17 juillet 2015
Découvrir Germaine Guèvremont au Biophare
Par: Louise Grégoire-Racicot
Mme Guèvremont et les personnages du Survenant incarnés à la télé par Jean Coutu et au cinéma par Jean-Nicolas Verreault. | TC Média - Gracieuseté

Mme Guèvremont et les personnages du Survenant incarnés à la télé par Jean Coutu et au cinéma par Jean-Nicolas Verreault. | TC Média - Gracieuseté

Visiter l’exposition « Germaine Guèvremont et le Survenant », au Biophare, c’est comme pénétrer dans un univers à la fois connu et inconnu.

Bien sûr, on connait Mme Guèvremont. Comme on connait le Survenant, son héros le plus populaire qui est devenu, par la magie de la télé, un personnage mythique.

Il est bien présent d’ailleurs, dans cette exposition, le Survenant dont on voit la veste – un artéfact tiré de la collection du Sorelois Denis St-Martin. Mais, si on en croit l’auteure, il est aussi en chacun de nous.

« Chacun porte en soi un Survenant », a déjà dit Mme Guèvremont, levant le voile sur son héros. « C’est l’évasion. C’est tout ce que l’on voudrait faire et qu’on n’accomplit pas », a-t-elle confié dans un documentaire sur elle que l’on peut voir sur une télé première génération.

Voilà une petite phrase qui prépare l’esprit à voir autrement cette auteure pendant qu’on lui rend visite.

Encore une fois, c’est Anne-Marie Dulude qui a conçu l’exposition, fort riche malgré l’exiguïté du local dans lequel elle s’étale. Mme Dulude, inspirée par plusieurs lectures sur l’auteure, a bien traduit l’essence de son propos.

« Ce projet d’exposition m’a donné l’occasion d’apprécier davantage l’œuvre de cette auteure et de mieux en saisir toutes les subtilités. À travers mes recherches, j’avais l’impression de mieux comprendre non seulement l’envergure de cette œuvre, mais aussi l’auteure et sa quête. »

Lorsqu’une expo est lancée, Anne-Marie Dulude se sent un peu triste de laisser aller son projet. Comme s’il lui échappait, dit-elle. « En même temps, je souhaite vraiment que les visiteurs l’apprécient. »

Qui était donc Germaine Guèvremont?

L’expo permet de découvrir une Germaine Guèvremont, mère d’abord puis journaliste et, sur le tard (dans la cinquantaine), écrivaine. De l’aimer même.

On y rencontre cette enfant sauvage – Manouche – née dans les Laurentides, mais venue à Sorel en 1920 où son mari, le Sorelois Hyacinthe Guèvremont lui fait découvrir les îles, la vie, les occupations et loisirs de ses habitants.

On trouve aussi une jeune femme réservée et modeste, mais pourtant déterminée. Puis une journaliste dont les histoires qu’elle rapporte donneront vie à des romans qui ont su séduire les lecteurs à travers le monde.

Ainsi à travers les grandes lignes de sa biographie, on retrace les éléments qui ont donné naissance à une œuvre riche. On apprivoise la femme qui a accouché du Survenant. On sent sa force comme sa vulnérabilité, à travers sa famille, les épreuves qu’elle a vécues. Mais surtout par le biais de ses propres mots.

On peut aussi se rappeler, le sourire aux lèvres, à partir de photos tirées du téléroman comment le Survenant donnait le droit de rêver. Comme on peut aussi s’asseoir sur les vieilles chaises de bois de neuf différents personnages que Mme Guèvremont a créés dans son téléroman. Des textes permettent de mieux les connaître. Des photos nous les rappellent.

On peut aussi presque toucher du doigt la vieille dactylo de l’auteure, symbole classique des écrivains de cette époque, s’il en est un. Comme on a la nette impression de vivre, l’espace de la visite, dans le décor enchanteur des îles de Sorel qui a inspiré l’écrivaine.

On ressort de ce décor inventé, calme et serein. Satisfait d’avoir croisé cette grande dame des îles et de la littérature.

L’expo se poursuit jusqu’en décembre prochain

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