26 avril 2016
De nouveaux retards dans la livraison du marché Richelieu
Par: Louise Grégoire-Racicot
On remplacera aussi la brique qui recouvre tous les murs extérieurs du marché par une brique semblable. | Photo TC Média - Pascal Cournoyer

On remplacera aussi la brique qui recouvre tous les murs extérieurs du marché par une brique semblable. | Photo TC Média - Pascal Cournoyer

Pour la troisième fois, l’inauguration de la salle de spectacle Georges-Codling du centre-ville de Sorel-Tracy est reportée. À l’automne 2017 cette fois. On lance cette semaine les appels d’offres pour la rénovation de la salle et de son bâtiment, le marché des arts Desjardins, mieux connu comme le marché Richelieu.

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Mais, assurent le maire Serge Péloquin et Marie-Josée Bourbonnais, directrice générale d’Azimut diffusion qui gère le projet, tout sera réalisé à l’intérieur du budget prévu de 8 M$, sans dépassement de coûts.

Y arriver a exigé de repenser le projet, explique Mme Bourbonnais, une fois que les soumissions déposées en décembre 2014 aient été de près de 1 M$ de plus qu’estimé. En l’acceptant, on aurait pu terminer les travaux au printemps 2016.

Mais la Ville et Azimut diffusion tenaient mordicus au respect du budget, quitte à reporter la fin des travaux. Et ce, même si le ministère de la Culture, qui avait déjà consenti injecter 5,2 M$ au projet, offrait d’en ajouter 200 000$, à la condition que la Ville en mette au moins autant.

Ce que le conseil a refusé spontanément, explique M. Péloquin. « La Ville peut injecter 1,4 M$, pas un sou de plus. » Ce que les citoyens lui ont accordé par référendum, le 28 octobre 2012, a-t-il insisté.

« L’important pour nous était de revoir le projet sans atténuer la qualité de la salle, incluant aussi le monte-charge et le monte-personnes. On a plutôt considéré ce que l’on pouvait modifier ailleurs, en esthétique par exemple, en usage des espaces, dans le choix des matériaux, etc. », dit Mme Bourbonnais.

Des changements

Une décision qui a permis de diminuer passablement les coûts de réaménagement de l’intérieur fut certes celle de relocaliser la salle de répétition de l’Harmonie Calixa-Lavallée dans un autre bâtiment. Idée que la formation musicale a acceptée.

Cela a permis de libérer le second étage où l’on aménagera les loges d’artistes, mais surtout tous les bureaux d’Azimut que l’on avait planifié mettre au premier étage, décrit le maire.

Ainsi le premier plancher aura son foyer d’entrée, mais aussi une salle qui pourra être mise à la disposition d’organismes pour diverses activités. « On a mis de côté l’idée de la cage de verre proposée par l’architecte. »

« En fait on est reparti à zéro », dit Mme Bourbonnais. Un groupe de travail, avec un consultant, a procédé à une analyse de valeur du projet, comme le ministère l’avait suggéré.

« Nous avons tenu plusieurs ateliers à l’automne 2015 où des pistes de solutions ont été apportées par tous les partenaires au projet, en fonction des priorités de chacun. Ce qui nous a amenés finalement en consensus, à modifier le projet. Cela a guidé la réalisation de nouveaux plans et devis et nous allons maintenant en appel d’offres. »

Ainsi les loges de la salle disparaîtront, ce qui favorisera une meilleure sonorisation.

On remplacera aussi toute la brique du bâtiment, et non une partie, tel que prévu. « Une étude a permis de réaliser qu’elle vieillissait de plus en plus rapidement. On la remplacera par une brique de même forme et de même style, afin de respecter et d’assurer la pérennité du bâtiment », explique M. Péloquin.

Déjà, le dégarnissage de la salle et la contamination du bâtiment ont été faits en 2014. Le toit sera refait. La façade sera plus modeste, explique Mme Bourbonnais. D’ailleurs, trois des 8 M$ du projet étaient consacrés à la mise à niveau du bâtiment.

« Mais le projet est toujours fort intéressant et je vis très bien avec. Il sera un élément clé du centre-ville », commente-t-elle.

Rappelons que le projet de la salle et de la remise à niveau du bâtiment est évalué à 8 M$ pour lequel le ministère de la Culture verse une subvention de 5,2 M$. Patrimoine Canada a injecté 789 000$ pour l’achat d’équipement. La Ville a contribué à 400 000$ pour l’achat d’équipement, alors qu’une campagne publique de financement a amassé plus de 300 000$. Le reste (1,4 M$) sera financé par un règlement d’emprunt de la Ville.

De nouveaux professionnels au dossier

L’évaluation des coûts du projet du marché Richelieu a entraîné le départ de professionnels attachés au dossier. Décisions arrêtées discrètement au fil des mois.

C’est ainsi que l’architecte Gilles Saucier, du réputé bureau montréalais Saucier et Perrotte, s’est retiré du dossier dès qu’en 2014 son projet de marquise de verre eut été rejeté du revers de la main par le conseil municipal. C’est l‘architecte sorelois Éric Champagne qui a pris sa relève . Il était au dossier depuis le début du projet.

Quant au chargé de projet Philippe Drolet , en fonction depuis le lancement du projet, il a dû quitter son poste à la demande du conseil qui, désireux de contenir les coûts de sa réalisation et impatient de la lenteur avec laquelle les choses avançaient, a expliqué le maire. Il en a plutôt appelé à un consultant qui aiderait les parties à mieux clarifier leurs les objectifs du projet et les étapes à franchir pour y arriver à la satisfaction de tous les partenaires.

M. Drolet a été remplacé par celui-là même qui a accompagné la Ville et Azimut dans cette démarche, Patrick Vallerand, qui est déjà en poste.

Quant au suivi des travaux de construction, il sera confié à un nouvel ingénieur spécialisé en mécanique et électrique embauché par la ville pour 18 mois et qui sera chargé de suivre plusieurs projets que la Ville réalisera pendant cette période, dont celui de l’héliport. Il travaillera deux jours par semaine pour Azimut Diffusion durant la réalisation du projet. Son salaire sera alors imputé au projet du marché et l’argent puisé à l’intérieur de l’enveloppe consacré à cet effet.

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