9 février 2021
« Cette épreuve-là, c’est la pire affaire qui me soit arrivée » – Claude Cousineau
Par: Katy Desrosiers

Claude Cousineau a eu l’aide d’une lunette nasale assez imposante pendant quelques jours afin de l’aider à faire monter son taux d’oxygène. Photo gracieuseté

Quelques jours avant sa sortie de l’hôpital, Claude Cousineau était en mesure de respirer sans assistance. Photo gracieuseté

Le Sorelois Claude Cousineau a commencé son année 2021 aux soins intensifs de l’hôpital Charles-Le Moyne. L’homme de 66 ans a été hospitalisé du 1er au 18 janvier après avoir contracté la COVID-19 pendant le temps des Fêtes.

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M. Cousineau partage un duplex avec sa fille Audrey et son conjoint. Il habite seul dans son logement alors que le jeune couple occupe le second logement.

Il aurait pu se joindre à eux pour un souper à Noël, mais il est resté chez lui. Les seules sorties qu’il effectuait étaient à la banque, à la pharmacie et à l’épicerie. Malgré ses précautions, il croit avoir contracté le virus lorsque sa fille est passée rapidement lui montrer sa bague de fiançailles alors qu’elle ne savait pas qu’elle était positive.

Travaillant à l’Hôtel-Dieu à Saint-Hyacinthe, elle avait passé trois tests la semaine avant Noël. Les deux premiers se sont avérés négatifs. Ce n’est que le lendemain de Noël qu’elle a reçu un résultat positif.

Peu avant le Jour de l’An, M. Cousineau, qui mouchait beaucoup, a développé des symptômes assez forts comme des maux de cœur et des maux de tête. C’est quand il a eu de la difficulté à marcher que tout a basculé.

« La veille du Jour de l’An, j’ai voulu aller me coucher vers 19 h 30 ou 20 h. Ils [sa fille et son conjoint] sont venus m’aider à monter et une fois en haut, il n’y avait rien à faire. Je n’étais même pas capable de me tourner. Je me suis couché sur le plancher. Ma fille dit que le temps que l’ambulance arrive, je suis tombé dans les pommes », raconte M. Cousineau.

Près de l’intubation

De l’hôpital Hôtel-Dieu de Sorel, l’homme a été rapidement transféré dans la zone COVID-19 à l’hôpital Charles-Le Moyne à Greenfield Park. Trois jours plus tard, il a été amené aux soins intensifs.

« Je me suis fait des scénarios dans ma tête pendant deux jours, avoue-t-il. Mais j’ai toujours été un gars assez fort mentalement. Je me disais « Il ne m’aura pas, je vais tougher, je vais m’en sortir » et c’est ce qui est arrivé. […] Mais ça n’a vraiment pas été un cadeau. Ils avaient appelé ma fille pour lui dire que si ça ne se replaçait pas, ils allaient m’intuber », se rappelle-t-il.

Audrey a alors eu peur de le perdre. Elle se sentait coupable de l’avoir contaminé sans le savoir.

Le sexagénaire a passé cinq jours aux soins intensifs puisque son taux d’oxygène dans le sang ne remontait pas sans l’aide d’équipements. Ce n’est que trois jours avant sa sortie qu’il a pu respirer sans assistance. Il aussi été sur une diète liquide pendant quatre jours.

« J’ai déjà été opéré pour un cancer de la peau, j’ai déjà fait une ICT (ischémie cérébrale transitoire, signe avant-coureur d’un AVC), mais cette épreuve-là de la COVID-19, c’est la pire affaire qui m’est arrivée », affirme le Sorelois.

M. Cousineau remercie les médecins, les infirmières et les préposés qui l’ont rassuré et aidé. « Ils sont fatigués, mais sur la job, ça ne paraît pas. Ils travaillent tellement fort », note-t-il.

Pendant son séjour il est resté en contact via Internet avec ses sœurs Ginette et Danielle ainsi que sa fille, qu’il remercie de l’avoir accompagné à distance.

Et maintenant?

Claude Cousineau a eu son congé le 18 janvier. Malgré une légère difficulté à respirer et une baisse d’énergie, il a recommencé à préparer ses repas et faire son lavage. « Ils m’ont donné une pompe. Quand j’ai un petit problème, j’en prends un coup. Je marche un peu dans la maison et j’essaie de marcher dehors. […] Il faut juste que ça soit plus tranquille, à mon rythme », relate-t-il.

Le résident de Sorel-Tracy a toujours été actif et impliqué dans la communauté. Bien qu’il ne garde aucune séquelle grave, il est conscient que tous n’ont pas eu sa chance. Il ne comprend pas que certains s’envolent encore pour des destinations soleil et que Justin Trudeau n’ait pas agi plus rapidement pour imposer une quarantaine dans un hôtel aux frais des voyageurs.

« Je trouve ça très déplorable ce qui se passe, lance-t-il. Ça chiale contre le couvre-feu, mais ça reste que les cas ont quand même diminué. […] Combien de personnes de 66 ans et plus sont mortes au Québec? », conclut-il, en demandant aux gens de demeurer vigilants en tout temps.

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