21 avril 2015
Des bénéficiaires ne reçoivent pas de bains
Par: Sarah-Eve Charland
Le vice-président du syndicat CSN, Martial Charreton, déplore l’immobilisme du CSSS Pierre-Boucher face à la problématique du manque de personnel au CHSLD Lajemmerais et de Contrecœur.

Le vice-président du syndicat CSN, Martial Charreton, déplore l’immobilisme du CSSS Pierre-Boucher face à la problématique du manque de personnel au CHSLD Lajemmerais et de Contrecœur.

Des préposés syndiqués n’ont pas donné de bains à des bénéficiaires aux centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) de Contrecœur et Lajemmerais (Varennes) à plusieurs reprises depuis le mois d’août. Ils blâment ainsi la direction qui ne remplacerait pas le personnel manquant, selon eux.

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Le syndicat CSN du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) Pierre-Boucher a été averti de cette situation pour la première fois en août 2014. Quand une personne ne peut se présenter au travail, elle n’est pas remplacée, causant ainsi plusieurs conséquences dans le fonctionnement du centre, dit le syndicat.

Plusieurs bénéficiaires n’ont pas leur bain hebdomadaire ou les repas sont retardés parce qu’il manque de personnel, clament les syndiqués. Entre le 12 et le 17 avril, le syndicat a constaté qu’il manquait du personnel à cinq reprises.

« Ce sont les bénéficiaires qui paient. La plupart d’entre eux ont des problèmes cognitifs. Ils ne s’en rendent même pas compte », déplore le vice-président du syndicat CSN, Martial Charreton.

Deux préposés sont présents en tout temps auprès des bénéficiaires à Contrecœur et cinq préposés s’occupent du département de gériatrie. Pourtant, un employé a dû se débrouiller seul en psychiatrie à quelques reprises, alors que le département de gériatrie a aussi manqué d’effectifs maintes fois, selon M. Charreton.

Il ajoute qu’il a relancé à plusieurs reprises la direction du CSSS pour que des actions soient entreprises afin de combler le manque d’effectifs. Il a fait deux suggestions à la direction dans ce sens.

La première proposition concerne la formation de personnel. La deuxième est de se conformer à la convention collective qui indique que l’employé est à la disposition de l’employeur pour les neuf premiers mois de l’embauche.

« On veut donner des pistes de solution, mais l’employeur ne bouge pas », ajoute-t-il.

Une préposée à bout de souffle

Les préposées aux bénéficiaires sont à bout de souffle. « On fait notre métier parce qu’on a à cœur la santé de nos résidents. On quitte le travail en étant insatisfaits. On a l’impression d’avoir failli à notre travail », affirme l’une des employées du centre d’hébergement.

Au départ, un des départements avait pour vocation d’héberger des résidents autonomes. Au fil des ans, les usagers ont perdu leur autonomie. Toutefois, les ressources n’ont pas augmenté.

« La direction gère comme si c’était du matériel. On ne travaille pas avec des boîtes de conserve. On travaille avec des humains », ajoute-t-elle.

La direction se fait rassurante

La direction du CSSS Pierre-Boucher ne nie pas les absences de remplacements qui ont pu se produire. Toutefois, elle dresse un portrait beaucoup moins alarmant.

« On prend toutes les mesures pour rendre les centres autosuffisants », assure la directrice adjointe des communications, France Descôteaux.

Durant les 11 derniers mois, le centre a enregistré qu’il ne manquait une préposée qu’à deux occasions sur 308 quarts de nuit. Pour ce qui est des quarts de jour, le centre a enregistré qu’il manquait du personnel à 18 reprises.

Lorsqu’un bénéficiaire ne reçoit pas de bain pendant une journée, la direction demande à du personnel supplémentaire d’entrer au travail le lendemain pour donner les bains aux bénéficiaires qui n’ont pas été lavés, ajoute Mme Descôteaux.

Le vice-président du syndicat affirme ne pas constater cet état de fait sur le terrain. Si l’équipe est complète le lendemain de la problématique, les préposées, si elles ont le temps, donneront des bains partiels à l’aide de débarbouillette.

Au cours des derniers mois, deux préposées aux bénéficiaires ont été ajoutées à la liste de rappel et engagées pour combler ce manque. Il est toutefois difficile d’avoir plusieurs personnes sur la liste de rappel, spécifie Mme Descôteaux.

Le syndicat organise une manifestation symbolique le 1er mai prochain. Les employés formeront une ligne de piquetage aux deux centres simultanément à Contrecœur et Varennes.

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