20 décembre 2017
Centre animalier Pierre-De Saurel
Des animaux sauvés de justesse d’une mort certaine
Par: Julie Lambert

Willy est un des rescapés de l'appartement après que ses propriétaires soient disparus. (Photo : Julie Lambert)

Laissés à eux-mêmes depuis plusieurs jours dans un appartement du Vieux-Sorel, des animaux ont survécu grâce à un signalement d’une citoyenne à la police. Il était toutefois trop tard pour l’un d’eux, prisonnier de sa cage. Il est décédé avant l’intervention du Centre animalier Pierre-De Saurel (CAPS), le 18 décembre.

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La directrice générale du CAPS, Karine Marcotte, est encore toute retournée par la découverte des animaux dans l’appartement en début d’après-midi. Selon leurs informations recueillies, les propriétaires seraient partis en laissant deux chiens, deux chats et un lapin en plus de poissons dans l’appartement avec une indication à un voisin de les nourrir.

« On nous a dit que les animaux étaient seuls depuis 15 jours. Mais à notre arrivée, on a estimé que la négligence durait depuis beaucoup plus longtemps. Les lieux étaient très insalubres avec des excréments sur le plancher. Les animaux étaient aussi dans un piteux état », se désole Mme Marcotte.

Willy, un chien de petite race, était complètement aveugle en raison des saletés et des excréments qui le recouvraient. Il était affamé et apeuré, a pu constaté l’équipe du CAPS, tout comme un chat qui a été récupéré. Tous les animaux ont été pris en charge par l’organisme.

Une souffrance inimaginable

L’équipe n’était toutefois pas au bout de ses peines puisqu’un des chats signalé était introuvable. Mme Marcotte a finalement fait la macabre découverte dans la chambre principale. Un autre chien, Rocky, se trouvait immobile dans sa cage. L’animal a tenté en vain de ronger la cage pour sortir, mais aussi de manger des vêtements autour pour survivre.

« C’est une des situations les plus difficiles que j’ai vécue. Il est décédé de soif et de faim. Il est impossible de s’imaginer à quel point l’animal s’est débattu pour sortir de sa cage et comment il a dû souffrir parce que ses efforts n’ont pas été entendus. Je trouve ça terrible », se désole-t-elle.

La directrice générale souligne que les voisins étaient au courant de la situation. Mme Marcotte croit que la sensibilisation est importante puisque cela aurait permis de sauver la vie de Rocky.

« Si les gens voient leurs voisins qui ont des animaux partir pendant une très longue période, ils doivent signaler. Le problème avec le cas de Rocky, c’est qu’on ne nous a pas appelés assez tôt. Cela aurait permis que Rocky ne meure pas », croit-elle.

Le dossier a été déposé à la Sûreté du Québec et à la Société protectrice des animaux de Montréal.

L’équipe du CAPS s’attelle à la tâche de réhabiliter et de donner les soins nécessaires aux animaux rescapés. Mme Marcotte espère ne plus voir ce genre de cas dans sa carrière.

« Le gouvernement n’a pas encore assez bougé. Nous n’avons toujours pas assez d’inspecteurs. Il y a des choses qui n’ont pas été prises en main comme cela devait l’être avec la nouvelle loi sur le bien-être animal. Nous aurions pu éviter ce drame. Nous sommes arrivés juste à temps. Willy est notre petit miracle de Noël », conclut la jeune femme.

Depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle loi, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) a embauché des inspecteurs, soulignait dans les pages du journal Les 2 Rives son porte-parole, Yohan Dallaire Boily. On dénombre 15 inspecteurs qui traitent les plaintes qui proviennent autant des citoyens que des organismes.

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