8 mai 2017
Commerce en ligne: encore du travail à faire à Sorel-Tracy
Par: Deux Rives
Mélanie Auclair de la boutique Turlututu a pris le virage numérique depuis longtemps. | Stéphane Martin

Mélanie Auclair de la boutique Turlututu a pris le virage numérique depuis longtemps. | Stéphane Martin

Le commerce en ligne est jugé prioritaire depuis des années pour la Chambre de commerce et d’industrie de Sorel-Tracy, mais le chemin est encore long à parcourir.

Par: Stéphane Martin

Pendant que certains ont pris le virage numérique depuis longtemps, d’autres brillent par leur absence sur la toile.

« Il faut innover pour se démarquer, lance le président de la Chambre de commerce, Laurent Cournoyer. Le commerce électronique doit être une porte d’entrée pour les entreprises, une porte obligatoire pour pouvoir développer des affaires. Il y a des entreprises qui n’ont toujours pas de site internet, elles n’existent même pas sur le web et ce n’est pas normal. Sur le territoire, dans la catégorie petite entreprise de services et commerce de détail, 50% n’ont toujours pas de site internet. Il est impossible de trouver les heures d’ouverture du commerce, c’est pourtant un minimum. »

M. Cournoyer est catégorique sur le fait que cette réalité contribue grandement à l’exode commercial. « Le drame dans tout ça, c’est que les achats se font à l’extérieur. C’est une des raisons pourquoi le commerce de détail en arrache autant. La demande est là puisque les gens achètent, mais pas chez nous. Ils se font livrer tous leurs achats directement chez eux. »

Le président de la Chambre rappelle que les réseaux sociaux offrent une opportunité gratuite de se faire valoir. « Une simple présence sur Facebook augmente sa visibilité. Un commerçant peut prendre en photo son inventaire et montrer ses collections. Ça ne demande pas beaucoup d’énergie et ça démontre qu’il existe. Il faut aussi persévérer, car on ne voit pas les bénéfices immédiatement. Il faut entretenir les pages pour se démarquer. »

La boutique qui te suit partout

Mélanie Auclair est bien consciente de l’importance du web en affaires. Bien avant que sa boutique Turlututu trouve pignon sur rue, la commerçante, qui se spécialise dans les articles pour enfants, s’est fait connaître via les réseaux sociaux.

« Je n’ai jamais été une fervente de la technologie et des ordinateurs. C’est une connaissance qui m’a suggéré de me créer une page Facebook. J’avais beaucoup de demande pour les boules de Noël et bas de Noël. Tout a démarré ainsi. Après, j’ai commencé à faire des coffres, des taies d’oreiller, des coussins. Ce sont les clients internautes qui ont créé une demande. Puis, les gens aiment ta page, tes articles et ça attire l’attention des grosses compagnies. »

Mme Auclair affirme que son site internet et sa page Facebook font partie intégrante de son magasin.

« J’ai toujours mon téléphone intelligent sur moi. Je réponds tout de suite, sinon je perds une vente. Les gens veulent acheter dans l’immédiat. Si tu attends un jour, voire même quelques heures, ils auront trouvé autre chose. »

« J’ai modifié ma façon de vivre. Ma boutique me suit partout, mon conjoint et mes enfants ont accepté cette réalité. Si je suis à l’épicerie et que je reçois un message, je réponds immédiatement. C’est ce qui me permet de vivre et de manger. Je ne compte pas le temps investi dans tout ça. La société me demande de prendre ce virage et je n’ai pas le choix. Tout le monde est là, ce n’est pas une question d’âge. J’ai des grands-mamans de 90 ans qui commandent sur internet. Certaines me disent même comment ça marche et me donnent des trucs et conseils », de conclure la jeune femme d’affaires.

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