3 mars 2020
Apprendre « sur le tas » en prenant la relève de sa mère malade
Par: Jean-Philippe Morin

Véronique Bouchard a pris la relève de sa mère au Centre orthopédique et de stomie de Sorel. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Véronique Bouchard est la propriétaire du Centre orthopédique et de stomie de Sorel depuis deux ans. Celle qui n’était pas destinée à prendre la relève de sa mère Denise Trottier si rapidement s’est bien adaptée à son nouveau rôle et apprécie tenir les rênes de son entreprise.

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Âgée de 38 ans, Véronique Bouchard n’a connu que le Centre comme lieu de travail. Elle a commencé à y travailler pour sa mère en 1998, soit deux ans après que l’entreprise ait démarré.

« J’avais 18 ans au début. Je suis allée au cégep, mais après une session, j’ai réalisé que le programme dans lequel j’étais n’était pas fait pour moi. J’ai alors commencé à travailler pour ma mère et c’est là que ma passion a commencé », souligne-t-elle.

Relève forcée

Avant de démarrer l’entreprise en 1996, Denise Trottier a été infirmière auxiliaire à l’Hôtel-Dieu de Sorel pendant 25 ans. Le gouvernement a décidé, à l’époque, d’offrir des récompenses aux infirmières pour les retourner à la maison puisqu’elles étaient trop nombreuses dans le système de santé. Avec ce montant, elle a ouvert le Centre orthopédique et de stomie de Sorel.

En 2018, Véronique Bouchard a acheté le commerce de sa mère. Cette retraite forcée n’était pas désirée pour autant.

« Ma mère est tombée gravement malade. Elle continuait de gérer le magasin même quand elle se faisait soigner. Elle était sur son lit d’hôpital et elle me disait : « amène-moi des cartes d’affaires« . Elle barrait son nom, puis mettait le mien. Elle me disait que si je ne voulais pas l’acheter, quelqu’un d’autre allait vouloir, mais j’étais la première à qui elle l’offrait. Je n’étais pas vraiment destinée à ça, mais j’ai accepté. J’ai dû apprendre à gérer sur le tas », raconte l’entrepreneuse.

D’ailleurs, elle se dit fière des progrès de l’entreprise depuis qu’elle a pris les commandes il y a deux ans. « Ça marche encore plus que ça marchait!, ricane-t-elle. On a de bons chiffres d’affaires, nos ventes vont bien et on agrandit nos services. »

Être une femme ne lui a pas nui, au contraire. « On est toutes des femmes ici et il y a des dames qui ne verraient pas un homme prendre leur mesure dans une salle d’essayage. Je dirais que dans mon domaine, ça m’a plutôt aidé d’être une femme! », avance-t-elle.

Situé sur le boulevard Fiset depuis une douzaine d’années, le Centre offre entre autres des bas support et vêtements compressifs sur mesure, du matériel stomisé, orthèses, fauteuils roulants, déambulateurs, marchettes, oreillers cervicaux, matériel d’incontinence, quadriporteurs, services d’aide à la mobilité, etc.

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