10 novembre 2020
Des artistes se questionnent sur leur futur au Centre Sacré-Cœur
Par: Katy Desrosiers

L’artiste Karine Bergeron est reconnue pour ses toiles grand format. Photo Katy Desrosiers | Les 2 Rives ©

La pandémie et le confinement ont fait mal financièrement aux artistes. Avec la hausse prévue pour les loyers au Centre Sacré-Cœur, des artistes songent à quitter leur local, alors que d’autres souhaitent un report des hausses.

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Karine Bergeron y loue un local seule depuis 2015. Auparavant, elle en partageait un. Les derniers mois l’ont amenée à réfléchir à son futur. Elle s’est réinscrite à l’université pour trouver un métier lui permettant de mieux gagner sa vie.

Elle souhaiterait garder un pied dans l’art, mais se demande si cela vaut la peine de conserver son atelier. Si elle le laisse tomber, il lui sera difficile d’en trouver un autre aussi adapté, avec un bon éclairage, une bonne superficie et un plafond assez haut pour faire entrer ses toiles grand format.

« J’étais choyée d’avoir ce local-là », précise-t-elle.

Ce n’est pas la première fois qu’elle songe à quitter. Parmi les points analysés, elle note le fait que le bâtiment soit inaccessible en dehors de certaines heures et les fins de semaine l’été. L’artiste croit que la Ville a sûrement de bonnes raisons d’augmenter les loyers, mais ce facteur influencera tout de même sa décision. Si elle partageait son local ou si l’Internet était inclus, elle pencherait davantage pour rester.

La plus forte hausse

Daniel Cournoyer est l’artiste qui a enregistré la plus forte hausse. Bien qu’il profite d’un local spacieux qui représente près du double des autres ateliers d’artistes, il fait valoir que le fait d’être au sous-sol lui a valu d’être inondé à deux reprises au cours des deux dernières années. Heureusement sans subir de dommages.

« J’aurais accepté une augmentation de 10 %. Parce que ça faisait deux ans qu’on n’en avait pas eue, mais là, c’est beaucoup trop d’un seul coup. Je vais rester pour cette année. Parce que c’est beaucoup trop tard, mais après je vais m’en aller, prévoit-il. Des augmentations d’une telle envergure me semblent irraisonnables. Le tôt d’inflation est très bas, il n’y a pas eu d’amélioration majeure sur la propriété. »

« J’avais déjà regardé pour une place avec un appartement en haut et un magasin en bas, mais j’avais finalement laissé faire. Parce que je suis bien où je vis, mais si on m’avait dit ça avant, j’aurais peut-être pensé à mon affaire et fait les choses autrement », ajoute-t-il.

Un report plutôt que des subventions

La naturothérapeute Sylvie Demers y est aussi locataire. Elle comprend que la Ville souhaite uniformiser les baux, mais avec les restrictions du gouvernement entre autres concernant le nombre de personnes admises dans les locaux, la hausse passe plus difficilement.

Les projets qu’elle réalise dans son local ne sont pas liés à sa source principale de revenu. « Je comprends que les locataires, où c’est leur source de revenus, sont beaucoup plus touchés et choqués. Par contre, moi aussi ça ferait mon affaire s’ils reportaient la hausse plus loin. On est encore en pandémie », mentionne-t-elle, en précisant que ses moyens financiers sont, comme plusieurs, plus restreints.

Après avoir soutenu de petites entreprises de la région, elle avance que cette action serait pour la Ville un moyen d’aider les locataires du Centre au lieu de leur donner de l’argent ou des subventions.

Un loyer abordable malgré la hausse

Stéphanie Brunelle alias Bouclette la fée, est locataire du Centre Sacré-Cœur depuis trois ans. Selon elle, le prix de son loyer avait peut-être déjà été ajusté lors de la première entente. Elle considère que dans son cas, la hausse n’est pas trop élevée. « Je trouve normal que tout soit plus équitable entre tous les organismes. Malgré cette augmentation, cela me permet d’avoir un loyer abordable, ce qui m’aide à poursuivre mes projets », souligne-t-elle.

Avec la collaboration de Sébastien Lacroix

 

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