16 octobre 2018
Bâtir l’avenir PME par PME
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit un éditorial hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Depuis plusieurs années déjà, les PME sont les plus grandes créatrices d’emplois québécois. La MRC de Pierre-De Saurel n’échappe pas à cette réalité.

Vrai, l’apport d’une PME peut sembler modeste par rapport aux milliers d’emplois créés chez Rio Tinto Fer et Titane ou ArcelorMittal. Reposant sur les épaules d’un seul homme, d’une famille ou de quelques associés, elles fournissent cependant bon an, mal an, discrètement, plusieurs milliers d’emplois aux Sorelois.

Voilà toute une force économique! Un tissu essentiel tissé à la créativité de ces entrepreneurs souvent audacieux. Et si dix PME créent 10 emplois chacune chaque année, c’est 100 emplois de plus pour la région! Il y avait ici 1 402 travailleurs autonomes en 2016. Si chacun crée un emploi, cela donne 2 800 emplois. Rien de moins!

Trop longtemps, la région a compté sur des multinationales étrangères pour assurer son confort. Mais quand ces dernières ont déménagé leurs pénates ou succombé aux difficultés économiques, elle a perdu son état de grâce. Elle comptait bien quelques entrepreneurs locaux – souvent fournisseurs des grandes entreprises. Ils n’étaient pas légion. Mais certains ont su donner naissance à des fleurons – comme Fabspec, Aciers Richelieu, CNC Tracy ou la Laiterie Chalifoux.

Mais contrairement aux Beaucerons, les Sorelois n’avaient pas cultivé cet esprit entrepreneurial propice à assurer un développement régional.

Des organismes comme le CLD et la SADC ont travaillé à leur inculquer. Mais cela n’a pas suffi. Il fallait, au même moment, attirer des entrepreneurs d’autres régions. Sorel-Tracy s’est dotée d’espaces industriels adéquats, de politiques d’aide à l’implantation pour leur donner le goût de s’installer ici.

Mais il fallait aussi travailler à changer l’image de la région – une image de relations de travail tendues et de haut salariat que les PME ne pouvaient « accoter », insistaient alors plusieurs intervenants.

Les efforts n’ont pas toujours rapporté les fruits escomptés. Mais on n’a pas lâché! On s’est cherché une nouvelle vocation – de l’acier à l’écologie, au tourisme et au développement durable.

Toutefois, on n’a pas recruté ou créé d’entreprises de transformation qui auraient ajouté de la valeur aux matières produites ici – acier, agriculture, élevage, etc.

Et on est aussi entré de plain-pied dans le domaine des services. Modernité oblige.

Le développement régional n’est pas qu’affaire de volonté. Il est intimement lié à une qualité de vie attrayante pour les investisseurs et leurs employés – des écoles de qualité, de la formation sur place, des services adéquats, des loisirs bien organisés, plusieurs activités culturelles et sportives accessibles.

Oui, le tout est amorcé. Reste aux élus à voir à cela et à emboiter le pas aux entrepreneurs actuels et futurs.

Car l’indice de vitalité économique régional le commande. Pour le moment, il n’est pas brillant. Calculé par l’Institut de la statistique du Québec à partir des variations du nombre d’habitants, de travailleurs actifs de 18 à 65 ans et de leur revenu médian, il relègue Sorel-Tracy au 618e rang sur 1 000 municipalités québécoises et la MRC de Pierre-De Saurel au 75e rang sur 87. Ce qui laisse beaucoup de place à l’amélioration!

Voilà un objectif clair. Les organismes aidants disposent-ils de personnels et de fonds nécessaires pour l’atteindre? Comment le député Jean-Bernard Émond contribuera-t-il à ces efforts? Il s’est malheureusement abstenu de le dire jusqu’à maintenant à la presse régionale.

Enfin, il urge de passer à l’action d’autant qu’en situation de pénurie de main-d’œuvre – comme c’est le cas présentement – moins de gens pensent à créer leur propre emploi pour se réaliser! Pourtant, l’avenir de la région dépend aussi de la présence de PME agissantes!

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