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Une chorale réintroduit le chant grégorien à Sorel-Tracy

En concert, le 4 juin


Publié le 19 mai 2017

Antoine Ouellette dirige l’Ensemble Gregoria de Sorel-Tracy.

©Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

Pour les aînés, le chant grégorien est un chant sacré associé à des cérémonies religieuses. Pour Antoine Ouellette, directeur de l’Ensemble Gregoria de Sorel-Tracy, la réalité est toute autre.

Depuis septembre dernier, M. Ouellette dirige une quinzaine de choristes qui se réapproprient cette musique aux règles bien différentes de celles qui régissent les musiques classique ou populaire.

Le dimanche 4 juin, lors de deux messes à l'église Saint-Pierre-de-Sorel (9h), et à l'église Sainte-Anne-de-Sorel (10h30), les choristes y interpréteront 11 pièces médiévales et grégoriennes en latin et A cappella. Des pièces courtes et simples qui s’intégreront dans la liturgie, explique M. Ouellette.

Installé à Sorel-Tracy depuis deux ans, où il a trouvé, dit-il, le calme qu’il recherchait, il a voulu y partager son amour du chant grégorien

Une passion qui lui est venue comme un coup de foudre, dès la première fois où il en entendit une pièce.

Du chant des oiseaux au grégorien.

Visiblement, le chant le fascine. Bien des chants.

Car  M. Ouellette a d’abord complété un baccalauréat en sciences biologiques où il s’est intéressé prioritairement … aux chants des oiseaux.

Ces chants n’ont plus de secret pour lui. Il en parle avec enthousiasme.  Il décrit notamment comment les oiseaux chanteurs se transmettent les mélodies qu’ils chantent d’une génération à l’autre.

Puis inscrit à l’UQÀM, en étude et pratique des arts, il complète un doctorat, déposant une thèse intitulée Le chant des oiseaux : comment la musique des oiseaux devient musique humaine. Les Éditions Triptyque l'ont publiée sous le titre Le chant des oyseaulx.  

C’est en entrant dans une classe de musicologie qu’il entendit pour la première fois une pièce de musique grégorienne. Depuis il n’a cessé de la fouilller auprès de maîtres réputés. Il a dirigé pendant 12 ans une chorale grégprienne à Montréal.

 « Je suis né en 1960 et quand j’ai commencé à fréquenter l’église, on ne la chantait plus. C’était l’époque où les autorités ecclésiastiques ont rejeté ce chant millénaire au profit des messes jazzées et de chansons pop aux textes pastoraux. »

Une musique victime de préjugés

Une partie de la chorale pratiquant le mercredi soir .
Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

Dans l’imagerie populaire, le chant grégorien est encore réduit à un «chant de moine. Mais c’est une musique qui n’est pas du tout ce qu’on pense », rectifie-t-il.

Elle est inscrite dans l’histoire musicale mondiale dès les premiers siècles du christianisme, précise M. Ouellette.

Compositeur lui-même et musicien, il aime les musiques différentes. Comme les gens qui aiment le grégorien sont de tous les milieux, de toutes les religions et cultures, note-t-il.

« Elle n’est pas non plus une musique théâtrale et est en lien étroit avec la respiration et la parole. Faire l’apprentissage de ces notes répétitives et  peu nombreuses prend, selon certains, une forme de méditation. Car le chant grégorien  épouse la respiration et la parole », la décrit-il.

Elle peut paraître déroutante à qui cherche à la lire, reconnaît le musicinel. « Sur une portée de quatre lignes, les notes sont carrées. Il n’y a pas de mesures indiquées ni de temps. C’est le directeur de la chorale qui pilote le groupe », précise-t-il.

On la chante surtout en latin, quelquefois en grec ou en français.

Même si la religion n’a rien à voir avec la chorale, répéter le chant à l’église est parfait à cause de la résonnance de ces bâtiments, dit-il.

Chanter le grégorien, c ’est faire un voyage dans le temps, dans plusieurs pays, occidentaux  et orientaux, garantit M. Ouellette.

Le chœur répète les mercredis soirs à l’église Saint-Pierre.

@D:Pour information: 450-742-6050.