25 juillet 2017
Champag démystifie son projet à Saint-Roch-de-Richelieu
Par: Sarah-Eve Charland
Agnesh Marsonia est le promoteur du projet à Saint-Roch-de-Richelieu. | Gracieuseté

Agnesh Marsonia est le promoteur du projet à Saint-Roch-de-Richelieu. | Gracieuseté

L’entreprise Champag a tenu à démystifier son projet d’usine à Saint-Roch-de-Richelieu puisqu’un groupe de citoyens milite présentement en sa défaveur.

Le projet, initié par l’entrepreneur Agnesh Marsonia, consiste à construire une usine afin de fabriquer du substrat. Cette matière, composée de paille et de fumier, est utilisée pour faire pousser des champignons à l’usine Champag, aussi gérée par M. Marsonia, à Verchères.

Ce dernier traite actuellement 15% du marché québécois des champignons de Paris. Il investira jusqu’à 80 M$ dans son usine à Verchères et près de 26 M$ dans son projet à Saint-Roch-de-Richelieu afin d’atteindre 50% du marché québécois.

La consultante relation avec la communauté pour Champag, Marie Rousseau, assure que le projet en est toujours à ses débuts. Il reste plusieurs étapes avant que l’usine voie le jour.

« Juste obtenir l’autorisation du ministère de l’Environnement, ça prend entre six et neuf mois. On est loin d’être rendu là. On parle d’années avant de compléter le projet », spécifie-t-elle.

L’entrepreneur s’est assuré de la conformité à la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ). Selon cette institution, les activités de Champag seront agricoles dans une zone agricole. Il n’aura donc pas besoin d’obtenir d’autorisation supplémentaire.

Des inquiétudes

Mme Rousseau ajoute qu’il était très important pour l’entrepreneur d’être transparent. Lors d’une rencontre en février, les élus municipaux ont manifesté des inquiétudes concernant les odeurs. En avril, c’était au tour d’un groupe de citoyens d’exprimer du mécontentement, en séance du conseil à Saint-Roch-de-Richelieu. Ces derniers craignaient entre autres une dévalorisation de leur résidence.

« M. Marsonia a décidé d’investir davantage dans une technologie qui permet d’effectuer les activités à l’intérieur. En plus, il compte se procurer un système de traitement d’air. L’air sera donc récupéré et traité avant d’être rejeté à l’extérieur. Ce seront des enjeux très contrôlables », croit Mme Rousseau.

En choisissant cette technologie, le ministère de l’Environnement exige que l’usine se retrouve à 500 mètres des résidences. L’entrepreneur a choisi de construire l’usine à 1,4 kilomètre des maisons, précise Mme Rousseau.

Les citoyens ont aussi manifesté des inquiétudes concernant l’augmentation du trafic de camions sur la Côte St-Jean. L’entrepreneur estime qu’entre 50 et 100 camions supplémentaires par semaine circuleront sur cette route. Une étude sera réalisée éventuellement sur le trafic.

« À ce stade-ci, on n’a pas toutes les réponses. On va devoir étudier la question en profondeur », mentionne-t-elle.

Depuis le début des démarches, l’entreprise a mis en place un comité de citoyens aviseurs afin de partager les informations. Trois rencontres ont eu lieu depuis février.

« On voulait s’assurer que les gens comprennent bien le projet. Ils ont accès aux experts et à l’information dès qu’elle est disponible. Ils peuvent aussi émettre des recommandations », conclut-elle.

Les 2 Rives a souhaité contacter des membres du comité de citoyens aviseurs, mais aucun n’a voulu commenter.

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