13 avril 2017
« Ça va être quelque chose de compliqué à appliquer » – Louis Plamondon
Par: Deux Rives

Le député de Bécancour-Nicolet-Saurel, Louis Plamondon, se dit en faveur de la légalisation de la marijuana. Il craint toutefois que le projet de loi engendrera beaucoup de conséquences administratives.

Le député bloquiste réagit ainsi au projet de loi fédéral, déposé par le gouvernement Trudeau jeudi après-midi, visant la légalisation et l’encadrement de la marijuana récréative.

« Ça va être quelque chose de compliqué à appliquer. Le gouvernement fédéral a l’intention de s’occuper de la production et les provinces vont s’occuper des conséquences, explique-t-il. Une douzaine de ministères au Québec seront touchés. »

En ce qui concerne la santé, il soulève notamment que davantage de patients pourraient se retrouver dans les hôpitaux pour se faire soigner après une trop grande consommation. La légalisation éliminerait le sentiment de culpabilité d’avoir commis un acte criminel, ce qui augmenterait les frais.

« Est-ce que le fédéral va compenser?, se questionne-t-il. Il faudra énormément de négociations. C’est difficilement applicable. »

Avec les maux de tête qu’occasionneront la légalisation et l’encadrement, M. Plamondon croit que les libéraux ont vu une opportunité politique lorsqu’ils ont adopté cette ligne électorale.

« C’était pour obtenir le vote de la clientèle du NPD, affirme-t-il. […] Pour se donner une ligne qu’eux seuls avaient. Par contre, il y a tellement d’autres promesses qu’ils n’ont pas réalisées qu’ils se voient dans l’obligation de réaliser celle-là. Elle est tellement visible. »

Louis Plamondon voit toutefois la source de revenus possibles à l’horizon pour l’État. Il souhaiterait qu’une somme considérable, à même ces revenus, soit investie en éducation de la prévention afin d’informer les jeunes sur la consommation.

Production régionale

Le député a aussi fait part de sa crainte concernant la production. Il ne voudrait pas que seulement quelques « millionnaires ontariens », comme il mentionne, se mettent de l’argent dans les poches.

« Il y a 24 producteurs de pot médical à l’heure actuelle en Ontario, et seulement qu’un au Québec, dit-il. […] Si ça doit être produit, il faudrait qu’il y ait une répartition régionale par rapport aux permis de production. »

De son côté, le député de Richelieu, Sylvain Rochon, a laissé savoir sur les réseaux sociaux qu’il n’était pas d’accord avec la formation d’un comité Québec-Ontario pour discuter des différents enjeux.

« Nous proposons une commission qui permette de tenir toutes ces discussions de façon sereine, écrit-il. Ce n’est pas un comité interministériel Québec-Ontario qui va répondre de façon transparente aux questions de la population. »

Il faisait entre autres mention à l’âge légal pour consommer du cannabis.

Quant au maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, s’est abstenu de commenter le dépôt du projet de loi.

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