7 juillet 2020
Démarrer un commerce en pleine pandémie, un risque bien calculé
Par: Jean-Philippe Morin

Peter Giannopoulos a décidé d’écouter son cœur et se diriger en restauration, sa passion, avec l’ouverture de la Pizzéria Sorrento au 41a, rue du Roi à Sorel-Tracy. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Martin Rousseau a flairé une opportunité d’affaires malgré la pandémie et ouvrira le Body Gym d’ici quelques jours au 251, boulevard Fiset à Sorel-Tracy. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Peter Giannopoulos et Martin Rousseau ont des intérêts différents, mais ils ont au moins un point en commun : ils sont deux entrepreneurs ayant démarré leur commerce en pleine pandémie.

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M. Giannopoulos a démarré la Pizzéria Sorrento il y a un mois sur la rue du Roi. M. Rousseau ouvrira son centre d’entraînement, le Body Gym, au cours des prochaines semaines. Les deux hommes disent avoir flairé la bonne affaire pour démarrer en ce moment plutôt qu’après la pandémie.

Alors que plusieurs commerces ferment plutôt leurs portes depuis les derniers mois, voici le portrait des deux hommes d’affaires qui ont démarré leur projet en pleine crise.

Un rêve de jeunesse

Les noms « Giannopoulos » et « Sorrento » sonnent une cloche à plusieurs Sorelois. Gregory Giannopoulos a été copropriétaire avec ses frères du restaurant Sorrento dans les années 80, à l’emplacement de l’actuel Milano sur le boulevard Marie-Victorin. Aujourd’hui, c’est son fils Peter qui a décidé de perpétuer la tradition en ouvrant le restaurant avec le même nom, cette fois sur la rue du Roi à Sorel-Tracy.

Pourtant, Peter Giannopoulos n’était pas destiné à une carrière en restauration. Lors du Jour de l’An, il a pris une résolution importante : faire ce qu’il aime dans la vie.

« J’étais en informatique chez Desjardins depuis huit ans, mais ce n’était pas ma passion. Je gagnais un bon salaire, j’avais des vacances et tout, mais j’ai toujours voulu me lancer dans la restauration. J’ai donc remis ma démission le 18 janvier, puis j’ai loué un local à Sorel afin de poursuivre dans les traces de mon père », explique Peter Giannopoulos.

Le résident de Laval n’a pas choisi de s’installer à Montréal ou dans sa banlieue pour des raisons de coûts de loyer, mais aussi et surtout par amour pour la région.

« Je connaissais la région pour y avoir habité pendant cinq ou six ans quand j’étais plus petit. Quand je suis revenu, c’était comme des retrouvailles. J’ai toujours aimé le coin, les gens sont sympathiques », souligne l’entrepreneur.

Commencer ses activités pendant la pandémie comportait certainement des risques, reconnaît Peter Giannopoulos, qui a ouvert ses portes à la mi-mai.

« J’avais déjà signé le bail [avant la pandémie] et j’ai eu assez de misère à avoir mes permis. Je me suis donc dit que j’allais commencer avec des plats pour emporter. Présentement, ça va super bien, plus que je pensais même! J’ai commencé avec un four et je suis en train de m’équiper pour en avoir un troisième en plus d’avoir une nouvelle table à pizza de huit pieds », explique-t-il.

Présentement, l’homme de 41 ans s’équipe afin de commencer la livraison « vers la mi ou fin juillet ». L’ouverture de la salle à manger viendra par la suite, même si présentement, les clients peuvent manger à l’intérieur sans service aux tables.

« On ne sait pas si une deuxième vague va survenir. Si on met la livraison en place, ça va rester. Pour l’ouverture de la salle à manger, c’est moins sûr. On fonctionne donc par priorité », avance-t-il.

Peter Giannopoulos se dit fier d’avoir suivi les traces de son père Gregory. « J’ai des recettes qui datent de 1986 inscrites sur un napperon. Ce sont les mêmes que j’utilise. J’ai aussi gardé une plaque commémorative datant de 1988 donnée par des employés quand mon père a vendu ses parts à son frère. Je l’affiche fièrement pour montrer aux gens que c’est le vrai Sorrento qui est de retour », conclut l’entrepreneur.

Un gym multifonctionnel

Martin Rousseau possède déjà trois compagnies en construction. Ce n’est donc pas parce qu’il avait du temps à « tuer » qu’il travaille activement à implanter un nouveau centre d’entraînement, le Body Gym, au 251, boulevard Fiset, soit à l’ancien emplacement du Multiforme.

« En tant qu’entrepreneur, je vois plus facilement les opportunités d’affaires. Il y en a qui disent que c’est pendant les guerres ou les pandémies que certains ont fait leur fortune! Disons que j’ai eu une bonne opportunité en rachetant un gym qui était en train de fermer à l’extérieur en raison de la COVID-19 », expose M. Rousseau.

« Je viens d’ici et j’aime faire rouler l’économie de la région. Si j’ai la chance de participer à cette relance et faire travailler un peu de gens, ça va être mission accomplie », ajoute-t-il.

L’homme de 44 ans s’entraîne depuis plus de 20 ans à Sorel-Tracy. Il continuait de s’entraîner au Multiforme, mais lorsqu’il a constaté qu’Énergie Cardio était en difficulté, il a voulu bonifier et surtout diversifier l’offre des gyms dans la région.

« D’un côté, il y aura un gym et de l’autre, une école de boxe. Nous aurons des entraîneurs de boxe certifiés et la clientèle pourra s’y retrouver parce qu’on va tout offrir, que ce soit du padding, du sac et de la mitaine d’un côté ou du cardio et de la musculation de l’autre côté », avance M. Rousseau, qui va aussi intégrer quelques cabines de bronzage et un menu santé avec des plats préparés pour emporter ou consommer sur place.

« Même quand Énergie Cardio va rouvrir, il va y avoir de la place pour tout le monde! On va tous avoir des styles différents. Ça va être diversifié. Mon but est de faire ça multifonctionnel pour que ça rejoigne le plus de gens possible », ajoute-t-il.

Même si la pandémie a frappé fort dans les derniers mois, Martin Rousseau constate que la demande pour s’entraîner est présente plus que jamais. Surtout que les gyms ont seulement rouvert le 22 juin, lors d’une des dernières phases de déconfinement.

« Comme plein de gens, ça fait quatre mois que je n’ai pas été dans un gym à cause de la pandémie. Depuis que j’ai fait l’annonce de l’ouverture de mon gym sur Internet, j’ai reçu au-dessus de 500 messages de gens qui veulent venir s’abonner. Ils ont hâte que ça rouvre, ils me demandent des prix. Ça prouve que j’ai fait un bon choix et que le timing est bon », se réjouit-il.

Martin Rousseau espère ouvrir ses portes vers la mi-juillet.

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