14 avril 2021
Fermeture des salles d’entraînement seulement deux semaines après leur réouverture
Beaucoup de déception chez des propriétaires de gyms de la région
Par: Alexandre Brouillard

Le 8 avril dernier, les gymnases situés en zone rouge ont fermé leurs portes jusqu’à nouvel ordre. Photo NathB photographe

À peine deux semaines après la reprise des activités, des propriétaires de salle d’entraînement de la région se disent déçus de devoir fermer leurs portes pour une énième fois depuis le début de la pandémie de la COVID-19.

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Joey Letendre, copropriétaire d’Athletik Gym, encaisse avec déception la décision du gouvernement du Québec qui a resserré la vis en zone rouge en fermant à nouveau les gymnases le 8 avril.

« Ce n’est pas une nouvelle qu’on espérait, mais avec les variantes du virus et la hausse des cas positifs, nous devions nous y attendre. Je suis surtout déçu pour ma clientèle. Plusieurs membres étaient heureux de reprendre une routine saine au gymnase. Je suis fatigué que le gouvernement joue au yo-yo avec les entreprises », lance d’emblée M. Letendre.

« Ce n’est pas seulement décevant, c’est aussi frustrant! Je ne m’attendais pas à devoir fermer à nouveau avec le peu de cas de COVID-19 que nous avons dans la région. J’aurais préféré qu’on resserre les règles dans les gymnases, comme limiter le nombre de clients ou y aller avec des prises de rendez-vous », croit Martin Rousseau, propriétaire du Body Gym.

Après avoir rappelé tous les employés et préparé la salle d’entraînement, Karine Lagotte, responsable du centre sportif Kino-Gym-Atout du Cégep de Sorel-Tracy, est également déçue de devoir fermer le gymnase seulement deux semaines après la reprise des activités. « Je suis désappointée par la décision du gouvernement, mais je sentais venir la nouvelle avec la hausse des cas de COVID-19. C’est encore plus dommage pour nos membres et nos employés qui étaient contents de renouer avec le gymnase », mentionne-t-elle.

« Évidemment que je suis déçu. Toutefois, même si nous fermons à nouveau, je n’ai pas l’impression que les gymnases sont les boucs émissaires. Pensez aux restaurateurs! Toutes les entreprises sont dans le même bateau, mais c’était peut-être plus facile de fermer les gymnases », ajoute Daniel Laviolette, propriétaire du Multiforme.

Diversifier l’offre

Malgré l’obligation de fermer temporairement son gymnase, Joey Letendre ne baisse pas les bras. « Nous allons demander l’autorisation au conseil municipal de la Ville de Sorel-Tracy d’organiser des entraînements extérieurs supervisés dans des parcs pour des petits groupes selon le respect des mesures sanitaires en vigueur », explique-t-il.

« Nous devons continuer à innover, comme les restaurateurs avec le service « take-out ». Les deux dernières semaines ont été agréables pour les adeptes d’activité physique et je veux continuer d’offrir des services d’entraînement malgré la situation actuelle. Lorsque nous le pourrons, nous serons prêts pour la réouverture », admet-il.

La succursale soreloise d’Énergie Cardio diversifie aussi son offre de services en accompagnant les membres du gymnase dans leurs entraînements par l’entremise de la plateforme web « Énergie Cardio Virtuel ».

Un mauvais exemple

Alors que l’éclosion de coronavirus au Méga Fitness Gym, à Québec, est à l’origine de plus de 419 cas primaires ou secondaires de COVID-19, Mme Lagotte ne veut pas désigner ce gymnase comme étant le responsable de la fermeture de toutes les salles d’entraînement au Québec. « C’est la responsabilité du propriétaire et de tous les clients de respecter les mesures sanitaires. C’est dommage parce que cette situation donne une mauvaise image des gymnases », soutient-elle.

Le propriétaire du Body Gym croit plutôt que tous les gymnases du Québec paient pour les erreurs du Méga Fitness Gym. « J’ai l’impression que tout le monde paie pour une personne. S’il y avait une éclosion au Costco de Boucherville, il ne fermerait pas tous les magasins du Québec », lance-t-il, vraisemblablement troublé par la décision du gouvernement du Québec.

« C’est certain que l’éclosion au gym de Québec n’a pas aidé, mais ce n’est pas spécialement de sa faute. C’est juste de la mauvaise publicité pour les gymnases », conclut M. Laviolette.

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