7 juin 2016
Coup d’œil sur les églises de la MRC de Pierre de Saurel
Par: Louise Grégoire-Racicot
Saint-Pierre la doyenne | Gracieuseté/Conseil du patrimoine religieux du Québec, 2003

Saint-Pierre la doyenne | Gracieuseté/Conseil du patrimoine religieux du Québec, 2003

Classées patrimoniales par le Conseil du patrimoine religieux du Québec, deux églises à Sorel-Tracy (Enfant-Jésus et Saint-Pierre) et une autre à Sainte-Anne-de-Sorel résistent à la désuétude et à la fermeture. Leur statut d’édifice patrimonial leur permet en effet d’obtenir des subventions allant jusqu’à 70% pour les entretenir et les restaurer au besoin. Mais qu’en est-il de toutes les églises sur le territoire de la MRC de Pierre-De Saurel?

À lire aussi sur le sujet: Vingt-trois églises ont été vendues ou démolies en 20 ans

Saint-Pierre la doyenne

Avec sa façade d’inspiration néoclassique et symétrique, l’église Saint-Pierre est la plus ancienne de la région (1826-1831), la seule en Montérégie ayant une mosaïque en façade. L’édifice a subi une cure majeure de rajeunissement en 2012 qui a coûté quelque 600 000$ puis une mineure (20 000$) en 2015. La paroisse arrive à boucler son budget notamment en louant une partie du presbytère voisin de l’église.

L’église Sainte-Anne-de-Sorel en bonne santé

Construite en 1878-79, l’église de Sainte-Anne, imaginée par l’architecte Louis-Zéphirin Gauthier, recèle dix tableaux originaux de Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté qui représentent 10 scènes importantes de la vie de Sainte-Anne. L’église, de taille modeste, ne nécessite pas de réparations majeures, mais la fabrique procédera à la restauration des tableaux du peintre québécois sous peu. Sa santé financière est bonne parce qu’elle peut compter sur de nombreux bénévoles qui organisent des activités de financement à l’occasion.

L’église Enfant-Jésus, la moderne

L’église Enfant-Jésus, érigée en 1960, a été dessinée par Roger D’Astous, l’un des plus grands architectes de sa génération qui en a conçu 16 autres dans la région montréalaise. Située le long du fleuve, en bon état, bénéficiant des revenus d’un comptoir familial logé dans son sous-sol, l’église a un pignon au-dessus du chœur qui est orné d’une verrière en plastique polychrome aux accents de rouge, jaune et orange, qui a été réalisée par l’artiste-peintre Jean-Paul Mousseau.

Démolition de l’église Saint-Gérard-Majella en vue

La municipalité de Saint-Gérard-Majella est en pleine négociation avec la Paroisse Saint-Michel pour acheter son église afin de la démolir. Elle veut y construire un centre de services municipaux qui comprendra une salle communautaire, le garage, le bureau municipal et la bibliothèque. Ce projet se réalisera grâce à une subvention du gouvernement du Québec couvrant entre 50% à 75% des coûts totaux du projet estimé à 1,8 M$. Un service de messes sera aussi offert dans la salle communautaire. Le bâtiment est condamné depuis octobre 2014, année de son 100e anniversaire, puisque son état s’était gravement détérioré.

Pas de changement pour l’église Saint-Michel à Yamaska

Même si l’achalandage a diminué au cours des dernières années, la question de fermer ou de vendre l’église Saint-Michel située à Yamaska, qui a été construite entre 1839 et 1845, ne se pose même pas, selon l’abbé Lionel Émard. Quelques investissements ont été injectés dans le bâtiment au cours des dernières années, ce qui a permis de garder le bâtiment en relativement bon état, dit-il.

L’église Saint-David toujours active

À l’instar de l’église de Yamaska, les activités se poursuivent dans l’enceinte de l’église de Saint-David, construite entre 1838 et 1840, malgré une diminution du nombre de pratiquants. Pour le moment, la Paroisse Saint-Michel juge pertinent de garder cette église en fonction. L’état du bâtiment est également en bon état, selon l’abbé Lionel Émard.

Un projet de salle multifonctionnelle à Massueville

L’église St-Aimé, à Massueville, a été reconstruite sur le modèle des cathédrales européennes, en forme de croix, en 1907 après qu’un important incendie eut ravagé le bâtiment érigé en 1841, laissant certaines parties en pierre et les cloches. Aujourd’hui, des citoyens et les élus de Massueville veulent la transformer en salle multifonctionnelle et multigénérationnelle en lui conservant un espace pour le culte. Un projet de 200 000$ à 300 000$. « On explique aux citoyens les enjeux et les occasions qui s’offrent. On a présenté des demandes de soutien au financement du projet. Il est normal que cela génère des questionnements », dit le maire Denis Marion.

L’église de l’Immaculée–Conception à Saint-Ours toujours aussi vivante

Les Saint-Oursois ont bien pris soin de leur église, construite de 1878 à 1882, de style néo-roman. Ils l’ont rénovée de façon majeure au besoin grâce à d’importantes subventions et au bénévolat de ses membres. Ils y ont transformé le sous-sol en salle d’exposition. Et son pasteur compte bien réunir un comité mixte voué à définir ce qu’on pourrait faire de plus pour l’animer et la conserver.

Des initiatives pour garder l’église de Sainte-Victoire

L’église de Sainte-Victoire a été construite entre 1850 et 1852, modifiée considérablement dans les années 1930 (nouvelle façade, ajout de deux nefs et un transept). Aujourd’hui, sa fabrique reçoit un bon coup de pouce de la municipalité: cette dernière, après avoir acheté le presbytère qu’elle a transformé en bureau municipal, loue la moitié de la sacristie qui sert de bibliothèque municipale. Elle entretient aussi les terrains de l’église et du cimetière, ce qui permet à la fabrique d’avoir plus d’argent pour réparer l’édifice. Ses membres organisent des activités de financement. Mais il faudra aussi amorcer le travail d’un comité de réflexion pour trouver des usages complémentaires au lieu de culte, croit son pasteur Benoit Côté.

L’église de Saint-Robert, la plus jeune

L’église de Saint-Robert est l’œuvre de l’architecte et ingénieur civil Félix Racicot. Malgré sa construction plus récente (1950-51), elle a nécessité de nombreux travaux de réfection dus à des vices de construction. Elle coûte moins cher à chauffer, parce que plus petite, mais comme les autres fabriques, la sienne enregistre des baisses de pratique religieuse et de revenus (dîme, quêtes et dons).

L’église de Saint-Roch et son orgue unique

L’église de Saint-Roch-de-Richelieu, construite en 1860-1861, est l’œuvre de l’architecte Victor Bourgeau. Elle est remarquable par ses six tourelles et ses clochers à deux étages. L’église est bien conservée et la fabrique compte bien recevoir des subventions pour faire réparer son orgue, un des quatre « Louis Mitchell » dans le monde, dont un des trois claviers n’est plus fonctionnel.

L’église Saint-Gabriel-Lalemant mise en vente

Construite en 1953, l’Église Saint-Gabriel-Lalemant l’a été selon les plans de l’architecte Paul Labranche, en respectant les consignes émises par le page Pie XII qui préconise une simplicité des lignes et du décor. Même si elle a gardé son intégrité architecturale extérieure, elle a subi plusieurs transformations. Mais la fabrique, n’arrivant plus à trouver l’argent nécessaire pour entretenir les deux églises de son territoire, a choisi de s’en départir il y a un mois. Elle demeurera ouverte tant que la vente ne sera pas complétée.

Se départir de l’église Marie-Auxiliatrice

C’est sur un terrain appartenant à Édouard Simard que l’église Marie-Auxiliatrice fut construite en 1953-1954 selon les plans et devis préparés par Paul Labranche, architecte et Crevier, Lemieux et Mercier, architectes conseils. Dès 2008, la fabrique constate qu’elle ne pourra trouver les 171 000$ nécessaires pour la restaurer dans les cinq années suivantes. L’attachement des fidèles à leur église a prolongé sa vie de quelques années. Mais elle a été mise en vente, il y a un mois, la fabrique ne pouvant obtenir de subvention pour la remettre à niveau.

Avec la collaboration de Sarah-Eve Charland

image