4 septembre 2018
Concertation prioritaire!
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Le refus du conseil des maires de la MRC de Pierre-De-Saurel de contribuer 15 000$ pour payer un forage géotechnique, préalable à justifier la construction d’un pont reliant Sorel-Tracy et Lanoraie, a suscité sur les réseaux sociaux, plus d’une cinquantaine de commentaires. Les uns approuvant les élus, d’autres les ridiculisant ou les blâmant.

Pourtant, la position des maires est claire. Ils sont favorables à l’ajout d’une telle infrastructure. Mais ils ne peuvent légalement se rendre à la demande du Regroupement de citoyens et de citoyennes – Pont STL-2028. Car ils ne peuvent, légalement, financer la démarche d’un promoteur privé.

Et dans ce cas, le projet n’en est pas un public. Et on ne sait si le comité soutient l’investisseur Luc Poirier ou appuiera tout autre projet à développer.

La première réaction du Regroupement a été de déplorer le manque de « volonté politique » à l’égard de ce projet sur la table depuis 30 ans. Pourtant, observer une règle de jeu claire n’a rien à voir avec un manque de volonté. C’est plutôt un choix éthique.

Le comité a-t-il frappé à la bonne porte? On sait que la décision ultime sera prise aux niveaux fédéral et provincial. Le rôle des élus locaux en est plutôt un de rassembleur. Rassembler pour bien cerner le projet.

Jusqu’ici, ce projet a toujours été porté par quelques-uns et à bout de bras. Récemment, il est celui d’un promoteur privé.

Mais il appartient à la région de bien faire comprendre toute son utilité aux décideurs de Québec et d’Ottawa. Cette utilité ne peut pas être que régionale. Ce que le comité CALA – formé il y a plus de 30 ans – avait bien compris.

Pour ce, on doit inscrire ce pont dans une vue d’ensemble de la circulation hors-Montréal. Ce qu’on n’entend plus aujourd’hui. Du moins dans le projet Poirier qui planifie desservir un nombre limité de véhicules avec un pont à deux voies.

Pourtant, ce serait sûrement un atout majeur de doter la région d’un pont plus important, à l’heure où les développements du port de Montréal et du pôle logistique à Contrecœur sont près de se concrétiser.

Il appartient donc à tous les élus de la région – peu importe où ils siègent – de mettre fin aux démarches en silo. De réunir les gens qui, d’une seule voix, détermineront la stratégie régionale à déployer pour atteindre cet objectif.

Il leur faut déterminer l’importance du pont nécessaire pour répondre à tous les besoins identifiés, et cela pour les 50 prochaines années.

Ensuite, il devra charger des émissaires de frapper aux portes de tous les paliers gouvernementaux pour faire valoir que l’emplacement d’un pont entre Sorel-Tracy et Lanoraie sera le meilleur pour y arriver. Et revendiquer les sommes nécessaires à son exécution.

Ce sera alors le bon moment pour mener des études qui substantialiseraient le projet. Comme la MRC avait fait en défrayant des études géotechniques pour ajouter à la crédibilité de son dossier en ébauche de parc éolien. Mais ce projet était public. Le sien. Celui qu’elle portait depuis un bon moment. Cela n’a rien à voir avec le forage demandé pour le pont. Les maires ne pouvaient donc retenir cette demande.

Une chose demeure : il urge, pour que le pont soit érigé en 2028, comme le souhaite le comité promoteur, que la démarche soit concertée – élus, citoyens, gens d’affaires, etc. Que leur vision unifiée s’appuie sur des arguments logiques prouvant que ce pont serait un atout de développement important pour le Québec. Rien de moins. Et c’est possible!

Dans ce cas, la concertation demeure un ingrédient prioritaire!

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