1 février 2016
Claude Demers nie l’ensemble des accusations
Par: Julie Lambert
Claude Demers pourrait être libéré en attendant que son verdict soit rendu à la Cour d'appel. | Photo : TC Média – Archives

Claude Demers pourrait être libéré en attendant que son verdict soit rendu à la Cour d'appel. | Photo : TC Média – Archives

L’ancien ambulancier et sauveteur Claude Demers était de retour, le 27 janvier, au palais de justice de Sorel-Tracy pour subir son procès, lui qui est accusé d’avoir commis des attouchements sexuels et des agressions sexuelles sur cinq victimes, dont trois mineures.

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L’homme de 35 ans, qui est en liberté depuis le début des procédures, a été arrêté en août 2012 après le témoignage d’une présumée victime, âgée de moins de 16 ans, qui a raconté avoir subi des agressions sexuelles et des attouchements qui se seraient produits entre décembre 2008 et mai 2010.

D’autres victimes alléguées après l’annonce de son arrestation dans les médias ont ensuite déposé des plaintes de même nature à la police. Au total, Claude Demers fait face à 19 chefs d’accusation, dont attouchements sexuels, agressions sexuelles et voies de fait.

Plusieurs gestes reprochés se seraient produits dans le cadre de ses fonctions d’ambulancier, soit lors de transports de passagers, ainsi que de sauveteur à la piscine municipale Laurier-R.-Ménard, lors de période de surveillance.

Plusieurs mois de procès

La procureure de la Couronne, Me Marie-Josée Bergeron, a présenté sa preuve en octobre dernier. Au cours de celle-ci, l’avocate a plaidé pour une preuve des faits similaires au juge Denys Noël, c’est-à-dire qu’elle a dû démontrer que la façon de procéder de l’accusé pour chacune des victimes était semblable.

Cette demande a été retenue par le juge en raison de plusieurs facteurs : toutes les plaignantes étaient de sexe féminin, les agressions se seraient déroulées au cours de la même période (de 2008 à 2011), l’accusé avait un lien de contrôle dans le cadre de ses fonctions, les présumées victimes étaient toutes en position de vulnérabilité et elles ne se connaissaient pas.

En novembre, les cinq présumées victimes sont venues témoigner. L’avocat de la défense, Me Günar Dubé, a procédé par la suite à l’interrogatoire de M. Demers dans lequel il a nié chacun des faits reprochés.

Selon lui, sa force physique ne lui aurait jamais permis de commettre les agressions de la façon avancée par certaines victimes alléguées. « Comment j’aurais pu agresser quelqu’un avec une seule main en même temps qu’avec l’autre, je lui tenais les deux mains? J’ai de petites mains. Je n’ai pas la force de faire ça », a-t-il plaidé à de nombreuses reprises.

Trou de mémoire

Lors de son contre-interrogatoire le 27 janvier, il a également démenti la majorité des événements, même s’il ne pouvait s’en rappeler clairement. Très droit et regardant souvent la procureure de la Couronne, il a répondu aux questions pendant toute la journée, souvent de façon exaspérée. Dans la salle, sa conjointe et des proches étaient là pour le supporter.

La procureure de la Couronne, Me Bergeron, l’a questionné sur des paroles prononcées lors de son interrogatoire en août 2012 concernant des propos sur les attributs de certaines patientes transportées en ambulance ou sur des collègues de travail à la piscine. « Vous n’avez jamais dit à cette fille : tes seins sont tellement gros qu’on ne voit même pas tes pieds? ».

« Non, j’ai dit ces paroles entre collègues. J’appelais toutes les femmes «beauté». Je reconnaissais que c’est mon genre de joke de cul. Je pouvais en lancer des vertes et des pas mûres, mais je suis toujours resté professionnel », a-t-il répondu.

À la piscine, il n’y aurait jamais eu de gestes déplacés sauf dans le cadre de jeux entre tous les collègues, a-t-il témoigné. « On se tirait des ballons, on s’éclaboussait d’eau et on se poussait. Tout le monde se faisait des blagues, même moi j’en recevais. »

L’accusé sera de retour devant la Cour le 9 mars prochain alors que son avocat, Me Dubé, fera témoigner trois personnes lors de la présentation de sa preuve, dont la conjointe de son client.

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