5 novembre 2015
Charles Richard-Hamelin, ex-lauréat du Festival de musique sorelois
Par: Louise Grégoire-Racicot
Charles Richard-Hamelin, lors du concert-bénéfice du Concours-Festival de musique classique Pierre-De Saurel en 2008. | Photo: Gracieuseté Philippe Manning

Charles Richard-Hamelin, lors du concert-bénéfice du Concours-Festival de musique classique Pierre-De Saurel en 2008. | Photo: Gracieuseté Philippe Manning

Lauréat du Concours-Festival de musique classique de Pierre-De Saurel en 2007, le pianiste Charles Richard-Hamelin, 26 ans, a remporté la deuxième place du 17e Concours international de piano Frédéric Chopin, à Varsovie, en octobre dernier. Un prix qui lui a immédiatement ouvert les portes des grandes salles de concert, tant en Europe qu’en Asie.

Lui reste maintenant, compte-t-il bien, nourrir une carrière musicale mondiale qu’il ponctuera de visites nombreuses à Montréal où il veut vivre sa vie et y entretenir ses amitiés.

Il a mis plus de 2h30 à interpréter Chopin à Varsovie, tant familier avec certaines pièces, mais moins avec d’autres qu’il a apprises pour l’occasion. Une prestation qui lui a aussi valu le Prix Krystian Zimerman pour la meilleure performance d’une sonate.

Il a ainsi quitté la Pologne avec 35 760$ dans ses poches.

Plusieurs marches

Originaire de Joliette, le jeune pianiste reste toujours fidèle à ceux et celles qui l’ont accompagné dans cette longue marche vers la reconnaissance internationale. Car il reconnait que des prix gagnés dans divers festivals, dont celui de la musique à Sorel-Tracy en 2007, sont des étapes décisives vers un podium plus important encore.

« Chaque concours gagné ajoute à la confiance en soi que l’on développe et qui est si nécessaire pour bien performer dans le concours suivant. En ce sens, la Maison de la musique de Sorel-Tracy est géniale pour les musiciens. J’ai participé quatre ans à son festival avant de gagner le premier prix. Et j’ai toujours le système de son que l’on m’a remis à cette occasion. »

À Sorel-Tracy, Rachel Doyon se rappelle de lui comme d’un musicien tenace. Il s’est présenté année après année, tant qu’il n’a pas gagné, dit-elle. Puis il est revenu au concours comme membre d’un groupe de musique de chambre. « On l’a aussi invité à donner un récital et j’espère bien qu’il pourra revenir en 2016. Ce à quoi je travaille », a-t-elle dit, excitée de ce qui arrive à M. Hamelin.

« Cela prouve aussi que notre festival a su choisir ses présidents du jury et juges qui ont bien repéré les musiciens qui ont de grands potentiels. Mais Charles est un winner comme tous ceux qui ont remporté les premiers prix au festival. »

De Charles, elle dit aussi qu’il ne se prend pas au sérieux. Et chaque jeune qui ressort dans un concours motive les autres à poursuivre ses efforts. « Chaque fois que des jeunes passent ici, ils nous éduquent sur ce que nous pouvons apporter pour les soutenir, les encourager, les aider à traverser leur angoisse, leur peur, leur trac, leurs défis. Ainsi la maison devient-elle un rêve partagé. »

M. Hamelin en est conscient. Ce passage l’a façonné. Aujourd’hui, même si on l’identifie beaucoup à Chopin à cause de son interprétation magistrale qu’il a su en faire à Varsovie, c’est à travers ces étapes qu’il a su devenir lui-même, apprivoiser la technique du jeu qui lui permet aujourd’hui de ne plus avoir à s’en préoccuper outre mesure en concert. N’avoir plus, explique-t-il, qu’à se concentrer sur les émotions que cette musique lui inspire.

Il a su ainsi traverser les concours qui lui ont ouvert les portes, depuis les festivals régionaux en passant par ceux de Montréal, le premier prix du concours Révélation de Radio-Canada (2015-2016), le prix d’Europe (2011) et celui de Séoul (2014), ces deux derniers lui permettant de croire qu’il sera désormais le pianiste concertiste dont il rêvait être depuis longtemps.

Rappelons qu’il a lancé un premier album, sous étiquette Analekta, en septembre dernier sur lequel il interprète Chopin.

image