12 avril 2018
De nouveaux contrats chez Alstom assurent le maintien de 80 emplois à Sorel-Tracy
Par: Jean-Philippe Morin

L'entreprise Alstom a annoncé une bonne nouvelle à ses employés le 12 avril. (Photo : Archives)

L’inquiétude se faisait sentir chez les travailleurs d’Alstom à Sorel-Tracy, avec la fin imminente des contrats de bogies du Métro de Montréal et des véhicules d’Ottawa dans quelques mois. Les quelque 80 employés auront de quoi se réjouir puisqu’Alstom a transféré de la production à son usine de Sorel-Tracy, ce qui assure leur emploi pour les deux prochaines années.

L’annonce a été effectuée aux salariés le 12 avril, vers 9h. Les employés seront appelés à souder des traverses de charge pour des véhicules de Santiago, au Chili. Ils devront aussi assembler des pièces mécanosoudées pour un projet aux États-Unis. Ces deux contrats majeurs devraient durer au moins pour les deux prochaines années.

« On s’était engagé, chez Alstom, à transférer de la charge de travail quand on le pouvait afin de sécuriser les emplois à Sorel-Tracy, explique la responsable des communications d’Alstom, Michelle Stein. C’est ce qu’on fait aujourd’hui [le 12 avril]. On voyait que la phase 1 du Métro de Montréal achève, tout comme le contrat d’Ottawa, alors c’était notre priorité de trouver de l’emploi pour les travailleurs de Sorel-Tracy. »

La fin de la phase 1 de la construction de bogies du Métro de Montréal est prévue pour novembre 2018. Quant à la fin du projet d’Ottawa, la phase 2 sera terminée en décembre 2019.

Il y aura un maintien de 80 emplois, mais aussi une petite création d’emplois, surtout en soudage, ajoute Mme Stein.

« On veut aussi élargir notre réseau qui compte déjà 35 fournisseurs locaux. C’est une bonne nouvelle pour l’usine, ses employés, les fournisseurs locaux et la région. Maintenant, on n’alimente pas seulement des projets canadiens, mais aussi des projets à l’étranger », souligne la porte-parole.

Alstom Sorel-Tracy sera aussi chargé de construire des bogies pour un projet de Toronto, « quand le moment sera venu », selon Mme Stein.

Mi figue mi-raison, selon le syndicat

Cette nouvelle a été accueillie de façon mitigée par le président de la Fédération des industries manufacturières (FIM) CSN, Louis Bégin.

« On voit d’un bon œil cette annonce à court terme, mais ça ne garantit pas la survie de l’usine à long terme. En plus, ça ne donne pas du travail à tous les employés de l’usine. C’est sûr que c’est mieux d’avoir ces contrats que rien du tout, mais ça n’implique qu’une partie des travailleurs et ce n’est que pour deux ans », dénonce-t-il.

M. Bégin se dit encouragé par l’employeur qui mentionne vouloir ramener du travail à l’usine soreloise. Il déplore toutefois que deux contrats majeurs ne soient pas effectués à Sorel-Tracy, soit le Réseau Express métropolitain (REM) et la relance de la construction de bogies pour le Métro Azur.

« Ces deux projets auraient un impact majeur sur la pérennité des emplois à Sorel-Tracy. On déplore que le gouvernement n’ait pas bougé dans ces dossiers pour les travailleurs de Sorel-Tracy », conclut le président de la FIM-CSN.

Le député Sylvain Rochon se réjouit

« Depuis mon élection, je me suis battu sur tous les fronts pour veiller à ce que l’usine d’Alstom à Sorel-Tracy reçoive sa part des grands contrats nationaux. J’ai rencontré les employés, communiqué avec la direction, interpellé le premier ministre, ainsi que les différents ministres qui se sont succédés aux Transports, je les ai même invités à visiter l’usine. Je suis heureux que mes appels aient enfin été entendus! Il est temps que le Québec, le continent et le monde reconnaissent notre expertise », a réagi le député de Richelieu, Sylvain Rochon, avec qui la direction d’Alstom a communiqué pour lui faire part de sa décision.

« Si c’est une première victoire pour maintenir les emplois, la bataille est loin d’être gagnée. Le contenu local de nos grands contrats nationaux demeure un enjeu crucial et un moyen unique de préserver nos emplois », a-t-il notamment évoqué.

Il déplore aussi que les wagons du REM ne soient pas fabriqués en partie à Sorel-Tracy ni même au Québec. « Nous devons nous assurer un minimum de contenu local dans chacun de nos grands contrats nationaux comme le permettent les accords internationaux », a-t-il conclu.

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