$ de la municipalité.

Résidente de Saint-Roch-de-Richelieu, Linda Normandeau a été consternée d’apprendre ces achats ainsi que l’octroi d’un contrat d’entretien à une entreprise pour l’ancienne caisse qui demeurera vide pendant plusieurs mois. Elle juge que la municipalité devrait investir ailleurs.

« Nous avons été mis devant le fait accompli. La municipalité n’a jamais avisé les citoyens de ses intentions. Est-ce que les élus se sont demandé si c’est ce que veulent les citoyens? On vit présentement un exode de la population. En 14 ans, je n’ai jamais vu autant de maisons à vendre. C’est alarmant et ces achats n’étaient pas nécessaires. On voudrait que notre argent serve à autre chose », plaide-t-elle.

Les résultats de Saint-Roch-de-Richelieu dans le Palmarès des municipalités publiés par HEC Montréal démontrent un problème de gestion, affirme Mme Normandeau alors qu’on y estime le coût moyen des services municipaux 32,5% plus cher que dans des municipalités de même taille au Québec.

Des opportunités à saisir

Du côté de la municipalité, le maire Claude Pothier souligne que le bâtiment de l’ancienne caisse populaire, abritant un guichet automatique et un comptoir postal, pourrait servir à l’instauration d’un bureau médical. Il n’a toutefois pas voulu en dévoiler davantage. L’autre bâtiment servira de nouveau garage municipal.

« La caisse nous a fait une offre qu’on ne pouvait pas refuser. Cela maintient nos services et si notre projet ne fonctionne pas, on pourra le revendre. Nous avions un semblant de garage et de plus en plus d’équipement. On a expliqué aux citoyens qu’on était dû pour prendre des décisions. »

Après avoir assisté à la dernière assemblée, Mme Normandeau a instigué un mouvement afin de former un comité citoyen. Plusieurs personnes ont déjà répondu « présent » et une première rencontre aura lieu le 20 juillet.

« On sent une certaine insatisfaction de la population pour la gestion des fonds publics. J’ai trouvé que cela n’a pas de sens ce qui se passe au niveau décisionnel. Les citoyens doivent se lever et poser des questions tout en laissant la chance à nos dirigeants de donner les informations », explique la citoyenne.

S’il voit de bon œil le désir des citoyens de s’impliquer, le maire Pothier souligne que la municipalité a toujours été transparente et qu’ils sont peu nombreux à assister à leurs réunions mensuelles.

« Plus on aura de monde, mieux ce sera. Les informations sont toutes disponibles. On ne peut pas demander l’opinion des citoyens chaque fois qu’on prend une décision. On nous a élus pour les prendre et mettre des actions en place. »

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