27 novembre 2015
Augmentation des défibrillateurs dans les lieux publics de la région
Par: Julie Lambert
Le nombre de défibrillateurs cardiaques est en hausse partout dans la région. | Photo: TC Média - Julie Lambert

Le nombre de défibrillateurs cardiaques est en hausse partout dans la région. | Photo: TC Média - Julie Lambert

Alors qu’ils étaient peu courants il y a à peine cinq ans, les défibrillateurs cardiaques se sont proliférés rapidement dans les lieux publics de la région au cours des dernières années.

Consultez notre carte interactive: Où trouve-t-on des débrillateurs dans la région?

Un aréna sur cinq dans la région possédait un défibrillateur en 2012. L’aréna de Saint-David a été le premier en 2010 à se doter de cet appareil en raison des nombreuses ligues de garage avec des personnes âgées.

À cette époque, seulement quelques lieux sportifs étaient dotés d’un tel engin dont le coût peut s’élever entre 2500$ et 4000$. Après un tour d’horizon, le Journal a dénombré une quinzaine de défibrillateurs externes automatisés (DEA) sur l’ensemble du territoire comprenant la MRC de Pierre-De Saurel et la municipalité de Contrecœur. Pour connaitre les endroits, cliquez ici.

Leur implantation a été facilitée par la Fondation des maladies du cœur qui a mis en place un programme pour en offrir aux arénas et aux organismes en 2011 à la demande du gouvernement fédéral après que de malheureux incidents soient survenus.

Selon la porte-parole de l’organisme, Monia Boutin, les manières de faire en termes d’intervention ont évolué au cours des dernières années. L’importance de se doter d’un tel appareil a fait son chemin, même auprès des petites municipalités.

« Nous avons eu une très bonne réponse sur l’ensemble des défibrillateurs offerts dans la province. 15% ont été octroyés en Montérégie. Ce ne sont pas seulement les villes très densément peuplées comme Sorel-Tracy, mais d’autres, plus petites, qui en ont installés dans leur centre communautaire. Toute la population, que les personnes aient 25 ans ou 55 ans, peuvent un jour en avoir besoin », mentionne-t-elle.

Étant le principal organisme qui met en place les lignes directrices en ce qui concerne la réanimation cardiaque au Canada, la fondation est en réflexion pour rendre plus accessibles les informations concernant l’emplacement de ces équipements permettant de sauver des vies.

« On analyse s’il serait pertinent de mettre en place un registre comme en Ontario et aussi s’il serait intéressant de rendre obligatoire la mise à jour des cours de Réanimation cardio-respiratoires (RCR) comme aux États-Unis lors du renouvellement du permis. Il y a une grosse réflexion à savoir qui s’en occuperait et sur la manière de procéder. »

Des premiers gestes importants

Le porte-parole des Ambulances Richelieu, Marco Viel, se réjouit de l’augmentation du nombre grandissant de défibrillateurs cardiaques qui peuvent être d’une grande aide dans les premiers soins donnés aux patients. La présence d’un défibrillateur sert surtout aux premiers répondants plus qu’aux paramédics, nuance-t-il.

« Les opérateurs du 911 sont ceux qui demandent aux personnes ayant appelé s’il y a un défibrillateur sur place pour les aider, le temps que le personnel ambulancier arrive. Les ambulanciers évaluent la situation en fonction de ce qui a été fait avant leur arrivée. Le défibrillateur a la même fonction que le massage cardiaque », explique-t-il.

Selon le paramédic sorelois Pier-Yves Provençal-Charron, les manœuvres de réanimation effectuées sur les personnes subissant un malaise cardiaque sont déterminantes et font réellement une différence au cours des premières minutes.

« Le massage cardiaque permet d’oxygéner tous les organes. Si les manœuvres de réanimation sont débutées rapidement, les organes sont maintenus en vie. Par la suite, nous pouvons procéder à la défibrillation pour redémarrer le cœur », souligne-t-il.

Un coût jugé minime par les municipalités pour sauver des vies

L’acquisition de défibrillateurs cardiaques par les municipalités et les différents organismes de la région a pris de l’ampleur dans les dernières années. Plusieurs ont jugé pertinent de s’en doter dans l’éventualité de pouvoir sauver une vie.

Si aucun établissement de la Commission scolaire de Sorel-Tracy n’en possède, le Cégep de Sorel-Tracy en compte deux entre ses murs et un autre à son campus de Varennes depuis 2007.

Même si son utilisation est peu fréquente et que le coût d’un appareil est assez dispendieux, la direction jugeait pertinent d’en posséder, souligne le directeur des ressources matérielles de l’établissement, Serge Dauphinais.

« Nous nous étions donné cette priorité en matière de santé et sécurité surtout en raison de notre centre sportif. C’est certain que ce n’était pas donné à l’époque pour un équipement qui reste en majorité du temps sur une tablette et qu’il fallait former le personnel à son utilisation, mais il nous a permis de sauver une vie il y a quelques années », se réjouit-il.

Quelques municipalités de la région en possèdent seulement un pour leur Service de sécurité incendie tandis que d’autres comme Sorel-Tracy, Saint-Joseph-de-Sorel et Sainte-Victoire-de-Sorel en ont installé dans leurs lieux publics.

Encore plusieurs municipalités n’en ont pas, mais elles en acquerront au cours des prochains mois, dont Saint-Roch-de-Richelieu et Saint-Ours.

« Nous sommes en processus d’acquisition. Nous avons une formation cette semaine. Nous envisageons d’en installer au Service de sécurité incendie, à l’hôtel de ville et même au chalet des loisirs. Son utilisation est devenue bien plus simple avec le temps grâce aux commandes vocales et c’était notre désir depuis longtemps », mentionne le directeur général de Saint-Roch, Raynald Castonguay.

Les endroits où l’on pratique du sport comme les arénas et les clubs de golf sont majoritairement tous dotés d’un appareil depuis quelques années. Au centre sportif de Saint-Robert où un incident est survenu il y a deux ans, un des propriétaires, Serge Desjardins, trouvait important d’en mettre un disponible pour sa clientèle.

« Nous avons eu la chance de nous le faire offrir par le concessionnaire Proulx Chevrolet Buick GMC il y a quelques années. Beaucoup de gens fréquentent le centre et on ne sait jamais ce qui peut arriver », conclut-il.

Événements marquants dans la région en lien avec un défibrillateur

Octobre 2011 : un professeur sauvé par ses étudiants

Un professeur a été victime d’un malaise cardiaque lors d’un cours au Cégep de Sorel-Tracy. Il s’est effondré au sol, mais un des étudiants de la classe avait déjà suivi un cours de premiers soins. Il a réalisé des manœuvres de réanimation pendant que ses collègues appellent les secours. Le coordonnateur du Cégep est arrivé par la suite avec le défibrillateur cardiaque, ce qui lui a sauvé la vie.

Mars 2012 : Une ligue de garage de Contrecœur permet l’acquisition d’un défibrillateur à Contrecœur

Le joueur de hockey Rémi Deshaies, âgé de 73 ans, demande qu’un défibrillateur soit installé au centre sportif de Contrecœur. La Fondation des maladies du cœur et de l’AVC acquiesce à sa demande deux mois plus tard

19 octobre 2013 : un mort à l’aréna de Saint-Robert

Un homme de 53 ans est décédé d’un infarctus du myocarde à la suite d’une partie de hockey amicale au centre sportif de Saint-Robert. Selon le rapport du coroner, il appert qu’il n’y avait pas de défibrillateur cardiaque au centre sportif. Il demande à ce qu’un défibrillateur soit disponible au centre sportif et que le personnel soit formé en conséquence.

11 juin 2015: un homme sauvé sur un terrain de golf

Le golfeur Jacques Péloquin se trouvait au premier trou du Club de golf Continental lorsqu’il a été victime d’une crise cardiaque. Le résident de Sainte-Victoire-de-Sorel est aussitôt secouru par son collègue de jeu Daniel Fredette qui lui a fait le bouche-à-bouche et un massage cardiaque ainsi que des témoins de l’incident, Yvon Champagne et Pascal Collin, qui se sont portés à son secours avec un défibrillateur cardiaque. L’appareil médical avait été acquis grâce à une levée de fonds d’un ancien étudiant et joueur de golf de la région, Olivier Daneau.

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