11 mai 2021
Champag : le groupe citoyen interpelle le député Émond
Par: Jean-Philippe Morin

Le groupe s’opposant à l’implantation de l’usine Champag à Saint-Roch-de-Richelieu a commencé la distribution de cartes postales la semaine dernière. Photo gracieuseté

Le groupe citoyen qui s’oppose à l’implantation de l’usine Champag à Saint-Roch-de-Richelieu y va d’une nouvelle offensive afin de se faire entendre. Non seulement il a commencé, le 3 mai, la distribution de cartes postales afin d’informer les citoyens du projet, mais il interpelle aussi le député Jean-Bernard Émond pour qu’il agisse dans le dossier.

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« L’inaction du député dans ce dossier s’explique mal, car il est tout à fait conscient que cette usine causera des préjudices irréparables pour le développement durable et économique de notre région (principalement touristique avec des campings, marinas, golfs, motels, colonies de vacances, etc.). Serait-il lui aussi à la solde des industriels de notre région? », écrit le groupe dans un communiqué envoyé aux médias.

La campagne « Mobilisation cartes postales » vise, selon le groupe, à informer l’ensemble des citoyen(ne)s de Saint-Roch-de-Richelieu, Saint-Ours, secteur Tracy et Contrecœur des « conséquences néfastes » de l’implantation de cette usine à Saint-Roch-de-Richelieu.

Le groupe invite les citoyens qui reçoivent la carte postale à l’envoyer au député de Richelieu afin de faire connaître leur opposition au projet. « Il est grand temps que celui-ci se prononce et entreprenne des démarches auprès de son collègue du ministère de l’Environnement pour bloquer un tel projet », demande le groupe citoyen.

Le député réagit

Appelé à réagir à cette sortie, le député Jean-Bernard Émond a envoyé cette réponse par courriel : « Depuis le début de ce dossier, je suis très actif auprès du ministre de l’Environnement afin de suivre chacune des étapes du projet. J’ai bien entendu les préoccupations du regroupement de citoyens Stoppons l’Usine Champag à Saint-Roch-de-Richelieu, car il est important pour moi de tenir compte de l’acceptabilité sociale dans ce type de projet. Mon bureau est en contact avec le regroupement pour le tenir au courant de l’avancement du dossier. »

La CPTAQ interpellée

Les citoyens comptent aussi interpeller le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne et le président de la Commission de la protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ), Stéphane Labrie. Selon eux, les activités de l’usine de substrat à être implantée sont de nature industrielle, comme le premier jugement de la Cour Supérieure l’indique, et non agricole, comme les juges de la Cour d’appel l’ont mentionné.

« Le président Stéphane Labrie a indiqué dans un article datant de février 2021 que l’État québécois a demandé à la CPTAQ de prendre davantage en considération les particularités régionales. La CPTAQ veut aussi effectuer des démarches auprès des MRC et des municipalités pour qu’elles précisent davantage les particularités socioéconomiques de leur région. Nous allons certainement rappeler à M. Labrie que la MRC de Pierre-De Saurel s’oppose à ce projet d’usine à fumier de Champag à Saint-Roch-de-Richelieu », soulignent les citoyens.

De son côté, le directeur général de Champag, Agnesh Marsonia, dit avoir eu, dès le début des démarches, la confirmation de la CPTAQ que le projet était de nature agricole. « Je n’ai jamais compris pourquoi la Ville n’a jamais consulté la CPTAQ pour voir si c’était agricole ou non. Elle a gaspillé deux ou trois années pour avoir le même résultat que c’était toujours admissible », a-t-il dit au journal il y a quelques semaines.

Rappelons que les municipalités de Saint-Ours, Saint-Gérard-Majella, Sorel-Tracy et Saint-Robert ont déjà appuyé la municipalité de Saint-Roch-de-Richelieu dans ses démarches judiciaires contre Champag. Des démarches qui se sont arrêtées en octobre 2020, alors que la Cour suprême a fait savoir à la municipalité de Saint-Roch-de-Richelieu qu’elle n’entendrait pas son dossier. Une poursuite de 1,875 M$ de Champag contre la municipalité est toujours sur la table puisque l’entreprise considère que les délais provoqués par les démarches judiciaires ont nui à son implantation.

De leur côté, les citoyens demandent aux gens de suivre leur page Facebook « Stoppons l’usine de Champag à St Roch de Richelieu » puisque d’autres actions citoyennes devraient être annoncées sous peu. « S’il faut fermer des routes ou une autoroute pour le faire savoir, nous allons le faire! », conclut-on dans le communiqué.

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