13 mai 2021
Caricature sur sa page Facebook : le membre des Hells Angels plaide coupable
Par: Jean-Philippe Morin

Serge Lebrasseur est un membre des Hells Angels du chapitre de Trois-Rivières. Photo tirée de Facebook

Serge Lebrasseur a publié cette caricature sur sa page Facebook alors qu’il était sous conditions de remise en liberté. Photo capture d’écran

Le membre des Hells Angels Serge Lebrasseur a plaidé coupable pour avoir brisé ses conditions de remise en liberté, le 13 mai, au palais de justice de Sorel-Tracy. En raison d’une caricature publiée sur sa page Facebook, il passera les cinq prochains mois derrière les barreaux.

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L’homme de 57 ans avait été condamné à une sentence de quatre mois de prison il y a quelques semaines, dans une affaire d’intimidation d’un gardien de sécurité du traversier de Sorel-Tracy, survenu le 14 juin 2019. À ce moment, M. Lebrasseur avait refusé d’obtempérer à une directive de ce gardien, était sorti de son véhicule avec sa veste des Hells Angels et s’en était pris verbalement à l’homme, qui a par la suite porté plainte. Après avoir reçu le verdict, il avait toutefois porté sa cause en appel.

En plaidant coupable au bris de conditions le 13 mai, Serge Lebrasseur a toutefois renoncé à ce processus d’appel en Cour supérieure, si bien qu’il purgera sa peine en entier grâce à une entente entre les avocats de la Couronne et de la Défense. Dans les faits, il a écopé d’une peine d’un mois de prison pour le bris, mais cette sentence est consécutive à celle de quatre mois.

« Je ne pensais pas avoir commis un acte illégal, mais après les explications de mon avocat, j’accepte de plaider coupable », a soutenu M. Lebrasseur, lors du dépôt de son plaidoyer.

Le membre des Hells du chapitre de Trois-Rivières faisait aussi face à une accusation d’intimidation, mais celle-ci a été retirée.

Une caricature explicite

Serge Lebrasseur a publié, le 11 mai sur sa page Facebook, une caricature démontrant un motard souriant aux cheveux longs qui étrangle un agent. Il a ajouté, sur cette photo : « j’ai retrouvé [celui qui m’a] barré sur le [traversier de Sorel-Tracy] ha ha ha ». Dans son statut Facebook, il a écrit : « Ça [va] [se] régler ha ha ha ».

Or, selon des conditions qu’il devait respecter en attendant la décision de la Cour Supérieure, l’homme ne devait pas faire référence « directement ou indirectement à la victime sur quelque média social que ce soit ».

« De manière très claire et indirecte, on peut comprendre que ça faisait référence à l’individu en question, d’où le bris de conditions », a indiqué la procureure de la Couronne, Me Geneviève Beaudin.

« Quand je regarde la caricature, on réalise que c’est exagéré, […] comme une parodie. Il a voulu ridiculiser une situation. […] C’est une plaisanterie de la part de mon client, la Couronne l’a compris et a accepté de retirer l’accusation d’intimidation », a souligné l’avocat de M. Lebrasseur, Me Rudi Daelman, en s’adressant au juge Denys Noël.

« Cette suggestion commune tient compte du plaidoyer de culpabilité rapide et du désistement de l’appel à la Cour Supérieure. Donc ça clôt de manière concrète l’ensemble des dossiers », a conclu Me Beaudin.

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