18 août 2020
Curieux!
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Surprenante cette demande de protection du bâtiment du 60 avenue de l’Hôtel-Dieu pour laquelle plus de 700 signataires ont signé une pétition mise en ligne par Clara Bastiani.

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La fille du libraire Mario Bastiani – qui y a logé son commerce pendant 34 ans – a reçu l’appui inconditionnel de sa sœur Corina, ex-conseillère municipale, ardente défenderesse du patrimoine sous toutes ses expressions.

C’est notamment grâce à ses interventions continues qu’en 2012, la Ville a cité comme monument historique la gare, le marché Richelieu et l’église Notre-Dame. Mais jamais ses collègues, pas plus que ceux qui ont suivi, n’ont accepté de classer les bâtiments du 2, rue Charlotte et le 88, rue de la Reine – pourtant témoins du patrimoine maritime régional – les considérant trop onéreux à rénover.

Voilà que Mme Bastiani a soulevé des questions dernièrement sur la pertinence que les élus demandent à un tribunal d’acquiescer à la démolition souhaitée par la Ville, du 60, avenue de l’Hôtel-Dieu.

Je suis peut-être ignorante, mais je comprends la décision du conseil. Le bâtiment inoccupé n’est plus entretenu depuis belle lurette.

Jamais dans tous les dossiers de conservation sorelois, il n’apparaît comme un élément intéressant. Même pas dans le recensement fait par la firme Patri-Arch en 2013 et 2016 énumérant une liste de 212 bâtiments sorelois qui présentent un intérêt patrimonial certain!

Jamais non plus, quand Mme Bastiani siégeait, elle n’a fait état des richesses que ce bâtiment présente. Ce n’est qu’en lisant le texte de la pétition que l’on apprend que cette maison à la française, construite vers 1850, a une galerie en corbeille et une structure de fondations solidifiée sur troncs d’arbres ceinturés de fer. Mais est-ce assez pour le conserver? Et à quel prix? Saurait-il créer un sentiment d’identité et de fierté chez les Sorelois? Certes pas dans l’état où il est!

Je comprends l’attachement des soeurs Bastiani à ce bâtiment qu’elles ont dû fréquenter pendant toutes ces années où leur père y a fait oeuvre d’animation culturelle certaine. À moi, pour le moment, ce bâtiment n’en dit pas long!

Bien sûr, les Sorelois ne veulent plus de disparition brutale des quelques éléments du patrimoine bâti qui restent, comme ce fut le sort du bureau de poste et des maisons Saint-Louis de la rue Reine. Le conseil s’est d’ailleurs fait rassurant quand, en février dernier, il a annoncé son intention de protéger une douzaine de bâtiments publics et privés. Un premier pas!

Mais ce sera important de bien les conserver sans les déguiser. Ils sont un héritage collectif témoin de l’histoire soreloise, des gens qui l’ont construit, habité ou y ont travaillé. Des lieux qui nourrissent l’identité, l’appartenance et la fierté pourvu qu’on les explique, qu’on les mette en valeur et les entretienne bien!

Impensable!

Décidément les vacances n’ont pas arrangé les choses. La division règne visiblement à la MRC. Le communiqué de trois maires, dès le lendemain de l’acceptation à l’unanimité du contrat de travail des employés de la MRC, en témoigne.

Oui, Serge Péloquin, Sylvain Dupuis et Alain Chapdelaine – en ont fait une annonce prématurée! Il appartenait à la MRC – l’employeur – et au syndicat de le faire.

Leur communiqué était aussi suffisant! Choquant pour les autres élus. D’autant qu’ils laissent croire que c’est grâce à eux que l’entente a été acceptée à l’unanimité, alors que ce sont eux qui l’avaient bloquée lors de son dépôt initial, sous prétexte qu’ils le faisaient pour le respect de la capacité de payer de leurs contribuables. C’est d’autant surréaliste qu’on dit cette entente pratiquement similaire à sa première version, notamment sur le plan monétaire! Que cherchent-ils donc?

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