6 octobre 2020
De l’aide et de l’incertitude pour les restaurateurs de Contrecœur
Par: Sébastien Lacroix
Les frères Mustafa et Ahmet Curuk ont dû fermer la salle à manger de leur restaurant Le Relais 117, situé sur la montée de la Pomme-d’Or à Contrecœur, jusqu’au moins le 28 octobre.
Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Les frères Mustafa et Ahmet Curuk ont dû fermer la salle à manger de leur restaurant Le Relais 117, situé sur la montée de la Pomme-d’Or à Contrecœur, jusqu’au moins le 28 octobre. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Le programme de prêt-pardon pouvant atteindre jusqu’à 15 000 $ par mois est bien accueilli par les restaurateurs et les tenanciers de bars dans la zone rouge, notamment à Contrecœur. Ce qui leur permettra de rembourser une bonne partie de leurs frais fixes, dont les loyers.

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Cette aide représente près de 90 M$ à 100 M$ pour aider les quelque 12 000 commerçants qui sont impactés afin de les aider à passer au travers les quatre prochaines semaines, selon ce qu’a précisé le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon.

Un programme auquel auront droit autant les restaurants qui doivent fermer que ceux qui continueront d’opérer la livraison et les commandes pour emporter, a-t-il ajouté. De plus, si la situation perdure, le programme d’aide sera reconduit mensuellement par le gouvernement du Québec.

Si cette aide est bien accueillie par Restaurants Canada et l’Association Restauration Québec, il n’en demeure pas moins qu’il y a de l’incertitude sur le terrain. C’est le cas à Contrecœur, comme a pu le constater Les 2 Rives auprès des commerçants avec qui nous avons pu nous entretenir.

« On nage dans l’inconnu », nous a confié Jean-François Naud, propriétaire de Chez Pizz Contrecœur. Durant la première vague, les gens étaient plus chez eux. Ils n’avaient que ça à faire manger au restaurant et ils touchaient aussi de la PCU. Maintenant qu’ils ont recommencé leurs activités, est-ce que ça va jouer en notre faveur? C’est difficile à dire. »

Depuis le début de la pandémie, le restaurateur a noté une diminution de l’achalandage et une baisse de revenus « considérable » en raison de la fermeture de la salle à manger. Ce qui l’a forcé à « gérer serré » pour pouvoir garder son personnel de longue date.

Sans compter que les frais liés aux commandes pour emporter sont beaucoup plus élevés qu’en salle à manger. « Quelqu’un qui vient ici et qui prend un combo spaghetti, par exemple, on va le servir et on va laver l’assiette. En commande pour emporter, il faut lui fournir une boîte de plastique, de l’emballage de carton et un sac. Sans compter les masques et le Purell. Ça représente des frais d’environ 5000 $ par mois. »

Jean-François Naud n’a toutefois pas de craintes quant à l’avenir du restaurant qui est bien établi. « On va s’ajuster, assure-t-il. Pour le moment, nous voulons garder le maximum de personnel pour ne pas négliger notre clientèle et offrir le meilleur service. »

Au Relais 117, la fermeture de la salle à manger se traduira surtout par la fin des déjeuners. Comme on y sert surtout de la restauration rapide, la livraison et les commandes pour emporter compenseront les pertes, mais pas complètement.

« Ça joue dans le chiffre d’affaires, c’est certain. Nous aurons une baisse de l’ordre de 25 %, estime le propriétaire Ahmet Curuk. Ceux qui ont juste la salle à manger, ils sont coincés. Nous survivrons sans problème, mais nous aurons quand même des pertes. »

Au Bistro Chez Philippe, la décision n’était toujours pas prise, la semaine dernière, à savoir si le resto-pub se lancerait dans les commandes pour emporter et le service de livraison. « On va regarder ça, si on le fait ou pas. Parce que ça ne se fait pas en 24 heures », précise Hélène Hébert.

La portion resto n’avait d’ailleurs pas été rouverte, en juin, avec toutes les restrictions sanitaires. « Il faudrait se réajuster. Parce qu’on ne peut pas envoyer un steak. Il y a certaines choses qu’on pourrait faire comme des pâtes, mais on ne veut pas perdre notre renommée », continue-t-elle.

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