11 septembre 2015
Après le Guillaume Lambert comédien et scénariste, voilà l’écrivain
Par: Louise Grégoire-Racicot
Nouvellement  inscrit au catalogue des auteurs que la maison d'édition Léméac publie ,  le Sorelois Guillaume Lambert (à gauche) a pu fraterniser avec un grand de la littérature québécoise qui sort un nouveau roman cet automne, le romancier et dramaturge Michel Tremblay. | TC Média -Alexandre Ducasse

Nouvellement inscrit au catalogue des auteurs que la maison d'édition Léméac publie , le Sorelois Guillaume Lambert (à gauche) a pu fraterniser avec un grand de la littérature québécoise qui sort un nouveau roman cet automne, le romancier et dramaturge Michel Tremblay. | TC Média -Alexandre Ducasse

Guillaume Lambert a connu le stress des premières cinématographiques ou théâtrales comme comédien et scénariste. Voilà qu’il en vit une autre avec le lancement, le 10 septembre chez Léméac, de son premier roman, « Satyriasis (mes années romantiques) ».

C’est au cinéma Beaubien qu’il l’a fait, alors qu’était projeté Aurore2, « une projection publique de la dernière version de montage. Bien que le film, débuté en 2012 soit avancé, il est toujours en postproduction. Le film a été produit de façon 100% indépendante », explique-t-il. Un film qu’il a co-scénarisé avec le réalisateur Vincent Olivier et dans lequel il joue.

« Le film et le roman ont été faits sensiblement au même moment (2012-2013), et, en quelque sorte, se répondent dans leurs thèmes respectifs : le vrai et le faux, le bourreau et la victime, l’illusion et la désillusion… », poursuit-il.

C’est en 2013 qu’il a écrit ce roman, l’histoire d’une passion homosexuelle avortée, intime et douloureuse, résume-t-il.

« J’ai estimé que ce n’était pas un matériau à film, mais mieux adapté à la littérature. Je pouvais aller plus loin dans la fiction, jusqu’à brouiller la réalité, sans avoir à penser décor et acteurs. »

Puis il l’a mis dans ses tiroirs. « Mais il m’obsédait », dit-il. Aussi a-t-il demandé à quelqu’un de le lire. Cette personne lui a conseillé de frapper chez un éditeur qui pourrait le publier. Léméac l’a rappelé.

« Rarement la sexualité gaie aura été décrite avec autant d’abandon et d’impudeur. Et rarement une certaine jeunesse, à l’ère de l’amour jetable, aura été évoquée aussi crûment. À la fois tendre et fielleuse, idéaliste et désabusée, cette œuvre deviendra peut-être emblématique de son époque », publie la maison d’édition sur la quatrième couverture du livre qui fait une centaine de pages.

Pure fiction

Le livre, insiste-t-il, est un roman. Un exercice de style. Il raconte une anecdote intime et douloureuse, une passion homosexuelle avortée. « On ne choisit pas ce qu’on écrit. J’ai suivi mon narrateur, et ce, sans filtre. »

Ce faisant, il s’est surpris lui-même. C’est un exercice de mise à nu où il a voulu être sérieux, dire et bien le faire. « Je ne me rappelle pas avoir eu la volonté d’écrire. Je croyais que je manquais d’outils. Car l’écriture appelle à dire autrement. À réunir les parts d’ombre et de lumière. Voilà le paradoxe », commente-t-il.

Il a voulu faire l’effort d’être honnête avec lui-même. Non, ce livre n’est pas une thérapie mais un exercice littéraire. « Il n’est pas du tout un journal intime mais une histoire pleine d’émotions. Je n’ai pas eu le choix. Le texte s’est écrit de lui-même. Je fus le premier surpris de la façon dont cela s’est fait. »

Il a écrit, dit-il, comme s’il pratiquait un hobby. Sans volonté de publier. Oui, il est versatile dans ses modes d’expression, dit-il. « Je n’ai pas le choix, c’est moi, mais aussi le résultat de plusieurs années de travail. »

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