9 mars 2021
Bonne décision
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Le maire Serge Péloquin et des conseillers ont pris, le lundi 1er mars, une décision éclairée en permettant des prestations extérieures d’artistes à l’Hôtel de la Rive de 17 h à 19 h, la fin de semaine seulement. Ils ont dû, pour ce, recourir à leur pouvoir discrétionnaire.

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Activer le son

Car le règlement municipal est clair : « constitue une nuisance le fait de faire ou permettre de faire du bruit de manière à troubler la paix, la tranquillité et le bien-être d’autrui ». Ce qu’un voisin de l’hôtel a évoqué en formulant des plaintes à la Ville de Sorel-Tracy.

Le règlement décrète non toléré un bruit « dont l’intensité est équivalente à 50 décibels (dB) ou plus, entre 20 h et 8 h, et à 65 décibels ou plus, entre 8 h et 20 h». Rappelons qu’une conversation normale entre deux personnes émettrait 60 dB et qu’un spectacle amplifié atteindrait 90 dB, selon le ministère de la Santé et Services sociaux québécois.

À la suite de la plainte, l’aubergiste avait choisi de cesser cette activité implantée depuis décembre dernier, les fins de semaine. Une initiative qui lui permettait d’offrir à des clients un attrayant forfait chambre, repas et spectacle (accessible depuis leur balcon seulement). Une façon créative pour lui de rappeler au travail 42 employés qui en étaient privés, pandémie oblige, tout en offrant à des clients de la région une fin de semaine de détente à l’hôtel, en tout respect des règles de confinement.

Vivement le conseiller Stéphane Béland et le maire Péloquin ont réagi à la décision de l’aubergiste de renoncer à cette activité. Ils ont voulu corriger la situation. Leur pouvoir discrétionnaire le leur permettait. Et ils l’ont fait pour la bonne raison.

Oui, le citoyen pouvait se plaindre d’être privé de son droit à la paix. Visiblement, même en période de pandémie, alors que l’industrie hôtelière est poussée au pied du mur financier, concéder deux heures d’activités extérieures, entre 17 h et 19 h était un geste de tolérance et de solidarité qu’il n’était pas prêt à consentir. C’était son droit.

À la Ville, des élus ont dû trancher entre le droit du citoyen lésé et celui de l’entrepreneur en lutte pour survivre. Ils ont choisi de soulager l’aubergiste et de favoriser le droit de 42 employés à travailler et de plusieurs clients à alléger leur confinement. Ils ont tranché en faveur de la collectivité plutôt que de la personne. Un choix certes difficile, mais cohérent pour eux qui prônent si fortement l’achat local ces temps-ci.

Consensus oblige

Les maires, en conseil de MRC, ont élu sept membres du premier conseil d’administration de Développement économique Pierre-De Saurel.

Ils les ont choisis parmi les 12 candidats retenus sur 32 par l’Union des municipalités du Québec.

Voilà un conseil renouvelé, intéressant, plus jeune, aux expériences entrepreneuriales diversifiées. Seule ombre au tableau : parmi les sept administrateurs, on ne compte qu’une femme.

Ce choix fait par la majorité des élus a sûrement déçu des candidats non retenus. Mais aussi certains maires qui auraient préféré d’autres candidats. Et c’est normal. Quand une génération passe le flambeau à une autre, elle perd souvent la confiance établie de longue date avec la sienne. Tout est à rebâtir.

Mais c’était une étape nécessaire à franchir pour assurer la relance de la région. Car jusqu’ici, l’approche n’avait pas donné les effets escomptés. Aussi tous les maires doivent-ils emboiter le pas à cette nouvelle équipe. C’est l’ouverture à laquelle un consensus accepté les engage. Car dans un consensus, on n’obtient pas tout ce que l’on voulait, mais on accepte sa conclusion. Reste à mettre de l’eau dans son vin et donner la chance aux coureurs. Une condition sine qua non de succès.

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