24 septembre 2018
Démolition du Bazar 109 Victoria : le propriétaire s’insurge contre la Ville
Par: Jean-Philippe Morin

Mario Beauvais se bat afin que son commerce du 109, rue Victoria ne soit pas démoli. (Photo : Jean-Philippe Morin)

Mario Beauvais, qui a reçu un avis de démolition de son commerce du 109, rue Victoria, dénonce que la Ville de Sorel-Tracy ne lui a pas spécifié la nature des travaux à effectuer avant de lui envoyer une mise en demeure, ce que nie catégoriquement le maire Serge Péloquin.

L’homme qui opère son bazar depuis environ cinq ans a publié une vidéo rapidement devenue virale sur Facebook, consultée par plus de 15 000 personnes. Dans celle-ci, il dénonce pendant une dizaine de minutes ce qu’il considère une injustice.

« Chaque fois que je demandais ce qu’il fallait que je fasse sur ma bâtisse, je n’ai pas eu de réponse », déplore Mario Beauvais, en entrevue.

Le 16 avril, une résolution adoptée unanimement par tous les conseillers relatait que le bâtiment était non conforme au règlement concernant la salubrité et l’entretien des bâtiments, que son propriétaire avait reçu plusieurs avis d’infraction et qu’aucun correctif n’a été apporté au bâtiment. Des procédures ont donc été entreprises par une avocate à cette date afin d’obtenir une ordonnance de démolition. Cette ordonnance a été livrée le 15 août. La mise en demeure indiquait que M. Beauvais avait 30 jours afin de démolir le bâtiment, ce qui n’a toujours pas été fait puisque des avocats sont encore dans le dossier.

« […] [L]’immeuble […] est non entretenu et constitue un danger pour la santé et la sécurité de ses occupants et du public en général. […] Nous considérons que le bâtiment a perdu plus de 50% de sa valeur, […] il y a lieu de procéder à la démolition de l’immeuble », peut-on lire dans cette mise en demeure.

Du matériel partout

Lors de la visite du journal, il a été permis de constater que beaucoup de matériel se retrouvent autant à l’intérieur qu’à l’extérieur du bâtiment. M. Beauvais a voulu démontrer que la structure du bâtiment ne représentait néanmoins aucun danger d’effondrement.

« C’est vrai que je reçois beaucoup de stock, j’en reçois tous les jours et je l’admets. C’est difficile pour moi de me conformer à ça, je vais toujours avoir de la difficulté là-dessus. Mais de là à dire que la santé du monde est en danger et que tout risque de s’écrouler, c’est tiré par les cheveux. Elle n’est pas dangereuse, la bâtisse », dénonce M. Beauvais.

« Il n’y a pas de champignon là-dedans, pas de coquerelle, pas de punaise. Les fenêtres et les balcons ne vont pas tomber », dit-il dans sa vidéo.

Le propriétaire se dit prêt à effectuer des travaux, mais il veut une demande claire de la Ville à son endroit. « Je ne veux pas démolir, je vais tout perdre. Vous voulez que je fasse quoi? Changer le vinyle? Refaire le toit? C’est la seule chose que je vois qui mérite d’être réparée et si on me le demande, je vais le faire le toit. La structure est encore bonne. C’est absurde de vouloir démolir », avance-t-il.

Plaintes de citoyens

La Ville de Sorel-Tracy dit avoir reçu plusieurs plaintes de citoyens au sujet du bâtiment en question. Elle s’est appuyée sur le règlement 2209 concernant l’entretien et l’insalubrité pour justifier l’envoi d’une mise en demeure.

« Le bâtiment n’est plus chauffé, n’est plus entretenu. Il se détériore d’année en année. On a un devoir de sécurité envers nos citoyens. C’est pourquoi notre département d’urbanisme a envoyé une lettre par huissier au propriétaire », explique le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin.

M. Péloquin souligne qu’à plusieurs reprises, la Ville a tenté de s’entretenir avec M. Beauvais sur la nature des travaux à effectuer, mais qu’elle s’est butée à une fin de non-recevoir.

« Dans l’optique qu’on n’a pas été capables d’entretenir des discussions avec lui, on a demandé à un juge de s’en mêler. Le propriétaire n’a pas recommuniqué avec nous. C’est donc le juge qui décidera s’il y aura une démolition ou non », souligne le maire.

Si la situation ne se règle pas en sa faveur, M. Beauvais considère quitter la région. « Je n’ai plus envie de rester ici après tout ça », conclut-il.

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