18 mars 2016
Budget Leitão: des réactions locales mitigées
Par: Deux Rives
Le député Sylvain Rochon. | Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

Le député Sylvain Rochon. | Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

Voici les réactions du milieu sorelois envers le budget du ministre des Finances, Carlos Leitão, déposé le 17 mars.

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« Le gâteau à partager est bien petit » – Sylvain Rochon

« Voilà un budget que je considère avec un optimisme bien modéré. Le gâteau à partager est bien petit et je ferai tout ce qui est en mon possible mon possible pour aller en chercher une part pour Richelieu », réagit le député Sylvain Rochon.

Mais cet équilibre budgétaire libéral cache encore des mesures d’austérité, souligne-t-il.

« Les régions ne retrouvent pas leurs outils de développement. Il n’est même plus question de création d’emploi. Et le ministre pelte la politique économique dans la cour d’Hydro-Québec », énumère M. Rochon.

« Le fonds d’aide aux municipalités dévitalisées disparaît alors que notre milieu en a bénéficié, poursuit-il. Le gouvernement ne parle pas non plus de plan d’investissement en infrastructures, un autre besoin de notre comté. »

La hausse accordée à l’éducation ne comble pas les coupures imposées avant et le secteur de la santé reçoit moins que ses coûts de système, la plus petite hausse depuis 15 ans, déplore-t-il. « Le ministre ne fait que des réformes, pas d’amélioration de services. »

À ce chapitre, il tentera de récupérer des budgets additionnels pour le maintien et les soins à domicile qui sont en manque dans la région. Il dénonce aussi vertement la décision de refuser de financer le comité coordonnateur national du programme PAIR qui sécurise les aînés vivant seuls.

Il dénonce enfin que le fardeau fiscal des familles ne diminuera que de 60$ par année alors qu’il s’est accru de quelque 1500$ au cours des deux dernières années, en hausse de tarifs notamment. Mais il applaudit le programme de subvention RenoVert qui permettra aux contribuables de rénover leur maison – jusqu’à 10 000$ s’ils en investissent 52 000$. La hausse accordée à l’éducation ne comble pas les coupures imposées avant et le secteur de la santé reçoit moins que ses coûts de système, la plus petite hausse depuis 15 ans, déplore-t-il. « Le ministre ne fait que des réformes, pas d’amélioration de services. » (L.G.R)

Sorel-Tracy avantagée par les programmes gouvernementaux

Le budget libéral a annoncé des programmes dont pourrait tirer profit la Ville pour se développer, croit le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin.

Selon lui, le plan économique présenté comporte plusieurs points de développement qui concernent directement la municipalité.

« On est dans un excellent momentum. Les programmes annoncés feront certainement en sorte de diminuer nos coûts pour la mise en place de certains projets », pense-t-il.

Il énumère entre autres l’investissement de 2,5 M$ pour l’entretien et l’amélioration de la sécurité de la Route verte, les 160 M$ pour l’instauration d’une stratégie numérique, l’investissement de 100 M$ dans le développement d’infrastructures sportives et les 10 M$ déjà annoncés pour développer la stratégie maritime.

Un projet de Wi-Fi au centre-ville est actuellement en élaboration, souligne le maire. La municipalité désire également effectuer des travaux dans le bassin de la piscine Laurier-R.-Ménard. Le projet de tunnel sur la route 132 à Saint-Robert pour le prolongement de la piste cyclable, tout comme son entretien, pourraient aussi bénéficier des investissements provinciaux. (J.L.)

Un budget sans mauvaise nouvelle pour le monde scolaire

Ce budget ne comporte pas de mauvaises nouvelles pour le monde scolaire, se réjouit le président de la Commission scolaire Sorel-Tracy, Denis Rajotte. « Mais bien des choses sont encore nébuleuses », nuance-t-il.

Tant qu’il ne connaîtra pas les règles budgétaires d’allocation de l’argent, il peut difficilement commenter, dit-il.

Si le ministère cible ses programmes, la commission scolaire n’a alors qu’à les appliquer, sans avoir un mot à dire sur comment elle le fera. « On perd alors toute marge de manœuvre et on ne peut agir en tenant compte des besoins spécifiques de notre clientèle. »

Il attend donc avec impatience ces nouvelles règles budgétaires, satisfait des sommes promises pour la réussite scolaire et pour contrer le décrochage. « Cela a toujours été notre objectif, mais avec les compressions faites au fil des ans, on a dû interrompre l’aide aux devoirs dans les classes. Ce qui a eu ses impacts. Plus d’argent permettra peut-être de les atténuer. »

Quant à l’argent promis pour la restauration des infrastructures, il s’en satisfait.

« Nos écoles sont en assez bon état. Nous avons un important projet d’économie d’énergie qui coûterait 9 M$, mais nous permettra par la suite d’économiser. J’espère qu’on pourra le réaliser. »

Somme toute, conclut-il, « ce budget ne nous permet pas de nous péter les bretelles, mais au moins, il n’impose pas d’importantes coupures comme les autres années qui nous accotaient au pied du mur. » (L.G.R)

Des mesures qui appuient le développement des entreprises

Le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Sorel-Tracy, Jean-Christian Clément, pense que le gouvernement libéral a déposé un budget favorisant les entreprises de la région, même si c’est de façon limitée.

M. Clément pense que le gouvernement a bien pris en compte les recommandations faites par la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ).

Cette dernière avait notamment demandé de l’aide pour favoriser l’implantation des technologies numériques dans les entreprises. Le programme favorise aussi les petites et moyennes entreprises (PME), se réjouit-il.

« La Chambre travaille sur un projet en ce sens présentement. Il y a aussi des mesures pour aider les entreprises dans l’exportation et la recherche et le développement. On sent un souci d’aller chercher de l’argent neuf », réagit le président.

La diminution des désavantages fiscaux pour le transfert d’une entreprise familiale dans les secteurs primaires et manufacturiers est aussi une bonne chose pour la région, croit-il.

« Cela permettra de faciliter la relève entrepreneuriale. On a beaucoup d’entreprises familiales à Sorel-Tracy et elles sont dans les secteurs visés. Plusieurs des mesures permettront d’appuyer le développement régional », conclut-il. (J.L)

Une hausse de 2,4% qui laisse indifférent en santé

Le réseau de la santé connaîtra une faible hausse de 2,4% de son budget, ce qui n’impressionne nullement les intervenants de la région.

Pour le moment, il est difficile d’estimer les impacts pour le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) Montérégie-Est, et plus particulièrement pour le centre hospitalier de Sorel-Tracy.

« On a un budget global. On n’a pas les détails. Il nous manque beaucoup d’informations pour commenter le budget », affirme la porte-parole du CISSS, Magali Dupont.

Le représentant local de l’Association des médecins omnipraticiens du Richelieu-Saint-Laurent, Dr François Godbout, n’avait pas fondé des attentes envers le gouvernement du Québec.

« On ne s’attendait à rien. Pour investir, il faut avoir de l’argent. Peut-être que la situation économique du Québec ne permettait pas de réinvestir dans la santé. L’augmentation représente l’inflation. On va faire ce qu’on peut avec ce qu’on a. » (S.-E.C)

La diminution des tarifs pour un deuxième enfant est loin d’être suffisante, disent les CPE

L’annonce du gouvernement de réduire le tarif de garde à l’égard du deuxième enfant est loin de satisfaire la directrice du Centre de la petite enfance (CPE) La Marelle, Isabelle Guay, même si elle y voit un bon pas en avant.

Après avoir subi des compressions et une modulation des tarifs en fonction du revenu des parents, les Centres de la petite enfance (CPE) auraient espéré beaucoup plus, a réagi Mme Guay.

Si elle est contente de l’annonce d’un rabais de 50% sur la cotisation additionnelle du deuxième enfant, Mme Guay pense que c’est loin d’être suffisant pour les familles.

« Pour un ménage dont le revenu familial est de 100 000$, le tarif du deuxième enfant passera de 11,41$ à 9,36$ par jour. C’est quand même environ 3000$ supplémentaires qui sont imposés aux parents. Déjà que les familles sont endettées, on augmente leur fardeau. C’est une grosse facture pour elles. »

La mobilisation a toutefois eu un impact positif sur la décision du gouvernement de réduire les frais, croit-elle, tout comme l’arrivée d’un nouveau ministre.

« On a eu un rôle à jouer dans ce recul. C’est bizarre qu’ils [les libéraux] aient décidé de faire ça comme en catastrophe. On a senti une ouverture, mais on va continuer de se mobiliser », souligne la directrice. (J.L)

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