3 juin 2020
Champag : Saint-Roch appuyée par Sorel-Tracy et Saint-Robert, mais pas par Sainte-Victoire-de-Sorel
Par: Katy Desrosiers

Le maire de Saint-Roch-de-Richelieu, Alain Chapdelaine, a lancé un appel aux municipalités voisines pour avoir leur appui dans leurs démarches judiciaires contre Champag. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Alors que les élus de Sorel-Tracy et Saint-Robert appuient Saint-Roch-de-Richelieu dans ses démarches judiciaires contre l’entreprise Champag, ceux de Sainte-Victoire-de-Sorel ont choisi de ne pas appuyer la municipalité, stipulant que le projet est bel et bien de nature agricole.

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Le conseiller Martin Cournoyer, qui a proposé la résolution, explique que le conseil a pris cette décision puisqu’il considère qu’une usine de substrat pour faire pousser des champignons est un projet agricole.

« La demande, il faut la comprendre comme il faut. Ils s’en vont en Cour suprême pour savoir si le projet est agricole ou pas. C’est zoné agricole. La demande, c’est qu’ils ne veulent pas reconnaître que le projet de Champag est agricole. Nous, on a statué que ce l’était et le juge va tout simplement décider si ce l’est ou pas » souligne M. Cournoyer.

Selon lui, si ce projet n’est pas reconnu comme agricole, de futurs projets pourraient être compromis.

« Ça va faire une jurisprudence, puis ça va avoir des conséquences énormes sur la zone agricole dans le futur. Ils vont donner un mandat clair aux municipalités de décider elles-mêmes quand il y aura des projets. […] J’ai siégé longtemps, j’ai été président du syndicat (de l’UPA Richelieu-Yamaska). Je sais comment ça fonctionne. Mes amis conseillers, un coup que je leur ai expliqué la façon de faire, ils m’ont dit que c’était agricole », ajoute le conseiller.

Le maire de Sainte-Victoire-de-Sorel, Michel Aucoin, aurait souhaité appuyer moralement la municipalité.

« On aurait pu les appuyer et ne pas donner d’argent, mais le conseil a décidé de ne pas appuyer parce qu’il ne veut pas nuire à l’agriculture et il pense que c’est un moyen de faire vivre d’autres familles […] Si ça avait été à Sainte-Victoire, peut-être qu’ils (les conseillers) auraient parlé d’une autre manière », mentionne le maire. Si un vote avait eu lieu, il aurait tranché en faveur de Saint-Roch-de-Richelieu.

M. Aucoin se questionne aussi sur les vents dominants et les odeurs qui pourraient voyager jusqu’à Sainte-Victoire.

« Est-ce que c’est vrai qu’il va y avoir des odeurs? Est-ce qu’ils ont été voir en Ontario si ça sentait? […] Peut-être qu’ils font ça pour rien, mais si ça sent vraiment comme ils disent, on va être pognés pour vivre avec ça », remarque-t-il.

Surpris, mais compréhensif

Le maire de Saint-Roch-de-Richelieu, Alain Chapdelaine, est un peu surpris de la décision de Sainte-Victoire-de-Sorel. Bien qu’il la respecte, il aurait souhaité que des questions lui soient posées avant de prendre une position qui semble finale.

« Je ne sais pas si on doit y voir un message de l’UPA là-dedans. […] Je ne suis pas contre rapatrier une production au Québec plutôt qu’en Ontario ou dans un autre pays, mais je suis dans l’acceptation sociale. En 2017, quand le promoteur a fait une présentation devant plus de 90 personnes, il a clairement dit que ce projet-là n’irait pas de l’avant s’il n’y avait pas une acceptabilité sociale. Ensuite, il y a eu une levée de boucliers, les pancartes. Il n’y a jamais eu d’acceptabilité sociale. J’aimerais qu’il respecte sa parole », rappelle M. Chapdelaine.

Il avance que les nuisances liées au projet concernent non seulement les citoyens de Saint-Roch, mais aussi plusieurs milliers de personnes. Il souhaite que les gens prennent le temps de considérer le tourisme, les campings et les activités estivales comme le golf et le nautisme.

D’autres municipalités appuient

Saint-Ours a déjà promis une aide financière de 5000 $. À Sorel-Tracy, le conseil appuie unanimement Saint-Roch-de-Richelieu. Il encourage même la municipalité à mettre sur pied une campagne de sociofinancement nationale pour obtenir des appuis moraux et financiers dans le but de préserver la qualité de vie des citoyens et résidents des environs et du secteur directement concernés par le projet. Le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, a précisé lors du conseil du 1er juin que les émanations d’odeurs inquiétaient, puisqu’elles pourraient incommoder certains résidents, dont ceux du quartier des Terres d’en haut et du chemin du Golf. « Les gens de ce secteur-là se rappellent très bien des années Conporec », a-t-il soulevé

Le maire de Saint-Robert et préfet de la MRC de Pierre-De Saurel, Gilles Salvas, a confirmé que sa municipalité appuyait unanimement Saint-Roch. Le conseil de la MRC entérinera aussi un appui moral lors de sa séance du 10 juin. Pour les appuis financiers, il reviendra à chacune des municipalités de décider si elles désirent contribuer.

Le maire de Massueville, Denis Marion, a aussi demandé à Alain Chapdelaine plus d’informations sur le projet.

M. Chapdelaine est également en contact avec la municipalité de Grenville-sur-la-Rouge, afin d’avoir ses conseils sur la mise sur pied d’une campagne de sociofinancement.

Avec la collaboration de Sébastien Lacroix

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